Et où donc ? fit-il
— C'est à la maison forestière... devant
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la porte.., sous le grand poirier... C'est une noce... la noce de la fille aînée du gardé prussien... Ils valsent tous... en tournant autour de Tarbre... le grand garde avec sa femme... les petits garçons ensemble...
la seconde fille avec un soldat de Brunswick... et Lina avec son feld-wébel !...
Qu'ils sont joyeux!... et que la mariée est belle... avec sa robe blanche et sa couronne de fleurs !... »
La main de l'aveugle lâcha celle de l'enfant.
(L Qu'avez- vous donc, père Frédéric?»
dit la petite, en se retournant étonnée.
Elle le vit étendu dans l'herbe, au bord du chemin. — Il était mort !
Le lendemain, tous les gens du Graufthâl grimpèrent à la caverne, pour aller dire un dernier adieu au vieux brigadier.
Des faucheurs, suivis de la petite Pierrette en larmes, l'avaient rapporté la veille
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aux Roches, étendu sur quelques- branches de chêne croisées en brancard.
Il était là, dans la première chambre, couché dans son cercueil et revêtu de son uniforme de forestier, l'air grave et rêveur, comme il avait été durant sa vie.
Tous, les yeux à demi fermés, le regardaient en passant, après avoir récité une courte prière, puis ils lui jetaient quelques gouttes d'eau bénite et s'en allaient pensifs. Ce défilé mélancolique dura jusqu'au soir !
Et, le jour suivant, Frédéric .Bêhme fut enterré dans le petit cimetière à côté de la grand'mère Anne. Hulot arriva pour l'enterrement ; mais le charbonnier, retenu en prison, ne put assister à cette triste cérémonie.
Peu de temps après, les Prussiens s'étant aperçus que Jean Starck n'avait pas le sou, qu'on ne pouvait rien en tirer, — et sans doute aussi à cause des bourriches, — le relâchèrent, et Jean put
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enfin aller voir la tombe de son vieux camarade. Il la regarda longtemps ^ les bras croisés, sans murmurer une parole; puis il partit, remontant la côte et respirant avec force, comme ceux que la douleur étouflfe , parce qu'ils ne peuvent pleurer !
L'automne venu, vers les premiers froids, un matin le grand charbonnier mit ses habits des dimanches, son pantalon de drap, sa veste de velours et partit sans dire à personne où il allait. Il revint le lendemain, rapportant un rosier, un beau rosier à roses blanches, qu'il planta lui-même sur la tombe de Frédéric.
Quand il eut fini, se penchant vers la terre, et d'une voix douce comme s'il parlait à un petit enfant :
c( Hé ! brigadier, fit-il, c'est Marie-Rose qui te l'envoie... Ilapoussé sur sa tombe !... ))
Et alors seulement ses larmes coulèrent.