FIGARO, CHERUBIN, LE COMTE, LA COMTESSE
SUZANNE
(Figaro et Suzanne retirés de chaque coté sur le devant.)
CHERUBIN en habit d'officier arrive en chantant gaiement la
reprise de l'air de la romance.
La, la, la, etc.
J'avais une marraine Que toujours adorai.
LA COMTESSE, à part.
Le petit Page !
CHÉRUBIN s'arrête.
On se promène ici ; gagnons vite mon asile, où la petite Fanchette... C'est une femme!
LA COMTESSE écoute.
Ah ! grands Dieux !
CHÉRUBIN se baisse en regardant de loin.
Me trompai-je? à cette coiffure en plumes qui se dessine au loin dans le crépuscule, il me semble que c'est Suzon.
LA COMTESSE, à part,
Si le Comte arrivait!...
LE COMTE parait dans le fand.
CHÉRUBIN s'approche et prend la main de la Comtesse, qui se
défend.
Oui, c'est la charmante fille qu'on nomme Suzanne ; eh ! pourrais-je m'y méprendre à la douceur de cette main ; à ce petit tremblement qui l'a saisie ; surtout au
battement de mon Cœur ! (Il veut y appuyer le dos de la main de la Comtesse, elle la retire.)
LA COMTESSE, bas.
Allez-vous-en.
CHÉRUBIN
Si la compassion t'avait conduite exprès dans cet endroit du parc, où je suis caché depuis tantôt?
LA COMTESSE
Figaro va venir.