SCENE VI
LA TANTE, ORONTE , tÉANDHE , LA MONTAGNE, PHILIPIN.
La Montagne, 4^12 tame.
JL ouR nièce de par vous me scra-t-clle unique? Pour moi , j'ai quantité de jeunes Baronneaux , Que je vous vais donner pour neveux tous nouveaux , Sans le petit Rapière > il n'entre point en compte.
La T a n t I.
ïpousez-la, de grâce ! et me laissez Oronte. Epargnez lui l'ennui de me voir dans vos bras: 11 m'aime tant.,..
La Montacnh.
Et moi , ne vous aimai-je pas ?
La Tante.
Je ne sais.
La Montagne.
Quoi ! dix fois on m'a pour la Rapière , Avec dix mille écus , fait très-humble priete -, Je le dépens gratis , dès quo vous m'en priez , Et malgré tout cela vous vous en défiez ?
L A Ta n t e.
Kais vous dites que j'ai....
C'est que je goguenarde»
124 LE BARON D'ALBIKn.AC,
La Tante.
Vous me trouvez si laide....
La Montagne.
Y faut-il prendre garde ?
L'afFront me tient au coeur.
La Montagne.
Et moi , fort à l'esprit.
Avcï-vous oublie ce que vous m'avez dit ?
La Tante, Il faut qu'un galant homme endure tout des femmes. Et se venger du sexe est des petites âmes.
La Montagne.
Quoi ! vous aurez le droit de m'appeler magot , Il sera des guenons , et je ne dirai mot ? Je suis pis qu'un ddmon contre qui m'injurie ! Je ris quand on veut rire, et j'entends raillerie; ït , poijr vous faire voir qu'on ne me peut payer Si-tôt qu'il vous plaira nous enrretutoycr , Sans rancune et sans fiel , volontiers , va mignonne , Je serai ton magot, lu seras ma guenonnc : Kous choisirons ainsi cent jolis petits noms.
COMEDIE. iif