I.E BAL DU SAUVAGE
FRIQUET. O ciel!
camomille. Non, pas au ciel, à la cuisinc.
friquet, à part. Que s’est-il passé en mon absence?... Dissimulons.
CAMOMILLE. Eh bien, ce plat?
FlUQl’ET. Il est dans la friture.
CAMOMILLE. La sahde de homard dans la friture!. . Ah çà, décidément vous êtes doue toqué.
friquet. Non, je confondais avec les goujons.
camomille. Des gou'ons ?.. . vous en avez demandé?... Tant mieux ! j'en raiïole, FRIQUET, regardant la table et les deux e urent. Deux couverts... (Avec exclamation,; oh t je suis frit!
CAMOMILLE. Oh ! oui, bien friis, bien rissolé*, c'est excédent! Ah çà, mais qu’esl-ce qu’est donc encore arrive à votre ne/.?
friquet. A mon ne»?
camomille. U voilà cornard, à présent!. ..
tout à l'heure il était ù la Roxelane ... avant aiuilin... ci vous êtes camard, maintenant?
friquet, à part. Oh ! tous ces nez se dressent devant moi I
CAMOMULE. Je vous demande ce qui est arrivé à votre nez? ou demande les mémoires de votre nez ?
FRIQUET. C'est le froid qui l'aura ratatiné-
camomille. Tout à l'heure, c’était le chaud. En voilà un nez impu>sionnablc.
FRIQUET, ôtant son faux nez. Je m’y perds! néanmoins continuons à dissimuler.
camomille. Tiens! vous vous décidrz donc à l'ôter, votre piiïard ? vous n’étesdonc plus enrhumé du cerveau?
friquet. Non, non. (A part.) C’est tout un drame qui se révèle!... mon rival était pris du uez.
camomille. Oh ! qu’il me larde d'avoir soupe, pour aller danser ensemble, mon petit Friquet !
friquet, à part. L'usurpateur avait pris mon nom, à ce qu'il parait.
camomille. Nous danserons tou les lus polkas, et entre deux contredanses, vous me payerez un soldat.
friquet. Un soldai?
CAMOMILLE. Il y a si longtemps que jVn ai envie.
friquet. Comment? Camomille, vous avez du goût pour les soldats ?
CAMOMILLE Oh 1 oui, je n’en ai pas encore goûté; mais on dit que c’est délicieux, un foldat à la groseille, avec de l'eau de Seltz.
friquet. Ah! bon! un soda!... un sodawat r. .. Oh! je vous en payerai deux de ceux-là! (.4 part.) Je respire!... Ah! qu’elle * st bcFe en bergère. [// veut l'embrasser . , Hum ! ! !
CAMOMILLE, le repoussant. Ah l vous allez encore m’embrasser. .. non, monsieur, je ne veux plus.
friquet, effrayé. Encore! vous avez dit :
encore !
camomille. Je vous répète que ça m’ennuie. ..
friquet, à part. O ange!... tu me rassures. (Haut.) Camomille!.. . Camomille !...
camomille. Qu’est-cc qui vous prend?
friquet. Il me pousse une idée. Celte année, le paillas-e est très-bien porté. 11 pourrait sc faire qu’il y en eût pas mal au bal. Pour éviter dos quiproquos désagréables, ô ina Camomille ! donnez-moi la rose que vous avez à votre corsage; j’en ornerai mon chapeau, et vous me reconnaîtrez toujours à ce panache.
CAMOMli.LF, détachant son Ifouguet. Je le veux bien.
FBIQCKT,
Al* : Foulon Je n<$e.
Que celte ro*e
Soit l'offrande de Ion amour .
J'a' tond» que ton canif en di«po*i>.
Four que je piiw dire an jour :
J’ni pri* «a rote. 1 6 j«.)
ctuouii tt, fa lui do nnen*
Même air.
Oui, eetlc rote
Eit l’image de no* btaux jour*;
Four tous, si mon cœur en dispose,
Tâche* de ma faire toujoure Voir tout en ro*e.
Voici ma rote,
friquet. O bonheur incommensurable !...
[Se mettant à table.) Oh ! je vais manger du saucisson !
FRIQUET. Il va venir. [Buvant.) A votre sauté, ô un bien-timée !