SCÈNE PREMIÈRE
BOULOTTE, FAUCHEUX, puis JACQUELINE.
Au lever du rideau, Faucheux est près de la chaise de droite, et arrange In mèche d’un fouet. — Boulotte, A l'aide d'une longue pelle do Lois, est en train de retirer un poin du four.
BOULOTTE
Alt! v’ià déjà F pain rctirél... n’y a plus que T pâté!...
(Elle met la pelle contre le four, après en avoir retiré le pain, qu'elle va poser sur le bahut du fond.)
FAUCHEUX
Un pâté! quoi faire?
C’est votr’ femme qu’en a voulu un pour souper c’soir.
FAUCHEUX
Qué luxe!... on peut souper avec du fromage !
BOULOTTE, è part,
Est-y varicieux! (Elle reprend la pelle à four.)
FAUCHEUX
Enfin, puisqu’y y est...
BOULOTTE
J’ai envie d’ l’v laisser!... y s’ tiendra plus chaud ! (Elle
remet la pelle à four contre le mur.)
FAUCHEUX
Alors, ferin’ le four, (n a fini d’arranger la mèche de son fouet et le laisse contre la table.)
BOULOTTE
Oui, parrain. (Elle pousse, sur l'orifice du four, la petite porte de tAla qui le ferme.)
JACQUELINE, sortant de l’écurie.
Boulotte I
BOULOTTE
Me v’ià, m’ame Jacqu’Iine ! (Elle passe derrière Faucheux, qui gagne la gauche, et va n Jacqueline.*)
JACQUELINE
Tu vas m’aider à remplir les paniers d’ notr’ baudet... lu t* mettras en route, avec lui, pour aller vendr’ nos légum’s à Paris.
BOULOTTE
J’ Sis lOUt’ prête! (Elle remonte un peu la scène-*’)
FAUCHEUX
Non, Boulotte !... à c’ matin, ça n’ sera pas toi qui conduiras l’âne !
BOULOTTE
Qui donc, parrain ?
FAUCHEUX
Ca s’ra moi !
* Faucheux, Boulotte, Jacqueline.
** Faucheux, Jacqueline, Boulotte.
JACQUELINE
Quelle idée qui t’ prend donc, m’sieu Faucheux ? (Boulotte
« gagné la droite; Faucheux se trouve entre elle et Jacqueline.*) FAUCHEUX.
J’ vas t’ dire, Jaequ’line !... c’est à cause que noir’ baudet m’ donn’ du tintouin!... Nous n’ pouvons pas nous passer d’ lui, et j’ crains qu’y n’ tomb’ malade !
JACQUELINE et BOULOTTE.
Martin malade ?
FAUCHEUX
Oui !... et y faut que j’ le fasse inspecter par le vétérinaire !
JACQUELINE
Mais où as-tu vu qu’ Martin...
FAUCHEUX
Ded’puis queuqu’ temps, il est agité, c’ l’animal ! il a comm’ qui dirait des inquiétudes !
JACQUELINE
C’est plutôt toi qu’a des inquiétudes dans les jambes... Et tout ça... des prelêxes pour aller flâner à Paris !
FAUCHEUX
Air : Pour moi quelle chose terrible.
(Deux chiens de faïence.)
Moi, j’ n’aime pas que l’on m'ostine,...
Et j' partirai malgré tes cris !
JACQUELINE
Oui, loin d' moi, tu veux, je 1’ devine,
Aller bagu’ nauder à Paris !
PIVOINE, paraissant A la porto du fond, A part. Eh ! mais, ici l’on se chamaille !
Oh ! restez parrain !
FAUCHEUX
Non, laiss'-moi !
Je»J’ai dit, y faut que j’ m’en aille !
* Jacquelin#, Faucheux, Boulotte.
JACQUELINE
Non, non, je m’eramponne après toi !
(Jacqueline et Boulotte retiennent chacune Faucheux par un bras,} ENSEMBLE.
FAUCHEUX, roulant se dégager.
J* te T répète, la Jacqu’line,
J’ai besoin d'aller à Paris :
Moi, j’ n’aime pas que l’on m’ostim,
Et j’ partirai malgré tes cris!
PIVOINE
J’ le vois, 1’ bonhomme s’ostiiie A décamper malgré ses cris ;
Y veut, sans grand’ peine on l’ tlevino,
Aller bagu’ naudor à Paris.
JACQUELINE
Oui, loin d’ moi, tu veux, je 1’ devine.
Aller bagu’nauder à Paris !
Va, j’ sais c’ que ton esprit rumine,
Et j’ poux ben jeter les hauts cris !
BOULOTTE
Faut jamais qu'un mari s'ostine,
Quand son épous’ jett’ les hauts cris ;
Parrain , écoutez dam’ Jaequ’linc....
N'allez pas flâner à Paris !
I Pendant cet ensemble, Fnuclieuv n fuit Mcher prise à Jacqueline et à Boulotte.)