‹ Le bas-relief romain à représentations historiques;Chapitre 9 sur 33 · PI. VIII, XXVII, XXXVI · texte numérisé non relu

PI. VIII, XXVII, XXXVI

chements autour du camp ^ bâtissent des forteresses -, construisent des ponts ^ abattent des arbres'': travaux qui exigent l'effort, la tension des muscles, dans des attitudes très variées avec le va-et-vient et le désordre des travailleurs. Enfin, Barbares et Romains sont aux prises '^ ; toutes les énergies se déploient dans l'impétuosité de l'attaque ou le désarroi de la défaite ; c'est la mêlée confuse et indistincte. Mais de toutes façons, que les hommes se heurtent dans un choc ennemi ou soient tranquillement réunis pour une œuvre commune, c'est toujours la multitude serrée, entassée, qui nous est montrée, et, par l'entassement des figures, c'est l'illusion du grand nombre qui est atteinte ou du moins poursuivie.

Cette multitude se meut dans un certain milieu ; la scène a un cadre. Comme ses devanciers, le sculpteur de la colonne ne négligera ni le cadre ni le milieu. Plus que ses devanciers même, il développera l'élément pittoresque. Car, après le mouvement et la vie qui animent chacun des tableaux, ce qui frappe, c'est l'importance considérable donnée aux accessoires, architecture et paysage ; à la vérité des masses s'ajoute la vérité du décor ; le réalisme de la représentation en est accru d'autant. Toutes les constructions qui paraissent sur les basreliefs, — et elles sont nombreuses, depuis le simple retranchement élevé chaque soir après l'étape jusqu'aux villes ou forteresses solidement assises sur les montagnes, — révèlent la plus grande justesse d'observation. Traitées avec prédilection, elles sont traitées avec compétence : n'oublions pas qu'ApoUodore, le grand architecte, avait la haute main sur tous les travaux ; il est permis de reconnaître ici ses conseils et son expérience. Il avait suivi Trajan dans son expédition, noté toutes les particularités techniques ; il a donc pu nous rendre les maisons singulières des barbares, leurs huttes l)âties sur pilotis, la forme ronde de leurs tombeaux, les murs de leurs bourgs fait de pierre et de bois. Du côté romain nous contrôlons par les textes combien la représentation est exacte. Ces tourelles de pierre que nous y voyons disposées sur les bords d'un fleuve et communiquant entre elles avec des signaux de

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