ACTE II, SCÈNE X
CHÉRUBIN, hésitant.
Quand un ruban... a serré la tête... ou touché la peau d'une personne...
LA COMTESSE, coupant la phrase.
...Étrangère! il devient bon pour les blessures? J'ignorais cette propriété. Pour réprouver, je garde celui-ci qui vous a serré le bras. A la première égratignure... de mes femmes, j'en ferai l'essai.
CHÉRUBIN, pénétré.
Vous le gardez, et moi je pars.
LA COMTESSE
Non pour toujours.
CHÉRUBIN
Je suis si malheureux !
LA COMTESSE, émue.
Il pleure à présent ! C'est ce vilain Figaro avec son pronostic !
CHÉRUBIN, exalté.
Ah ! je voudrais toucher au terme qu'il m'a prédit ! sûr de mourir à l'instant, peut-être ma bouche oserait...
LA COMTESSE l'interrompt, et lui essuie les yeux avec son mouchoir.
Taisez-vous, taisez- vous, enfant. Il n'y a pas un brin de raison dans tout ce que vous dites. (On frappe à la porte, elle élève la voix.) Qui frappe ainsi chez moi?