‹ Le Baudet perdu, paysannerie en un acteChapitre 4 sur 25 · I.E BAUDET PERDU · texte numérisé non relu

I.E BAUDET PERDU

FAUCHEUX

Et pis après ? Qué qu’ vous demandez !

PIVOINE

C’était pour savoir eus qu’y y a un coiffeur?

TOUS

Un coiffeur?

PIVOINE

Oui, j’ m’en vas à Paris et j’ voudrais m’ fair’ friser.

TOUS, riont.

Oh ! friser !

FAUCHEUX

Avec un’ tignass’ comm’ ça ?

PIVOINE

Tignass’!... n’empéch’ pas qu’v y en a plus d’un’ de cheux nous, et des heU’s iemm’s, ’ qui m’ont demandé des mèches... et que, si j’en avais coupé h chacun’ trétoutes,je s’rais chauve présent’ment !

JACQUELINE

Ah ! on vous d’ mande des mèches, monsieur!... (interrogativement.) Monsieur?

PIVOINE

Pivoine, que j’ m’appell’ !... Pivoine Bachelu... à cause qu'il y a les Pivoine Grivet, qu’ est une autr’ branche...

JACQUELINE

Vous trouv’rez un perruquier au bout d’ la ruelle... à CÔté du maréchal-ferrant. (Elle remonte un peu In scène pour lui faire son imiicntion.j

PIVOINE, i\ part.

Elle est ben bâtie, la fermière!... et des jolies couleurs !

FAUCHEUX

Ca fai l qu’ vous pourrez vous fair’ ferrer, par la môme occasion !...

PIVOINE, faisant une fausse sortie.

Merci ! on s’en va ! (Revenant. )Ah ! pardon ! n’y aurait-y pas une auberg’ dans l’endroit?

JACQUELINE

Non! y passe si peu d’ parsonn’s par ici !

PIVOINE

Tant pis! j’ sis si fatigué qu’ j’aurais voulu m’offrir un rafraichiss’ment !

JACQUELINE

Si c’ n’est qu’ ça ! Boulotte, donn’-l’y un verr’d’vin.

(Boulotte va au bahut, prend le broc et emplit un Terre. ) FAUCHEUX, À part

Du vin !

PIVOINE

Ben obligé, la fermière!... (a part.) Est-elle avenante I est-elle avenante !

BOULOTTE, lui donnant le verre qu’elle a empli,

Vlà ! ** (A part pendant que Pivoine boit) Il est bel llOmme ! FAUCHEUX, à part.

Y m’ sembl’ qu’un verr’ d’eau aurait suffi,!

PIVOINE, qui a bu.

Ah ! il est bon ! il est fichtrement bon ! (u donne le verre a B oulotte jui va le replacer sur le bahut.) Et, à présent, j' VOUS tir' mon Salut! (Fausse sortie.)

FAUCHEUX

Bon voyage !

PIVOINE, revenant.

Ah ! tiens, j’y pense !...

AUCHEUX.

C’est encor’ vous ?

PIVOINE

J’ai tant marché dans la poussière... r’gardez mon pantalon... vous n’ pourriez pas m’ prêter un’ bross’? FAUCHEUX, h part.

Y n’est point gêné !

JACQUELINE, ayant pris la brosse qui est sur le bahut T’nez, en v’ià une! (Elle la lui remet.) ***

PIVOINE, à part.

Est-elle avenante !... (n se brosse.)

FAUCHEUX

Ah ! mais vous m’ faites avaler des boisseaux d’ poussière ! (il tousse.)

* Boulotte, Jacqueline, Pivoine, Faucheux.

" Jacqueline, Boulotte, Pivoine, Faucheux.

Boulotte, Jacqueline, Pivoine, Faucheux.

PIVOINE, se brossent toujours.

Hein! j’en ai t’y! j’en ai t’y! Ah ! c’est que, moi, pour la propreté...

FAUCHEUX

C’est y fini ? (U tousse de nouveau.).

PIVOINE

V là qu est fait ?... (Il met le brosse dans sa poche et remonte la scène.) Et j’ pars... (Revenant après une fausse sortie.) VOUS ll’auriez pas un peu d’ cirage pour les souliers ?

FAUCHEUX

Du cirage?

PIVOINE

Du cirage à l’œuf !

FAUCHEUX

dieux nous, les poules ne pondent pas d’ cirage!...

pivoine .

Oh c’est qu’ moi, voyez-vous...

Air : En vérité je vous le dis.

J' sis connu pour ma propreté !

De d’ans la mar’, comme un’ grenouille, Tous les huit jours je m’ débarbouille !

J’ prends un bain un’ fois chaque été !

Mes bas sont t’nus par un’ ficelle..

Et, pour fair’ valoir ma beauté,

J’ liss’ mes ch’veux avec la chandelle !

J’ sis connu pour ma proprelé ! !

FAUCHEUX

Dit’s-donc, si vous vous en iriez, j’ sais quéqu’un qu’en s’rait ben aise ! **

PIVOINE

Qui ça ?

FAUCHEUX

Moi, donc !

PIVOINE

Vousdonc?... c’cst-y pour me renvoyer?

FAUCHEUX

Non; c’est pour qu’ vous vous en alliez!

PIVOINE

C’est bon ! (a port.) J’aim’ mieux sa femm’ qu’ lui !

FAUCHEUX, le conduisant ver» la porte.

Allons, en roule !

On s’en va! serviteur I (Fausse sortie.)

BOULOTTE, il part.

Il est bel homm’ !

FAUCHEUX, revenant en scène.

A la fin, je m’ senlais monter quéque chose dans 1’ nez ! *

PIVOINE, r<»paraissnnt.

Je n’ sais plus ous qu’est T coifteur !

JACQUELINE

Au bout.d’ la ruelle.

FAUCHEUX, prenant son fouet.

Ah ! t' n’es pas parti ! (il s'élance Jiour cingler Pivoine, qui se sauve, 'et lui parle ensuite au fond, il la cantonade, en agitant son fouet.) T’as qu’àr’venir... je n’ te dis qu’ça! (il revient en scène et remet son fouet en place.)

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