‹ Le bal d'ouvriers, comédie-vaudeville en un acteChapitre 11 sur 26 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

AUGUSTE ; Mme DE REVÉL.

auguste, à part.

Allons , les voilà partis... Ils ont tous leurs particulières ; comme dit Bassinet, c'est un vrai monopole. {Apercevant madame de Revel. ) Êh! mais je me trompais, ils m'en ont laissé une-

Mme de revel, à part.

Je parie qu'en voilà lu qui va m'inviter; j'ai bien envie de m'en amuser un instant.

AUGUSTE , à part»

Voyons, abordons-là avec une galanterie relative... ( Haut. ) Dites donc , mam'zelle. • .

Mmo de revel , à part l'imitant.

Dites donc , mam'zelle? Dieu , qu'il est gentil !

auguste.

Est-ce que vous ne dansez pas un petit peu?

Mme DE REVEL.

. Ah ! dam'!. . . ça ne serait pas de refus.

AUGUSTE

Si vous voulez un danseur , vous n'avez qu'à l'dire , me v'ià. ..

Mme DE REvEL.

Vous êtes bien honnête , mais c'est que . . . voyez-vous, j'ai des souliers trop justes.

auguste , à part.

Ahî excusez. . .

Mlne DE REVEL.

CVest pas qu'ça m'gêne, mais ça m'fait mal.

AUGUSTE

Eh ! bien, ne dansons pas. . • je n'y tiens pas du tout , moi, j'aime autant causer. . • et vous?. . *

Mme DE REVEL.

Ah! dam'... et moi aussi... Vous avez Pair si aimable !

AUGUSTE

4- C'est un effet de votre part, mam'zelle... mais vous Le Bal. 3

avez dit ça en riant... Je suis sûr que vous êtes moqueuse.

Mme DE REVEE.

Moi . . . nhî ben oui. . .

AUGUSTE

Ça serait possible!... je ne suis peut-être pas malin comme vous l'entendez . . . mais j'ai eu pourtant assez d'esprit pour vous remarquer tout de suite.

Mme DE REVEL.

Vraiment?. . .

AUGUSTE

Les autres jeunes filles qui dansent là-bas ne sont pas mal... Mais quelle différence! vous êtes bien mieux de toutes les manières. . . Ce joli bonnet, cette robe, ce fichu ont une grâce, une élégance dont je m'aperçois seulemeut; car ce n'est pas votre toilette qui m'avait frappé d'abord.

Mme de revel, à part.

Ces ouvriers ont quelquefois une manière de s'exprimer.

AUGUSTE

Air de Manette.

Gentille ouvrière .

Charmant' couturière , Belle cordonnière!

J'ignor' votre emploi ; Mais je vous assure Que votre figure, Et votre tournure , Sont dignes d'un roi.

Je n'ose vous dire Tout ce que m'inspire Ce malin sourire; Mais je suis discret.

Craint' de vous déplaire J'aime mieux me taire.

Vous saurez , j'espère , Pénétrer mon s'eret.

Devinez c'que j'sens là ; Car je n'sais, non , je n'sais comment dire ça.

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