SCENE X
Les Précédens, PHILIPPE.
Philippe , mystérieuspmer.t.
Monsieur,., monsieur, de mauvaises nouvelles !
DERVILLE
Eh parbleu ! ne te gène pas, dis-les tout haut ; au point où. nous en sommes, ça ne peut pas nous brouiller.
PHILIPPE
Eh bien! je viens de rencontrer madame Basiien, autrefois mademoiselle Louise , la petite fermière , qui arriv it pour la noce de Thibaut,, où elle était invitée ; je l'ai fait jaser, et j'ai appris par elle que madame savait à quoi s en tenir sur votre aventure héroïque,puisque c'était elle qui en était l'auteur. -
Que dis tu ?...
ïeknt, voulant faire taire Philippe.
Philippe, je vous défends...
DERVILLE
Et moi, je t'ordonne de parler. ■
PHILIPPE
C'est madame qui a doté Louise , à condition qu'elle raconterait, devantmadame la baronne, l'histoire que celleci vous a récitée.
DERVILLE
Comment , il serait vrai ! ( à Jenny ) Ah ! je suis trop heureux !
Air de Teniers.
Oui , je le vois ici , malgré vous-même , Je suis aimé.
JENNY
Non ; je vous hais toujours.
DKBVII.LR.
Et moi, je crois , dans mon bonheur extrême , Yos actions, plutôt que vos discours î
Oui, cet amour que je réclame Qui me reud heureux à jamais!
Vous avez dû le cacher dans votre âme, Vous qui cachez tous vos bienfaits.
JENJVY.
Eli bien!... vous avez tort; et depuis cette dernière aventure... depuis que M. de Valbrun...
PHILIPPE
Oh.! rassurez-vous , madame ; il n'y a pas le moindre danger... le médecin la dit lui même... cette blessure ne sera rien.
JENJVY.
Quoi!... quelle blessure ?... Qu'y a-t-il donc ?
DERVILLE
Et qui est-ce qui t'a prié de parler ? £î1
JEWNY. £J
. Je le devine... Vous l'avez défié ?..* Vit-on jamais pa~^ t*l reille extravagance ! pour une plaisanterie... pour un ba«J| Ctf dinage... aller exposer ses jours.
DERVILLE
Air de Céline,
Pour un baiser de ce qu'on aime , On peut gaîmcnt risquer le coup fatal ;
"Vaincu. .. me disais-je en moi-même, Je ne vois pas le bonheur d'un rival :
Mais vainqueur. . . jugez quelle chance ! J'avais espoir que , sans bruit , sans éclat ,
Vous daignerez , pour récompense , Me donner le prix du combat.
( A Philippe ) Mais , du reste , tout est arrange n'est-ce pas ?
Oui , monsieur... Le major voulait d'abord envoyer cz billet à Mmc de Vervellcs, votre tante.
jenwy.
Ali mon Dieu !
PHILIPPE
Mais , après le combat^ il m'a dh> lui-même, de courir après Lapierre, son palefrenier, qu'il eu avait chargé.
DERVILLE
Eh bien ! où Vas-tu laissé ?
PHILIPPE
Oh ! monsieur, j'étais certain de rencontrer Lapierreau cabaret du coin , où il s'arrête toujours quand il est en course... et en effet, c'est en entrant la première personne que j'aperçois.
DERV1LLE.
Quel bonheur !
JENNY
Oui... donne-nous vite ce maudit billet , que nous le déchirions et qu'il n'en soit plus question.
PHILIPPE
Impossible... Lapierre ne l'avait plus... et il ne peut pas dire comment il Ta perdu... il paraît seulement , a ce que j'ai pu comprendre... car , il est dans un état... que deux ou trois bons vivans lui ont payé un excellent déjeûner... et que l'un d' eux , peut-être...
JENNY
Allons, encore une autre course.
*\\ PHILIPPE
• En effet.. .A^oilà un papier qui aura fait diablement de chemirr* sur |fc place.
JENNY
Eh mon Dieu !... pourvu que ma tante n'en ait pas connaissance... c'est tout ce qu'il faut... c'est elle.... la ; voici.