‹ Le bal d'ouvriers, comédie-vaudeville en un acteChapitre 19 sur 26 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

BASSINET , Mme DE REVEL.

Mme DE REVEL.

Eh bien ! Monsieur , je vous attends.

BASSINET

Pardon , charmante Pauline -, je vous ai invite'e. . . c'est vrai... mais c'était» un prétexte, c'était une frime... je voulais simplement avoir avec vous un léger colloque.

Mme DE REvEL.

Qu'avez-vous à me dire ?

BASSINET

Ne devinez -vous pas ce qu'un jeune homme aimable, doit avoir à dire à la beauté?

Mme DE revel , à part.

Comment, et lui aussi? Décidément je fais des conquêtes... Du moins celui-là, avec son air bête, est bien plus amusant.

bassinet , à part.

Ça paraît lui faire plaisir , poursuivons. ( Haut. ) Séduisante Pauline! je vais vous parler sérieusement 5 je sais qu'Auguste vous courtise.

Mme DE REVEL.

Qui, moi? Ah! par exemple.

BASSINET

Il n'y a pas de par exemple, c'est visible. . . Mais je vous avertis qu il ne vous convient pas, sous tous les rapports.

Mtte DE REVEL.

M. Auguste a donc bien des défauts?

BASSINET

Du tout.. . il n'a peut - être que trop de qualités, voilà son inconvénient... en un mot. Si vous l'aimiez, ce serait vous préparer un repentir amer, et des regrets infiniment plus amers. . . Infiniment plus amers.

Mme DE REVEL.

Que m'importe? je ne pense pas à lui.

BASSINET

Vraiment?... Oh! quel bonheur!... moi qui suis sort rival . . . car je suis son rival.

Mme DE REVEL.

Vous, le prétendu d'Olympe?

Je ne le suis plus. Olympe me fait des farces , je déplore sa conduite; la pitié a succédé à l'amour. . . Mais je tiens à la remplacer ; votre air pudique et timide a fixé mon choix ! oui , c'est vous , Pauline ! c'est toi , fille vertueuse , qui vas régner désormais ! . . .

Mme DTi reveL. •

Je vous en prie, modérez-vous.

BASSINET

Tu ne peux pas aimer un inconnu , c'est clair , mais je vais me faire connaître. . . Je ne parle pas du physique, le physique est devant tes yeux.

Mmô REVEE.

11 est très-bien. . .

BASSINET

Ob !... Eh bien! oui; il est très-bien.*, mais je possède des trésors plus véritables : je suis armurier, j'ai des économies, un cœur sensible , et vin^t-trois fusils à piston !

mme de revel , riant.

Ab! ah! ah! ah!

BASSINET

Vous riez ?

Mme DE REVEL.

Ah! ah! ah! ah! ah!

BASSINET

Voyez - vous la gaillarde. . . elle rit. . . Ah ! tu ris , friponne ! Eh bien ! j'aime mieux ça , ça me met tout de suite à mon aise. ( // s'avance vers elle.)

VOLE DE BRUXELLES - STAD BRUSSEL Archives - Archief

Mme DE REVEE.

Monsieur , finissez, ou j'appelle!

BASSINET

Ah î petite luronne , tu te moques de moi ... Il faut que je t'embrasse , rien que ponr t'appprendre. . .

( // cherche à l'embrasser; madame de Recel se débat en

criant : )

Mme DE REVEL.

Ah ! mon dieu , à quoi me suis-je expose'e? Finissez ! finissez , Monsieur î

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