‹ Le baron d'Albikrac; comédie en cinq actes, en versChapitre 31 sur 102 · OX ON T E · texte numérisé non relu

OX ON T E

Madame...

La Tante.

Tout de bon , s'il faut ouvrir mon coeur , Dans votre piocc'dé je vois tant de candeur. Tant d'honnêteté jointe à l'atdeur la plus sage Que, pour quelque repos que m'offre le veuvage , Je ne me croirois pas être digne du joUr Si je de'scspérois plus long-tcms votre amour. Perdez donc ce chagrin que votre front déploie , Vous voulez m'cpouser , j'y consens avec joie. Votre peine par-là trouve une heuicuse fin.

Madame à tant de gloire élever mon destin ! Mais que dis-je , insensé ? c'est bien mal me connoître. Vous êtes généreuse , et je dois aussi l'être. Le Baron d'Albikrac, charmé de vos appas , Vous mettra dans un rang , où je ne vous mets pas. Vous en puis-je sans crime envier l'avantage i

La Tante.

Je vous l'ai déjà dit , vous avez, de l'ombrage ; Mais pour vous en guérir il nous faut , sans façon , Faire épouser ma nicce à Monsieur le Bâton. De quoi se plaindra-t-il ? elle estieune, assez belle î

Ce n'est pas mal pensé ; majsrc'pondez-veus d'elle?

Vous lui faites sans cesse un monstre de l'amour»

Et je crains...

La Tante.

Agissons chacun à notre touo

Tirez-'.i quelquefois à l'écart , et lui dites Que le Baron me choque avccquc ses visites ; Et que, s'il lui plaisoit, vous pourriez m'obliget A souffrir que pour elle il voulût s'engager. Je favoriserai toutes vos confidences.

C'est agréablement flatter mes espérances. Je n'épargnerai rien afin de la toucher. Mais il ne faudra pas d'abord l'eftaioucher. Comme sans intérêt je lui ferai connoître Qu'une fille se perd à vouloir toujours l'être. Le tems fera le reste, et prenant toujours soin..

La T a n t I.

Donnez-vous tout le tems dont vous aurex besoin: Prenez la plus commode et la plus sûre voie : Vous ne m'en verrez point retarder votre joie. Je vous aime, et, pour prix d'un zclc si discret. Je vous puis aisément épouser en secret.

O R o N T s , à pUTt.

M'épouser en secret I me voilà bien, courage.

La Tante.

Ce soit nous signerons , demain le mariage. Chez mot je s'.iis maîtresse ; et , Ihiiuen contracté , Lisette étant pournous, tout est en sûreté..,. Quoi ; vous en soupirez ?

Or o V T E.

Ah! douceurs imparfaites!

Que ne me parliez-vous tantôt comme vous faits» ! Mon arr.our n'eût alors fait scrupule de rien , Et Léandrc jamais ne m'eût parlé du sien i

La Tante.

Léandrc m'aimeroit?

D'une amour dperdue.

La T ak t e.

Cet aveu me surprend.

Alii Madame , il me tue.

La Tante.

Depuis quand savez-vous que j'ai touche son cœur.

Trop tard pour mon repos ; trop tôt pour mon malheur.

Tantôt à l'imprévu vous savez que Léandre Dans votre cabinet nous est venu surprendre. I.à , voyant le Baron, plein d'un secret dépit: yt Est-ce là quelque amant pour Madame, » a-t-il dit? Ayant appris la chose: « Ah! ma!hcureu,x, je l'aime,» A-t-il continué , te cent fois plus que moi-même , y> Et si mon triste espoir n'est par vous affermi , « Oronte, c'en est fait , vous n'avez plus d'ami. 35 Je vous cachois toujours cette ardeur violente , 5> Mais plus j'approche d'elle , et plus elle s'augmente; 5") Où je ne la vois point je ne fais que languir. î> A ces mots , je n'ai pu retenir un soupir, Ki m'cmpccher de dire en faveur de ma flamme » Que vous saviez déjà le secret de mon ame. 55 Vous m'avez prévenu ? Soyez amant heureux , » M'a-t il dit , c'est à moi de céder à vos feu.x.

n Quels qu'en soient mes ennuis , vous n'avez licn à

craindre :

« Je nrourrois mille fois plutôt que He m'en plaindre > 2î Plutôt que d'avouer ce que je souffre, u Alors > Faisant sur sa douleur de violens efForts , 11 a coutu vers vous., et parlé de peinture.

La Tante Vous craignez plus pour lui peut-être qu'il n'cndurCt Je saurai son secret.

Il voudra le cacher ; Je le connois , en vain vous croirez l'arracher. Tandis qu'il languira d'ennui, d'inquiétude, A démentir sa peine il mettra son étude ; Feignant d'être content,...

La T a n t I.

Nous croirons qu'il le soit.

Or o N T E.

Le puis- je avec honneur ? Madame, il en mourroit. Comme on ne m'a jamais imputé de bassesse....

La Tante.

Soit pour vous , soit pour lui, voyez toujours ma niece. A l'hymen du Baron.... Mais le voici.

O R 0 N T ï , ii part.

J'en tiern Si Léandre..!.

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