SCENE V
{Changeant de ton.) Mais je ne veux pas mqurir intestat, et je donne cette bague à ran;i généreux qui m'a mis en état de garder sain et sauf le nez que je tiens de mes aïeux. HAMELiN, à paru Sa gaieté me fait mal. (Haut.) Vous n^avèz plus rien k me démander ?
BAUDBLOT.
Si ; à dîner ! Car, en ce moment, si j'avais un cadet, je lui vendrais mon droit d'aînesse pour... pour une tranche de jambon. Je n'aime pas les lentilles.
HAMELIIV.
Justement, c*est le jour de mes fiançailles : et j'espère que la cuisine sere digne de vous. {4pp^Uint.) Holà I le dîner de monsieur le comte !
BAUDBLOT.
Vos fiançailles?
HAMÇLIN.
Ce soit, nous signons lo contrat ; et dans huit jours, la noce î
BAUDELOT
Ainsi, cette jeiine personne vêtue de blanc que je viens de voir passer tout à l'heure sous ma fenêtre...
IIAUELIN.
C'est mon accordée.
BAUDELOT
Elle est belle, charmante, et digne d'un brave homme comme vous. Et maintenant, mon hôte, bonsoir, et merci de votre accueil. Je désire que personne n'ait à vous le rendre en pareille occasion... {Hameîinse retire lentement.) Ah! Capitaine? {Martin entre de droite aA)ec un plateau qu'il pose sur une tahk au fond, à droite.)
BAMELIN.
Qu'estrce?
BAUDELOT
C'est un usage chez nous de faire un cadeau h la fiancée ; veuillez offrir à la vôtre cette petite marguerite ; poussée sur ma fenêtre, elle est à moi : c'est tout ce que je possède. Dites-lui que le comte Baudelot regrette de ne pouvoir faire mieux.
HAHELIN.
Merci de l'hommage, monsieur lecopate... ( Apercevant Mar tin dans le fond.) Ah I très-bien... Je voiis recommande les plus grands égards. (// sort à droite.) V [^ ,
SOEMB V.
BAUDELOT, MARTIP^.
BAUDBLOT.
Qui vient là?
MARTIN
( Cest moi, monseigneur I le majordome du château; je vous 1 apporte h dîner. (Il apporte le guéridon près du fauteuil adroite.)
^ BAUDELOT
Alors, sois le bien-venu Je consens à mourir... mais pas de faim 1 [S'asseyant,) Commeut te nommes-tu, mon brave ?
k MARTIN.^
Moi? ça dépend. ^ Comment, ça dépend.
BAUDELOT
MARTIN
Dans le pays on me nomme Cassius; mais la vérité est que je m'appelle Martin.
BAUDELOT
Cassius ? Diable, c'est un joli nom, ça; il est vrai que Martin fibien son charme, pourtant, Cassius... et que fais-tu?
MARTIN
Je vous l'ai dit, monseigneur, je suis majordome... (baissant les yeux) et membre du conseil municipal.
BAUDELOT
Oui-dà? Vous êtes donc un ambitieux, citoyen Cassius?
MARTIN
Monseigneur, si ça vous est égal, appelez-moi Martin.
BAUDELOT
Pourquoi cela? {
MARTIN
Vous qui êtes resté dans le bon chemin, ça me ferait de la peine si vous pensiez de moi ce qui n'est pas.
BAUDELOT
Comment?
MARTIN
Figurez-vous, monseigneur, que je luttais de toute ma petite volonté contre les idées nouvelles ; je ne pouvais rien... mais je faisais C' que je pouvais; quand un beau jour, un de ceux de làbas, qui mettent tout sens dessus dessous par ici, vint faire un tour au château; on le nommait Robespierre... Vous en avez peut-être entendu parler... H se mit a me faire des sermons sur les droits do Thomme ; je résistais d'autant mieux que je ne comprenais pas du tout... Quand il mo dit : « Cassius, pendant mon » séjour ici, je te charge du soin de ma personne ; veille à ce » que mes manchettes et mes gilets soient bien empesés, et, pour )) commencer, poudre-moi comme il faut. » Dam 1 en voyant un monstre qui mettait de la poudre et des gilets brodés, je me dis que ça ne pouvait pas être un méchant homme ; je répondis
* Martin, debout j Baudelot, assis, ^^un