SCENE XVI
AUGUSTE, Mm* DE REVEL.
AUGUSTE
Vous êtes fâchée, Mademoiselle? . . . Je vous ai dérangée, sans doute?
Mme DE REVEL.
Dérangée î que voulez-vous dire?
AUGUSTE
Rien Mon arrivée subite, le trouble où je vous
vois. . .
Mme DE REVEL.
Ehî qui ne serait pas troublé? la familiarité de ce jeune homme me devenait fort désagréable, et je vous remercie de m'en avoir délivrée . . . Mais il est parti , et je ne veux pas vous empêcher de retourner dans le bal.
AUGUSTE
Chacun cherche le plaisir a sa manière , moi je n'aime à danser qu'avec vous.
Mme DE REVEL.
Monsieur, je vous en prie, plus de ces enfantillages qui commencent ;Vme fatiguer.
AUGUSTE
C'est que vous dansrz fort bien , et vous valsez surtout avec une légèreté. . . C'est si rare, une bonne valseuse!
Mme DE REVEL.
*&s le crois; il est difficile de l'être, qua^bUon n'a pour musique qu'une clarinette barbare , ctyWfrcor de chasse qui fait frémir.
AUGUS:
Eh bien ! voilà ce qui m'ajrfuse... . Et vous-même, vous avez ri de bon cceur plu^itëurs fois.
ie DE REVEL.
J'ai ri, parce mxfje vous voyais rire. . . Vous faisiez des plaisanteries sur tout le monde.
Le Bal/ 5
AUGUSTE
JVkfli? Mais c'est vous, au contraire, qui avez tout critique avec une malice. . .
Mme DE REVEL.
îux, qua,ml on a pour vis-à-vis M. Crochartfo l'homme du
rieux
monde qui ^dànse le plus vite et le plus haut// Il embrouille
toutes les figr naîe. . . Il es
es, et avec iort drôle.
cela une pan^rcnime si
ongi-
Vous voyez erae vous n'épargnez personne , et si vous osiez me dire ce^qXie vous pensez de moi. . .
Mme DE REVEE.
Oh! vous, c'est différent, je n'y/pense pas* d'ailleurs vous avez des manières qui annoncent une certaine éducation... )\
Y\AUGUSTE
Oui , je sais lire et écrire , sans parler d'autres petifs talens; c'est ce qui me donr\$ un peu de confiance. . . Et franchement je commence a croire que je ne vous déplais pas trop.
Mme Jf$ REVEL.
Ah!... vous ne manqucz^as d'amour-propre.
âuguVte.
Si je n'en avais pas, cela suffirait pour m'en donner.
Mme DE REVEL.
Vous vous trompe^ bien , je vous assure.
/ auguste. \ Permettez , j'ai des preuves. \\
Air cVAmèdèe de Bea.up.lan,
Non , non , ce n'est point une erreur , En valsant avec vous , ma chère, Votre regard était sévère ; Mais sous ma main , avec mystère , J'ai senti battre votre cœur.
Je ne crois plus à vos refus ; \ Jamais , me disiez- vous sans cesse , Vous -n'obtiendrez de ma- faiblesse Mon bouquet, gage de tendresse,
( Montrant le bouquet qu'il tenait caché. )
Et pourtant vous ne l'avez plus !
( rô )
Mme DE REVEL.
C'en est assez, monsieur, il faut nous séparer; et le plus tôt sera le mieux . . . Heureusement la soirée s'avance. . . retournez avec vos amis. . . et jusqu'à la fin du bal . . . pas un regard , pas une parole , je vous en prie.
auguste..
Quoi! Pauline, vous me défendez même. . .
Mme DE REVEL.
Laissez-moi, je le veux, je l'exige.
AUGUSTE
J'obéis. . .( A part. ) Je saurai la retrouver plus tard.
( // rentre dans le bal. )