D. CARLOS, D. JUAN
D. Carlos.
^yES voleurs par leur fuite , entassez fait conno'trc
Qu'où votre bras se montre on n'ose plus paroître;
Et je ne puis niti qu'à cet heureux secours.
Si je respire encor, je ne doive mes jours.
Ainsi, Monsieur, soufFreiqiie pour vous rendregrace..,
D. Juan.
î*ai fait ce que vojs iiîmc aiiric?. fait en ma place; tt prendre et pain contre leur 1 (licté Etoir plutôi devoir que çon.!rosit<5.
Mais d'où vous ctci-vous a.niii leut poursuite ?
D. Carlcs.
D Carlos.
le m'dtoîs , par malheur, écarté de ma suite ; Us m'ont rencontre seul ; et mon cheval tué A leur infâme audace a fort contribué.
Sans vous j'ctois perdu.
D. Juan.
Vous allez à la viUs ?
t). Carlos.
Non , certains intJrâs...
D. Juan.
Vous peut-on être utile î V), Carlos.
Cette offre met le comble à ce que je vous doi. Une affaire d'honneur, très-sensible pour moi. M'oblige dans ces lieux à tenir la campagne.
Je suis à vous , souffrez que je vous accompagne. Mais puis-je demander , sans me rendre indiscret , Quel outrage reçu...
D. Carlos.
Ce n'est plus un secret ; Et je ne do"s songer , dans le bruit de l'offense. Qu'à faire promptement éclater ma vengeance. Une sœur, qu'au couvent j'avois fait élever , Depuis quatre ou cinq jours s'est laissée enlever. Un D. Juan Giron est l'auteur de l'injure : lia pris cette route , au moins on m'en r.ssurc; Et je viens l'y chercher sur ce que j'en ai su.
£t le connoissez-Tous ?
D. Carlos.
Je ne l'ai jamais vu.
Mais j'amène avec moi des gens qui !c connoissent ; Et pai ses actions , telles qu'elles paroissent , Je crois, sans passion, qu'il peut être permis...
D. Juan.
K'cn dites point de mal , il est de mes amis,
D. Carlos.
Apres un tel aveu j'aurois tort d'en rien dire; Jlais lorsque mon honneur à la vengeance aspire. Maigre cette amitié , j'ose espérer de vous...
Je sais ce que se doit un si juste courroux ; Et , pour vous épargner des peines inutiles , Quels que soient vos desseins je les rendrai faciles. Si d'aimer D. Juan je ne puis m'empêcher. C'est sans avoir servi jamais à le cacher. D'un enlèvement, fait avecque trop d'audace. Vous demandez raison, il faut qu'il vous la fasse,
D. Carlos.
Et comment me la faire ?
D. Juan.
Il est homme de cœur ; Vous pouvez là-des5us consulter votre honneur, l'our scbaure avec vous, quand vous aurez su prendre l.elieu , l'heure et le jour, il viendia vous attendre. Vous répondre de lui , c'est vous en dire assez.
I). Carlos.
Cette assurance est doue; à des cœurs offensés.
C O xM E D I E. 7j
Mais je vous avoùiai que vous devant la vie , Je ne puis sans douleur vous voir de la partie.
D. Juan.
Une telle amitié nous a joints jusqu'ici , Que s'il se bat , il faut que je me batte aussi. Kotre union le veut.
D. Carlos.
Et c'est dont je soupire !
Faut-il, quand je vous dois le jour que je respire , Que j'aie à me venger, et qu'il vous soit permis D'aimer le plus mortel de tous mes ennemis J