‹ Le barbier de Seville, Le mariage de Figaro, La mire coupable;Chapitre 89 sur 288 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

vous soupirez pour Madame; et vous m'en contez, à moi, par-dessus le marché !

CHÉRUBIN, exalté.

Cela est vrai, d'honneur! Je ne sais plus ce que je suis; mais depuis quelque temps je sens ma poitrine; agitée ; mon cœur palpite au seul aspect d'une femme les mots amour et volupté le font tressaillir et le troublent. Enfin le besoin de dire à quelqu'un je vous aime, est devenu pour moi si pressant, que je le dis tout seul, en courant dans le parc, à ta maîtresse, à toi, aux arbres, aux nuages, au vent qui les emporte avec mes paroles perdues. — Hier je rencontrai Marceline...

SUZANNE, riant.

Ah! ah! ah! ah!

CHÉRUBIN

Pourquoi non? elle est femme! elle est fille! Une fille ! une femme ! ah ! que ces noms sont doux ! qu'ils sont intéressants!

SUZANNE

Il devient fou !

CHÉRUBIN

Fanchette est douce ; elle m'écoute au moins ; tu ne l'es pas, toi !

C'est bien dommage! Écoutez donc Monsieur ! (Elle veut

arracher le ruban.)

CHÉRUBIN tourne en fuyant.

Ah ! ouiche ! on ne l'aura, vois-tu, qu'avec ma vie. Mais, si tu n'es pas contente du prix, j'y joindrai mille

baisers. (Il lui donne chasse à son tour.)

SUZANNE tourne en fuyant.

Mille soufflets, si vous approchez. Je vais m'en plaindre à ma maîtresse ; et, loin de supplier pour vous, je dirai moi-môme à Monseigneur : C'est bien l'ait, Monseigneur ; chassez-nous ce petit voleur; renvoyez à ses parents un petit mauvais sujet qui se donne les airs d'aimer Madame, et qui veut toujours m'embrasser par contre-coup.

CHERUBIN voit le Comte entrer ; il se jette derrière le fauteuil avec effroi.

Je suis perdu !

SUZANNE

Quelle frayeur !

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