‹ Le baron d'Albikrac; comédie en cinq actes, en versChapitre 13 sur 102 · LEANDRE , OROHTE , L^ TANTE, ANGELIQUE, LISETTE · texte numérisé non relu

LEANDRE , OROHTE , L^ TANTE, ANGELIQUE, LISETTE

LÉANDRE , à la tante.

V OYEZ si l'on se plaît chez vous > Madame ?

C'est un bien dont chacun est jaloux.

ao LE BARON D'ALBIKUAC,

La Tante.

Vous le dites , je sais ce qu'il faut que j'en croie.

L^ANDRI, (i An^eTicjue.

Vous cacher delà sottel ah! soufFrcz qu'on vous voie. Est-ce pour inspirer des dcsiis plus ardens ?

La T a n t h.

Laissez. ; ellt se plaint d'un si grand mal aux dents Qu'elle soufFriroit trop...

Angéliquï.

11 se passe , ma tante.

Otez donc.

Angéliqui ,i/a tante.

L'ôterai-jc ?

La Tante, haut.

( Bas.) Otcz.... L'impertinente!

Vous prerex donc plaisir à montrer votre nez? J'en suis fort ais;.

Lisette, à la tante.

Ainsi Its esprits sont tournés.

Plus on défend....

ORONTE,à/a tanle.

Madame , on poursuit mon affaire.

Votre crédit bientôt me sera nécessaire; J'ose en espérer tout.

La t a n t s. , 11 me sera bien doux D'avoir occasion de m'employer pour vous. Mon fterc m'en écrit d'une assci bonne sorte

?our n'y rien négliger... et d'ailleurs... mais n'importe. L'effet vous montrera si je sers mes amis.

Ce titre est glorieux , vous me l'avez promis.

La Tante.

Vous y prétendez donc ?

( Pfndtini que la lime pdrle tout haut à Le'jndre , Oroiie

enireiieat la nièce lout bat , et Lisette est au milieu qui

tâche d'empêcher la tante de les obsener. )

Beaucoup plus que personne.

La Tante.

Si je ne suis pas belle , au mo;ns suis-je assez bonne. Et c'est toujours de quoi réparer ce iéfaut,

Dc'faut , Madame î

La Tante.

. On sait un peu ce que l'on vaut. Et sans ce grand éclat d'une beau;c brillante Quelquefois une femme à l'heur d'être touchante. I! est mA\i agrémens...

C'est ce qu'on voit en vous , Et l'assemblage en est si charmant et si doux , Que j'admire souvent en vous voyant paroître...

La Tante.

Vous avez assez l'ait de vous y bien r onnoître.

Pat ce que je vous dis du moins vous l'e'prouvcï.

Il LE BARON D'ALEIKRAC,

La Tante, faisant signe de Viril a Angélique. Angélique.

Angéliquï, Ma tante.

Croi-jte , à Angélique feignant de continuer haut la conversation.

Enfin donc vous trouvez Ma garniture belle?

Angéliquî.

Oui belle , et des plus belles.

Lisette, has , àla tante.

J'écoute; il ne lui dit que pures bagatelles. Et vous laisse par-là Ldandre à gouverner.

La Tante, à Le'andre.

Quel âge croyez-vous qu'on me puisse donner ?

Vous n'êtes qu'une fille , et sans votre veuvage levons cioirois trop jeune encor pour le ménage. Vingt ei un an , au plus. .

Lisette, A part.

Où les va-t-il chercher j La Tante.

Kon , j'en puis avoir trente , et n'en veux point cacher.

Quoi , trente ! et dans cet âge un brillant de jeunesse.. .

La Tante.

J'ai pourtant eu souvent grand sujet de tristesse ! Du vivant du bon homme , ahj grands Dieux , quel»

ennuis 1 C'cioient de tristes jouri.

Lisette, à part.

Et de plus tristes nuits.

LÉ A N D K E

Qu'un vieillard ait eu l'heui d'obtenir... J'en soupire!

La Tante.

Que j'ai versé de pleurs !

Au moins , dans ce martyre , Grâce à sa prompte mort , peu de tems s'écoula î

Quinie ans s'y sont passés.

L 1 s E T T E , à part.

Et quinze par de-là,

L i A N DR E.

Quel supplice!... Et vos yeux après quinze ans de larmes Ont trouvé le secret de consener leurs charmes? Que de jaloux débats vont causer vos attraits !

La Tante.

L'hymen n'a pas grand lieu de toucher mes souhaits , Et , quitte des ennuis dont j'ai trop fait l'épreuve , J'aime assez le tcpos qui suit l'état de veuve. Je vis tranquille, heureuse.

Et vous faites fort bien.

C'est en cela,..

Pourtant je n'ai juré de rien ;

Et selon...

L i A N D R E , l'interrompant,

D'otdinaiieoù sont VOS promenades ?

M LE BARON D'ALBIKRAC,

La Tante, OÙ l'en veut.

L É A ND R. E

A Saint-Cloud ? Les charmantes cascaJcsî Vous allez, fort souvent en ces aimables lieux î

La Tante, Pas trop.

Dites le vrai , Vinccniics vous plaîc mieux? LA Tante.

On ne se divertit dans toutes ces parties Que scion qu'elles sont bien ou mal assorties ; Le goût dc'pcnd des lieux beaucoup moins que des gens: Quand ils sor.t bien choisis...

C'est comme je l'entends.

La Tante.

Si bien que vous croiriez qu'une haine si forte Contre le mariage en aveugle m'emporte Que , sûre qu'on m'aimât , j'eusse assez de rigueur Pour voir un vrai mérite et défendre mon cœur î

Qu'il en faudroit , Madame, et qu'il est difficile Que vous ne rendiez pas ce mérite inutile 1 En est-il qui ne cède , en voyant éclater....

La Tante.

Mon Dieu , ne perdez point le tems à me flatter. Je n'aime point l'encens.

LÉ A N t) R E.

Puisque c'est vous déplaire Je

COMÉDIE. i5

Te le quitte , Madame , et change de matière. Cioyez-vous qu'à la Cour Anste ait du crédit i

La Tante.

Vous n'expliquez pas bien ce que |e vous ai dit. Si j'ai quelque mérite , il n'est pas raisonnable De prérendre qu à peine il s'en trouve un semblable , Et quelqu'un que je sais vaut to'it ce que je vaux.

Lisette, a part.

Bon cela.

L Ti A N D R E.

Ce quelqu'un n'a donc point de défauts J La Tante.

Vous le connoisscz bien.

Moi , Madame ?

La Tante.

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