‹ Le barbier de Seville, Le mariage de Figaro, La mire coupable;Chapitre 72 sur 288 · ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VII

voila qui reprend ses sens; morbleu ! qu'elle est belle !

ROSINE

Ah ! Lindor!... Ah! Monsieur! que je suis coupable. J'allais me donner cette nuit même à mon tuteur.

LE COMTE

Vous, Rosine !

ROSINE

Ne voyez que ma punition ! J'aurais passé ma vie à vous détester. Ah ! Lindor! le plus affreux supplice n'est-il pas de haïr, quand on sent qu'en est faite pour aimer ?

FIGARO regarde à la fenêtre.

Monseigneur, le retour est fermé ; l'échelle est enlevée.

LE COMTE

Enlevée !

ROSINE, troublée.

Oui, c'est moi... c'est le Docteur. Voilà le fruit de ma crédulité. Il m'a trompée. J'ai tout avoué, tout trahi : il sait que vous êtes ici, et va venir avec mainforte.

FIGARO regarde encore.

Monseigneur! on ouvre la porte de la rue.

ROSINE, courant dans les bras du Comte avec frayeur.

Ah, Lindor !...

LE COMTE, avec fermeté.

Rosine, vous m'aimez! Je ne crains personne; et vous serez ma femme. J'aurai donc le plaisir de punir à mon gré l'odieux vieillard !...

ROSINE

Non, non, grâce pour lui, cher Lindor! Mon cœur est si plein, que la vengeance ne peut y trouver place.

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