‹ Le Bas-Canada entre le moyen-âge et l'âge moderne [microforme]Chapitre 8 sur 9 · CONFÉRENCE PAR M. L'ARBÉ A. GINGRAS · texte numérisé non relu

CONFÉRENCE PAR M. L'ARBÉ A. GINGRAS

Cette conférence donnée sous les auspices de l’'Institut- Canadien au bénéfice de la Société de Saint-Vinceni ä6 Paul. par M. l'Abbé (tingras, a eu un grand succès. Dans un discours qui a duré deux heures, M. l'Abbé a développésa thèse avec un talent oratoire remarquable, une sûreté de doctrines, et une pureté de diction, que nous n'avons pas été les seuls à admirer. Il a établi une comparaison entre la société moderne et les principes de 89 qui en font la base, avec le moyen-âge que la mousse et la poussière recouvrent. Il a démontré, arguments en mains, que cette société moderne, avec 8e8 immortels principes, est un échafaudage de doctrines monstrueuses qui ne s’appuient sur aucunes bases solides, tandis que le moyen-âge tant calomnié n’a fait que consolider l'édifice social repo. sant sur la royauté du Christ en ce monde.

Le savant conférencier a eu des mouvements d’éloquence admirables, et l'auditoire ne lui a pas ménagé les applaudissements. Il a touché du doigt toutes les plaies qui envahissent la société actuelle, telles que la liberté de la presse, d'association et des cultes, le suffrage universel, ia séparation de l'Eglise avec l'Etat, le libéralisme-catho-. lique.

I1 nous a fait connaître quels ont été en France les principaux fauteurs de cette erreur sociale qui tend aussi à envahir le Canada. Il a été particulièrement heureux lorsqu'il a mis ses auditeurs en garde contre les funestes principes préconisés ici comme ailleurs.

M. l'Abbé Gingras s’est fait hier soir, une belle réputation comme conférencier, réputation qui cadre bien du

reste avec celle que nous lui connaissions déjà comme. littérateur et orateur.

D ee ee mA AT} 2 SR

suite as ans veune ous 1paqui t la ins; pes; ’apâge epo.

*élo-

6 les

laies 6. de rsel,

atho-.

prin- 188i à lorsprin-

putam du

Ja me

(Du Nouvelliste.)

Tous les journaux de Qué bec font de grands éloges de la conférence donnée à la salle Victoria par M. l'abbé Ap. Gingras.

Un auditoire aussi choisi que nombreux était accouru à

la salle Victoria pour entendre ce jeune et savant conférencier.

Nous n’entreprendrons point d'analyser le superbe travail de M. Gingras. Cette analyse, pour être irréprochabie, demanderait des développements que le format de notre feuille nous empêche de donner.

Ce que nous pouvons dire, c’est que M. l'abbé Gingras a touché d’une main de maître un sujet hérissé de difficultés

et qu'il a convaincu et intéressé à un égal d gré son auditoire.

Son parallèle des sociétés modernes avec la société du moyen-âge, sa défense du tribunal de l’Inquisition, son exposé des principes dé 89—principes qu’il réprouve de toutes les forces de son âme—sont autant de charmants et d’éloquents tableaux qui ont provoqué les applaudissements de la salle.

M. l'abbé Gingras nous éta it déjà connu pour un orateur distingué. Il s'exprime en eftet, avec une admirable facilité, et met beaucoup de chaleur dans sor débit.

Sa conférence d'hier soir fait honneur à son talent, et il y aurait ici ingratitude de notre part si nous ne félicitions l’{nstit it Canadien de nous avoir procuré le plaisir d’entendre une nouvelle voix aussi éloquente et convaincue que celle de M. Gingras.

La conférence a duré un peu plus de deux heures.

(Du Canadien.)

Nous avons entendu, hier soir, une conférence. L'auteur est un jeune prêtre, M. l’abbé Gingras. Il avait pour sujet : ‘ Le Canada entre le moyen âge et l’âge moderne.” Il aurait pu tout aussi bienintituler son ouvrage : la religion dans la politique. Car c’est cette question qu'il a abordée avec la hardiesse d’un prêtre catholique qui aime passionnément sa foi, et avec l'assurance d’un homme qui connaît l’histoire de l'Eglise.

M. Gingras a dit la vérité : peu ont ce courage à l'époque de faiblesse que nous traversons. Et il a été applaudi, applaudi à outrance par un auditoire peu habitué à entendre pareil langage. Tant est forte la vérité ! Ah! si au lieu de dépenser leur énergie dans de mesquines et bêtes intrigues, les hommes publics cherchaient leur puissance dans l’étude des vrais principes sur lesqu2ls reposent l’ordre et le bonheur des peuples, nous ne verrions pas cet abaissement des caractères, signe de plus en plus désolant de décadence.

