‹ Le bâtard (volume 2)Chapitre 9 sur 14 · SCENE i · texte numérisé non relu

SCENE i

Voilà pourquoi je veux, tant mon cœur est épris, Triompher de cet ange et l'avoir à tout prix ! La divine créole! elle est douce et jolie Comme une Anglaise, au front plein de mélancolie; Et dans ce front si pur et si tranquille, on sent Qu'une flamme circule et bout avec le sang ! Mon brave Maxv^ell, la noble créature !... Les créoles 1 c'est bien la plus riche nature !

MAXWELL

Mais elle aurait encor de plus charmans appas Que t'en reviendrait-il ? — tu ne la connais pas !

LÉOPOL».

C'est pour cela, pardieu! queje veuxlaconnailrc!

MAXWliLL.

Mais quand lu la verrais encor par la fenêlre , Quand lu découvrirais sa demeure et son nom, Serais-tu beaucoup plus avancé? mon Dieu, non! Dans son âme, en trois jours, quel chemin peux-tufaire?

scôE 1. 505

C'est bien peu que trois jours pour une telle aflaireî

Je sais que ton regard sur les femmes répand

La fascination, comme l'œil du serpent;

^lais il faut plus de temps pour que le charme opère î

Cette fille, d'ailleurs, ne quitte pas son père.

LEOPOLD

Cet homme à cheveux gris qui lui donnait le bras, Tu crois que c'est le père?

iMAXWEI.L.

Oh! je n'en doute pas;

Ils se ressemblent fort.

LÉOPOLD

Que Satan le confonde!

Mais, bah! quand elle aurait tous les pères du monde, Aïeul et bisaïeul — qu'importe? J'ai trois jours !... Et les yeux des Argus ne veillent pas toujours. Si monseigneur le Diable était un galant homme, Il me dirait tout bas comment elle se nomme. Oh ! que je voie encor ce fantôme charmant ! Qu'il brille à mes regards, ne fut-ce qu'un moment!..; La Sylphide est à moi! — Mais repassera-t-elle ? Voilà pourquoi, mon cher^ je reste en sentinelle près de cette fenêtre.

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