‹ Le barreau moderne français et étrangerChapitre 16 sur 75 · L'AVOCAT MODERNE · texte numérisé non relu

L'AVOCAT MODERNE

Qu'importent les fâcheux pronostics et les alarmes qu'on se plaît à répandre? On a dit que le barreau était sur la pente d'une décadence prochaiQe, que les traditions s'y effacent peu à peu, que le courage et la fermeté y deviennent de plus en plus rares, et que la soif des faveurs et des emplois tend à y exercer de désastreux ravages. Ceux qui parlent ainsi nous paraissent être beaucoup trop préoccupés de désertions qui, grâce au ciel, sont isolées, et n'ont point acquis la faveur d'être érigées en exemple ou en règle. Quoi qu'on dise ou qu'on fasse pour le persuader, le honteux prurit de l'ambition et les défaillances n'ont point encore atteint l'institution dans ses forces réelles et vives ; le prestige de certains noms est loin de s'être affaibli, et le jour où une main habile et pieuse essayerait de recueillir les œuvres judiciaires des Berryer, des Dufaure, des Jules Favre et de tant d'autres illustres maîtres restés fidèles à leur mission et à leur foi, des Paillet et des Bethmont morts à la barre, mais tombés au milieu des sympathies publiques, l'étude de ces œuvres, qui ne périront point, on l'espère, démontrerait sans aucun doute que le barreau issu des temps parlementaires n'a point borné ses visées à une simple réforme de style dans la plaidoirie, et que, si l'avocat de nos jours pour parler bien s'est attaché à parler juste, il a compris en même temps que, pour être compté à

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sa véritable valeur, il avait un autre but à poursuivre, et que le talent n'est estimable et respecté que lorsqu'il s'allie à la fermeté des convictions et au profond sentiment de la liberté.

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