Chaque jour nous entendons des gens qui nous disent : il n’y a pas d'opinion publique ! Comment veut-on qu'il v ait de l'opinion dans les multitudes quand ceux qui les dirigent rougiraient d'en avoir ? On ne moralise prs les peuples en les nourrissant de chicanes, d’invectives, de promesses, de duperies.

L’éloquent conférencier a frappé juste lorsqu'il a déclaré que les hommes politiques doivent étudier les principes de la politique chrétienne, les droits de l'Eglise, pour les faire respecter et triom;her dans la mesure du possible. Là est le mal, à un incroyable degré. L'ignorance sur ce point n’a presque päs'de limites. C'est honteux, c'est inconcevable, mais c'est vrai : les hommes politiques, règle géné-

st À nd tt but 7

nn ee Pp.

UE FR di

rale, ne possèdent pas le premier mot, n’ont pas la plus légère notion des droits de l'Eglise, des rapports de l'Eglise et de l'Etat Peuvent-ils servir l'Eglise ? Ils n’en connaissent ni l’histoire, ni la mission divine.

M. Gingras a démasqué avec autant de tact que de savoir les défenseurs les libertés modernes, les apôtres du libéralisme catholique. Le sujet était délicat, brûlant ; mais l’orateur, fort de sa thèse, fort de la vérité, fort de l'opinion des papes infaillibles, a déployé, dans cette partie de son discours, une hauteur de vues, une richesse de pensée et de diction qui a enlevé son auditoire.

Si la vérité était proclamée toujours avec ce courage, on verrait bientôt la politique chercher sa bâse ailleurs que dans les misérables expédients auxquels elle en est réduite. Que le Bas-Canada français soit avant; tout catholique, et il est assuré de garder son autonomie, de continuer sa marche.

Mais la tendance de trop de nos hommes publics est de gouverner à la mode moderne : pas de religion dans la politique ! A la tribune parlementaire, dans la presse, cette idée malsaine est couverte d’a pplaudissements. Nos cours de justice l’ont sanctionnée en p'açant sans gêne les décrets épiscopaux au nombre des délits punissables par la loi.

Nous sommes sur la pente fatale : nul doute pour ceux qui ont des yeux pour voir.

Le Cana dien ne cesse de proclamer les principes que M. Gingras a défendus hier avec un si éclatant succès. Nous sommes donc particulièrement heureux de féliciter le savant conférencier de son courage et de le remercier du bel exemple qu'il a donné. C'est ainsi qu’on parle quand on est catho:ique et que l’on n’a pas honte de l'être.

(Du Journal: de Québec.)

M. le curé de Saint-Edouard de Lotbinière, a donné hier au soir, à la salle Victoria, sous les auspices de l'Institut Canadien etau profit des pauvres, la coniérence que les journaux avaient annoncée depuis quelques jours et que ses nombreux amis de Québec attendaient avec une si légitime impatience. Nous pouvons dire de suite que leur attente n’a pas été déçue, car tous s'accordent à dire que M. l'abbé Gingras s’est surpassé lui-même et qu'il a pris sa place parmi nos conférenciers les plus distingués.

Nous restons dans les strictes limites de la vérité en disant qu’il a traité son sujet en maître, et nous n’avons qu'un regret, c’est de ne pouvoir apprécier comme il le mériterait un travail aussi remarquable et aussi étendu. Pendant environ deux heures, 1l a tenu son auditoire sous le charme de sa parole et de sa vaste érudition, r’élevant parfois à la véritable éloquence.

Il a fait une magnifique comparaison entre le moyen-âge et l’âge moderne, et a vengé noblement le premier, que des hommes préjugés ont appelé un âge de ténèbres, en rappelant les grandes choses qu'il a opérées en asseyant la société sur des assises solides. Il a fait aussi bonne justice des principes de 89 et des libertés modernes, que Rome a condamnées,

M. Gingras a terminé sa conférence en se demandant quelles étaient les destinées du Canada et s’il était exposé à être entraîné dans le courant irrésistible des innovations qui ont bouleversé la société moderne. Il a exprimé l'espoir que la providence, qui a protégé jusqu'ici le Canada, saura le prémunir contre l'envahissement des erreurs religieuses et politiques qui ont tant fait de mal à la belle France, notre ancienne mère-patrie. Il a donné d’excel-

Page 1