‹ Le Baudet perdu, paysannerie en un acteChapitre 8 sur 25 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, CHAFFAROU, en costume de garde champêtre, et ayant une gibecière pendue à sn gauche.

CHAFFAROU, entrant par le fond et en homme qui se pique de bien parler. »

Dame Jacqueline, je vous présente le tribut de mon hommage ! *

JACQUELINE

Ah ! c’est vous, Chaffarou ?

* Pivoine, Jacqueline, Chaffarou.

CHAFFAROU, à pnrt.

Tiens, une figure que je n’ai pas encore dévisagée... (bos à Jacqueline.) Dites-donc, m’ ame Jacqueline, est-ce un parent? JACQUELINE, bas à Chaffarou.

Non !

CHAFFAROU, de même.

Un cousin ?

JACQUELINE, de même.

Un garçon que j’ prends à mon service !

CHAFFAROU, h part.

Diable ! j’aurai l’œil !

JACQUELINE, haut.

Vous n’ savez pas c’qui nous arrive?

CHAFFAROU.

Faites excuse ! j’ai rencontré Boulotte, qui m’a narré la perle douloureuse qui vous affecte !

JACQUELINE

Oui, Chaffarou, Martin a pris la clé des champs !

PIVOINE

Martin est perdu !

CHAFFAROU.

Geci rentre dans le ressort de mes fonctions ! Je suis garde champêtre..., je dois secours et protection aux peuplades rustiques.... et je vous promets de repincer l’animal. .

PIVOINE, A part.

L’animal ! comme y trait’ le mari !

CHAFFAROU.

Je l'ai vu nombre de fois ! Je lui ai même passé la main sur le dos !

PIVOINE, à port.

Su’ 1’ dos ! au mari !

CHAFFAROU.

Néanmoins, il ne serait pas oiseux de m’octroyer son signalement, à l’effet que mes yeux ne fussent point la dupe d’une apparence fallacieuse !

JACQUELINE

C’«st-y son signal’ment qu’ vous voulez ?

CHAFFAROU.

Je le réclame, vu qu’il y a, comme on dit, plus d’un âne qui s’appelle Marlin !

JACQUELINE, riant.

C’est vrai !

PIVOINE, A port.

Un âne ! et la femm’ rit ! c’est bon !

CIIAFFAROU, s'asseyant sur la chais* qui est près du buffet.

J’ai, sur moi, ce qu’il faut pour les écritures, (il tire,

de sa gibecière, une espèce de garde-notes assez grossier, et on retire un crayon. ) Allez j’attends !... (n ouvre son garde-notes, qu’il pose sur ses genoux, et se met en devoir d’écrire.)

JACQUELINE, allant il lui.

Écrivez qu’il est gris !

PIVOINE, A pnrt.

Son mari s’adonne à la boisson !

CILAFF.VROU, écriront.

Je mets gris. Après?

JACQUELINE

L’orcill’ droite écorchée!

CIIAFFAROU.

Il s’est battu ?

JACQUELINE

Oui : il est méchant dos fois! #

PIVOINE, A part.

C’est donc ça que j’ lui trouvais un’ si mauvais’ figure !

CIIAFFAROU, achevant d’écrire.

L’oreille droite écorchée.... ça y est !

JACQUELINE

Il "a un sabot fendu !

PIVOINE, A pnrt.

Y n’s’aclièt’ mém’ pas d’ sabots !

CIIAFFAROU, ayant écrit.

Fendu ! est-ce tout?

JACQUELINE

Mettez encore qu’il a un’ raie noir’ tout 1’ long du dos !

PIVOINE, à part.

Oli ! oh ! si ell’ croit qu’oTS va lui ôter sa veste pour voir ! CIIAFFAROU.

Avez-vous d’autres signes instinctifs?

JACQUELINE

Non ! v’ià tout !

Chaffarou se lève et replace le crayon dons le pnrdo-noles, qu’il plonge ensuite nu fond de sn gibecière.

PIVOINE

Allez, ni 'a me la fermière, on n'aura pas besoin d’écrire mes signes, à moi.... je n’ m’ensauv’rai pas!

JACQUELINE , allant à Pivoine.

Tant mieux !.. .Mais vous arrivez d’loin: vous n’avez p -t’-étr 1 pas déjeuné ?

PIVOINE

C’est la vérité que j’ cass’rais ben un’ croûte ! JACQUELINE.

J veux pas vous voir mourir de faim dieux nous et i’vas vous préparer chose I (B,,.

l'inn de gauche.)

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