FRÉDÉRIC, PÉTERS
péxf.rs, à part et s’excitant.
Ah! tout le monde se mot contre moi, nousallons voir.
Frédéric, à part.
Son caractère me plaît, il ne s’effraye pas. ( Haut ) Approchez, monsieur.
. péters, d un ton mutin.
Me voilà , monsieur.
FRÉDÉRIC
Qu’est-ce que c’est que ce ton-là !
péters, de meme.
C’est celui qui convient à un Homme qui est chez lui et que 1 on veut vexer; qu’est-ce que c’est donc que ça !
FRÉDÉRIC
Sais-tu que je suis ici pour t’interroger ! ,
PÉTERS
Oui , vous vous entendez avec le bailli... Allez vous devriez rougir; et si jamais je me trouve face à face avec le Roi, vous passerez un mauvais quart d’heure.
FRÉDÉRIC
Vous vous trompez.
Air : G n’y a que Paris.
Frédéric prétend avant tout Que l'on n’outrage point un juge,
Et qu’on exécute partout Scs lois qui sont notre refuge ;
Ainsi, monsieur, au nom du roi 1 Répondez-moi (< /noter.)
PÉTERS
Qu’on exécute ses lois, c’est juste : vous m’y faites penser ! On est donc le registre de l’auberge. (Il prend un registre qui est sur le banc , l’ouvre et se met devant Frédéric.)
Même air.
Un* de ses lois dit , pour raison ,
Qu’chaqu’ voyageur melt’ sur un’ page Son état, son âge et son nom,
Et surtout le but d’ son voyage.
Ainsi, monsieur, au nom du roi !
Répondez-moi. (t/uattr.)
FRÉDÉRIC. V
Comment !
PÉTERS
Je «iis le maître d’auberge ; c’est moi qui vous interroge...
Frédéric, un peu déconcerté.
Eh bien! qu’est-ce qu’il a donc , ce petit bonhomme !
PÉTERS
Si vous refusez de répondre, la loi est formelle, je vous fais arrêter.
Frédéric, à part.
Oh ! le malin démon !
PÉTERS
Votre nom , monsieur !
Frédéric, riant.
Mon nom... mon nom... il est sur l’ordre du Roi.
PÉTERS
Oui , je sais bien, il y a dessus , M. Dufour; mais votre compagnon , à qui je me suis iuformé , dit que vous vous appelez le baron d’IIerlem... Ce matin vous étiez officier ; à présent vous voilà secrétaire : donc vous ayez un nom supposé, donc l’ordre est faux ou surpris, donc le but de votre voyage est suspect, donc mon devoir est de vous faire arrêter. '
Frédéric, à part.
Le petit coquin va me découvrir.... ( haut ) Cela suffit, monsieur l’aubergiste, c’est chez le bailli lui même que vous allez me suivre.
PÉTERS
Attendez, il y a encore une loi.
Frédéric , impatienté.
Ah ! il a une provision de lois h ses ordres ; je crois qu’il sait le code prussien mieux que moi.
PÉTERS
Celle-ci , c'est une loi de la maison: Lorsqu’un voyageur cesse d’étre notre hôte, il ne peut sortir qu’il n'ait payé sa dépense.
FRÉDÉRIC
11 n’y a rien à dire, et quoique je n’aie pas dîné... tenez. (Il lui donne une pièce d’or).
PÉTERS
De l’or... je ne puis pas vous rendre, il faut que j’aille changer. (Il la regarde en tous sens. ) Tiens... c'cst Frédéric qu’ils ont voulu faire là...
Air : du Carnaval'.
Ça peut m’servir un jour à le r’connaître,
C’bon Frédéric, qui n’vint jamais ici; l
J 'gage qu’à mes yeux si je Croyais paraître.
Sur c’te pièc’- là, j’dirais ben rite : c’est lui !
Jarni ! qu’les rois sont heureux sur la terre 1 L’or et l’argent reproduisent leurs traits,
Et les gens mêm’ qui leur dcclar’nt la guerre ,
N’sont pas fâchés d’posséder leurs portraits,
Eh ! mais... c’est drôle ; il me semble que j'ai vu cette figure-là quelque part... (levant les jeux sur Frédéric) A h mon dieu !
Qu’est-ce qu’il a donc ?
péters, tremblant de tous ses membres .
Ali! ah! là , là! j’en ai fait de belles! je suis perdu !
FRÉDÉRIC
Eli bien ! vas donc changer.
péters , balbutiant.
Certainement, monsieur l’officier... parce que vous devez... assez me connaître... pour croire que mon intention... (tombant d ses pieds ) ah ! sire, je tombe à vos genoux.
FRÉDÉRIC
Ah! le petit malheureux. 1
péters , criant à tue télé.
Je suis un misérable, sire...
FRÉDÉRIC
11 va me faire conDaiirc !
PÉl'EKS.
Que votre majesté... sire.
Tnis-tui.
PETERS
Me pardonne , sire.
FR ÉDÉRIC.
Eh ! tais toi donc, bourreau; veux-tu ameuter tout le village?... Levez-vous, monsieur; obéissez !... et surtout p. s un mot qui puisse faire soupçonner que vous me connaissez...
PÉTERS
Je me tais.