‹ Le Baron Charles Davillier et la collection léguéeChapitre 12 sur 14 · T. X, V période, p. 436 et t. XYUF, «• période, p · texte numérisé non relu

T. X, V période, p. 436 et t. XYUF, «• période, p

misés, les uns montés en pendeloques et en bijoux au xvi'^ siècle, les autres datant même du xiv" siècle, par exemple, la belle Vierge digne

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(lYoirc de l'école iUlo-Oamande. Commencement du xvi« siècle. )

d'être comparée à quelques-unes des plus célèbres pièces de la collection d'Azeglio, au Museo civico de/furin.

Majoliques. ^- Comme nous l'avons démontré déjà, Thistoire de la céramique n'a pas cessé d'être une des plus constantes préoccupations du baron Davillier. Aussi voit-on figurer au premier rang dans sa collection de très nombreux et de très importants monuments de cet art. L'auteur des Faïences hispano-moresques avait formé une suite des produits de la fabrication hispano-arabe avec laquelle peu de collections publiques pourraient lutter. Quelques-unes de ces pièces sont bien connues pour avoir été prêtées à diverses expositions rétrospectives ^ La céramique italienne n'avait pas été oubliée. Ses principaux ateliers se trouvent représentés. Nous attirerons seulement l'attention sur deux morceaux exceptionnels : l'un est le seul spécimen connu de la fabrique de Ravenne*, et l'autre est un fragment de plat de Faënza avec la date de 1475. On sait combien sont rares les majoliques du xv* siècle à date certaine. Le baron Davillier possédait à lui seul sept pièces de cette porcelaine des Médicis, dont il avait retracé l'histoire dans une monographie, chef-d'œuvre d'érudition qu'il venait de terminer quand il est mort.

La céramique française n'avait pas été l'objet de recherches moins ardentes et moins heureuses. Les fabriques de Moustier et de Marseille doivent au baron Davillier la célébrité de leur poterie émaillée des xvii® et xviii» siècles, et c'est pièces en main que celui-ci en a écrit l'histoire. L'auteur possédait à domicile les archives parlantes de ces deux centres de fabrication. Les plats signés du maître faïencier Clérissy sont fameux. La Gazette des Beaux-Arts les a déjà fait connaître^, ainsi qu'un grand nombre d'autres pièces. Les principaux ateliers français avaient également trouvé place dans cette classification savante. Quant à la porcelaine française, personne ne la connaissait comme le baron Davillier ; il avait réuni sur elle une énorme quantité de renseignements et pouvait, à l'aide de monuments judicieusement choisis, montrer la naissance, le développement et les vicissitudes successives de sa fabrication sur le sol de la France. La salle à manger de l'hôtel de la rue Pigalle contient, en exemplaires de choix, tous les éléments d'un traité complet de la céramique nationale.

4. Quatre pièces sont gravées dans la Notice sur le baron Davillier par M. Eudel, p. 21 et 64 . Un plat en faïence de Piiente dei Arzobispo est publié dans les Arts décoratifs en Espagne et dans VArt, t. XVJI, p. 65.

2. Cette pièce est publiée dans le Recueil des faïences italiennes des xv«, xvi« et xvii* siècles, par A. Darcel et Henri Delange. Paris, 4869, in-i».

3. T. XXIir, 4867, p. 238; t. XVIII, 2« période, novembre 4878, p. 760-762. La Table de la Gazette des Beaux-Arts, t. XVI à XXV, v* Davillier, contient des renvois aux pièces céramiques de la collection dont il a été fait mention dans cette revue.

Tapisseries. — La tapisserie étant uq des arts industriels que le baron Davillier aimait à l'égal de la céramique, il est naturel de rencontrer chez lui de très beaux spécimens de cet art. Le plus ancien, de fabrication flamande ou bourguignonne, date de la première moitié du XV siècle. 11 représente un jeune gentilhomme et une damoiselle se rencontrant dans un bois. La jeune fille porte un faucon sur le poing. Celui qui se classe ensuite dans l'ordre chronologique est une Résurrection. Le costume plein de fantaisie donné aux gardes du tombeau par l'auteur du carton, — un Flamand du xv* siècle, — est curieux à étudier *. Puis apparaît la plus admirable pièce de la série. C'est une tapisserie en foime de retable d'autel. Au centre, dans un encadrement gothique, la Vierge couronnée par des anges tient sur ses genoux l'enfant Jésus. A sa droite, on voit le Frappement du rocher^ et à sa gauche l'ange qui vient remuer, sous un édicule à colonnettes, l'eau de la piscine probatique. Le tissu porte cette date : Actum anno iA85, Cette œuvre merveilleuse, empreinte de toute la suavité de l'école de Bruges, est désignée parmi les amateurs sous le nom de la Reine des Tapisseries, Elle a été achetée à Ségovie. Pour lui trouver un terme de comparaison, il faut aller à Beaune contempler les tentures conservées par Tèglise Notre-Dame ou, à Sens, celles du trésor de la cathédrale. Les lecteurs de la Gazette connaissent, par une gravure insérée dans ce recueil', le chef-d'œuvre possédé par le baron Davillier. Enfin un splendide tissu rehaussé d'or et d'argent vient fermer la série sur une œuvre du xvi® siècle. C'est l'apparition du Christ à la Madeleine, ou le Noli me tangere. La Gazette^ a déjà publié cette tapisserie, exécutée au commencement du xvi* siècle, sur une gracieuse peinture de quelqu'un de ces Flamands qui, comme Van Orley, avaient franchi les monts pour venir puiser à la source de la Renaissance italienne.

Le savant qui avait réuni une aussi belle collection était avant tout un patriote. 11 n'avait formé ce magnifique cabinet que par amour de l'art et de la science, et il avait toujours médité de contribuer un jour, au moyen

4 . Les deux soldats sont gravés dans la Notice sur le baron Davillier par M. EudeUp. 51.

2. T. X, 2* période, p. 54. La pièce est gravée également dans la Notice sur le baron Davillier par M. Eudel, et dans la Tapisserie par Eugène MQntz, p. 443.

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