‹ Le baron d'Albikrac; comédie en cinq actes, en versChapitre 81 sur 102 · D. CARLOS, D. JUAN · texte numérisé non relu

D. CARLOS, D. JUAN

D. Carlos.

^yES voleurs par leur fuite , entassez fait conno'trc

Qu'où votre bras se montre on n'ose plus paroître;

Et je ne puis niti qu'à cet heureux secours.

Si je respire encor, je ne doive mes jours.

Ainsi, Monsieur, soufFreiqiie pour vous rendregrace..,

D. Juan.

î*ai fait ce que vojs iiîmc aiiric?. fait en ma place; tt prendre et pain contre leur 1 (licté Etoir plutôi devoir que çon.!rosit<5.

Mais d'où vous ctci-vous a.niii leut poursuite ?

D. Carlcs.

D Carlos.

le m'dtoîs , par malheur, écarté de ma suite ; Us m'ont rencontre seul ; et mon cheval tué A leur infâme audace a fort contribué.

Sans vous j'ctois perdu.

D. Juan.

Vous allez à la viUs ?

t). Carlos.

Non , certains intJrâs...

D. Juan.

Vous peut-on être utile î V), Carlos.

Cette offre met le comble à ce que je vous doi. Une affaire d'honneur, très-sensible pour moi. M'oblige dans ces lieux à tenir la campagne.

Je suis à vous , souffrez que je vous accompagne. Mais puis-je demander , sans me rendre indiscret , Quel outrage reçu...

D. Carlos.

Ce n'est plus un secret ; Et je ne do"s songer , dans le bruit de l'offense. Qu'à faire promptement éclater ma vengeance. Une sœur, qu'au couvent j'avois fait élever , Depuis quatre ou cinq jours s'est laissée enlever. Un D. Juan Giron est l'auteur de l'injure : lia pris cette route , au moins on m'en r.ssurc; Et je viens l'y chercher sur ce que j'en ai su.

£t le connoissez-Tous ?

D. Carlos.

Je ne l'ai jamais vu.

Mais j'amène avec moi des gens qui !c connoissent ; Et pai ses actions , telles qu'elles paroissent , Je crois, sans passion, qu'il peut être permis...

D. Juan.

K'cn dites point de mal , il est de mes amis,

D. Carlos.

Apres un tel aveu j'aurois tort d'en rien dire; Jlais lorsque mon honneur à la vengeance aspire. Maigre cette amitié , j'ose espérer de vous...

Je sais ce que se doit un si juste courroux ; Et , pour vous épargner des peines inutiles , Quels que soient vos desseins je les rendrai faciles. Si d'aimer D. Juan je ne puis m'empêcher. C'est sans avoir servi jamais à le cacher. D'un enlèvement, fait avecque trop d'audace. Vous demandez raison, il faut qu'il vous la fasse,

D. Carlos.

Et comment me la faire ?

D. Juan.

Il est homme de cœur ; Vous pouvez là-des5us consulter votre honneur, l'our scbaure avec vous, quand vous aurez su prendre l.elieu , l'heure et le jour, il viendia vous attendre. Vous répondre de lui , c'est vous en dire assez.

I). Carlos.

Cette assurance est doue; à des cœurs offensés.

C O xM E D I E. 7j

Mais je vous avoùiai que vous devant la vie , Je ne puis sans douleur vous voir de la partie.

D. Juan.

Une telle amitié nous a joints jusqu'ici , Que s'il se bat , il faut que je me batte aussi. Kotre union le veut.

D. Carlos.

Et c'est dont je soupire !

Faut-il, quand je vous dois le jour que je respire , Que j'aie à me venger, et qu'il vous soit permis D'aimer le plus mortel de tous mes ennemis J

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