LE COMTE, BLANCHE
LE COMTE , à pari.
Tâclions de la calmer.
BLANCHK , r€i>enue à elle^ Ah! Monsieur, que vous ai-je fait pour me rendre si malljeareuseî... de grâce, de grâce!... ne me séparez pas d'Urbain!.,.
LE COMTE , ému.
Blanche!., je serais un monstre de faire couler vos larmes... calmez votre désespoir.
BLANCHE
Ne me retenez pas ici plus long -temps.... laissez- moi partir.
LE COMTE
Vous me haïssez donc?... je ne suis donc pour vous qu'un objet d'horreur?
BLANCHE
Vous haïr!., non, je ne hais personne.., Ahl rendezmoi à Urbain , je sens que j'aurai du plaisir avons ]'ardonner... à vous nommer mon protecteur... oui^ je vous aimerais alors. ' ' ^^'ha^^^.
LE COMTE
Vous m'aimeriez, Blanche, il se pourrait !.. Ah! plutôt mourir que de vous céder à un autre! cet effort esl audessus de moi ! Ne voyez point en moi un ennemi, un perfide... je veux être voire ami, votre époux; je ferai tout pour mériter votre amour.
BLANCHE
Non , non , c'est à Urbain que je fus promise.... nui Autre ne peut avoir mon cœur»., je veux le revoir, ,. retourner chez celui qui m'a servi de père. Là , j'étais pauvre et heureuse... Ah! de grâce!., si vous m'aimez, laissez-moi partir.
LE COMTE
Pouvez- vous regretter la triste maison où voiis avez été élevée?., n'espérez plus y trouver un asije.
BLANCHE
Que dites-vous?...
LE COMTE
Celui que vous nommez votre bienfaiteur , c'est lui qui a servi mes projets : il vous a livrée entre mes mains.
BLANCHE
Juste cielî... qu'entends-je ?... grand Dieu!... protégez-moi I...
LE coiïE , très ému.
Sa douleur me tue....
BLANCHE , avec fermeté.
Non, n'espérez pas faire changer mes sentimens..., tout le monde peut me trahir, m'abandonner — vous pouvez me séparer d'Urbain , me faire mourir de douleur... mais c'est lui que faime... il est mon époux, je lui conserverai ma foi, dût-il m'en coûter le bonheur et la vie.... LE COMTE , à part.
Cette jeune fille exerce sur moi un empire... Je me sens interdit, et ses larmes m'attendrissent, (haut.) Blanche, je ne puis donc pas espérer qu'à force de soins , de tendresse, je parviendrai à toucher votre cœur?
BLANCHE, suppliante.
Ah ! Monsieur, que je vous aimerais si vous vouliez m'unir à Urbain l...
LE coT^TE, égaré, Urbain!... toujours Urbain ! non , vous ne reverrez jamais cet homme que je déteste sans le connaître.... ( Il s'approche d'elle,) Blanche , écoutez-moi. BLANCfiE , le repoussant.
Par pitié, laissez moi!., vous avez fait mon malheur... voire vue augmente mon désespoir!... Laissez moi vous fuir; et si vous ne voulez ma mort, respectez mon asilet.. ( Elle s'échappe et regagne son appartement. )