‹ Le barbier de Seville, Le mariage de Figaro, La mire coupable;Chapitre 201 sur 288 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SUZANNE, tenant des fleurs obscures, dont elle fait un bouquet.

Que Madame s'éveille et sonne, mon triste ouvrage

est achevé. (Elle s'assied avec abandon.) A peine il est

neuf heures, et je me sens déjà dune fatigue... Son dernier ordre en la couchant m'a gâté ma nuit tout entière... «Demain, Suzanne, au point du jour, fais apporter beaucoup de fleurs, et garnis-en mes cabinets. — Au portier : — Que, de la journée, il n'entre personne pour moi. — Tu me formeras un bouquet de fleurs noires et rouge foncé, un seul oeillet blanc au milieu... » Le voilà. — Pauvre maîtresse ! elle pleurait!... Pour qui ce mélange d'apprêts ? Eh eh eh ! si nous étions en Espagne, ce serait aujourd'hui la fête de son fils Léon... (Avec

mystère.) et d'un autre homme qui n'est plus ! (Elle regarde les fleurs.) Les couleurs du sang et du deuil ! (Elle soupire.) Ce cœur blessé ne se guérira jamais ! — Attachons-le d'un crêpe noir, puisque c'est là sa triste fantaisie ! (Elle attache le bouquet.)

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