CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES DE MEDECINE
El chez l’AUTEUR, à l’Institution spéciale pour le traitement du bégaiement et de tous les vices de la parole et de la voix , rue des Vieilles-Tuileries, n* 4 6.
His utere mecum.
Horace.
Dans la plupart clés Traités cle matière médicale et de thérapeutique , publiés depuis plus d’un siècle, le Baume de Copahu est signalé comme un médicament très efficace dans tous les catarrhes des membranes muqueuses en général, et en particulier contre ceux du canal de l’urètre et de la vessie. L’application de cette substance balsamique n’est donc pas nouvelle, et c’est donc à tort que depuis quelques années plusieurs praticiens recommandables ont réclamé la priorité de cette prétendue découverte.
Parmi le grand nombre de médecins à qui la science est redevable d avoir constaté, par une foule d observations authentiques, les propriétés anticatharrales du Copahu, on distingue principalement : Fullcr, Hunier , Hoffmann , Gesner,
Pringle , Monro , Simon s j, Pis on , Tour ne fort , Ferrcin , facquin, Geoffroy , Desbois de Rochefort , Cul en, Schwédiaur *, Choppart , P alcnrengh, Chaussier , etc. , etc. ; MM. Muray , Ansiaux , Ribes , Delpech, Bretonneau , elpeau , Laroche , Guillou , etc., et plusieurs autres qu’il serait trop long de citer. Presque tous les médecins ont constaté les bons effets du Copahu dans les blennorrhagies et les catarrhes de la vessie , non accompagnés de symptômes inflammatoires tellement intenses, que l’indication la plus pressante soit de recourir d’abord à l’emploi de la saignée générale et locale , ou à d’autres moyens de la longue série des antiphlogistiques.
Les faits nombreux publiés par les praticiens distingués que' je viens de citer sont, je pense, bien capables de prouver que l’action stimulante de la substance balsamique dont on vient de parler se fait ï'emarquer d’une manière plus spéciale sur la membrane muqueuse de l’urètre, du vagin et de la vessie.
Administré à la dose de quelques gouttes , le Baume de Copahu augmente la chaleur animale et active la circulation. Il favorise l’excrétion des urines, augmente l’appétit, excite les fonctions de l’estomac et du tube digestif. Si, au contraire, on l’administre à une dose plus élevée, par exemple, depuis un gros jusqu’à une ou même deux onces,
il détermine une excitation générale très vive, accompagnée le plus souvent de coliques, de diarrhées et de vomissemens. La sécrétion de l’urine devient également plus abondante; les reins, le canal de l’urètre sont le siège de titillations désagréables et de douleurs plus ou moins vives; la chaleur qui se fait sentir dans tout l’appareil génito-urinaire annonce que l’action stimulante de ce médicament se porte plus particulièrement sur les organes qui le composent.
D’après les différens phénomènes dont je viens de donner une légère esquisse, il est facile de concevoir que, parmi les nombreux agens thérapeutiques employés pour arrêter les écoulemens
blennorrhagiques et leucorrhoïques!, le Baume de Copahu doit être rangé en première ligne , soit qu’on le prescrive au début de la maladie pour en arrêter les progrès, soit qu’on l’emploie après la cessation de tous les symptômes inflammatoires. Ce dernier mode d’administration, qui est encore le plus généralement mis en usage, était celui de Chopparl , Thederi , Hunier , Cul l crier A etc., etc.; l’autre, au contraire, qui^ consiste à donner le Copahu lors même que la blennorrhagie est trèsaiguë, nous est venu d’Amérique, et a été mis en pratique avec succès par MM. Ansiaux , Bibes , Delpech, et avant eux par Pison, Jacquin, Schwédiaur et plusieurs ^médecins anglais , qui ont éga-
lement obtenu d’heureux résultats et prouvé d’une manière incontestable l’efficacité de cette méthode. Ces célèbres praticiens, qui dans tous les degrés de la blennorrhagie ont prescrit le Copahu depuis un gros jusqu’à deux onces, n’ont pas peu contribué à diminuer l’idée exagérée que tous les médecins se faisaient de l’activité de ce médicament, d’autant plus précieux qu’il semble avoir une vertu spécifique propre à changer le mode d’irritation de toutes les membranes muqueuses, principalement celui qui, dans la blennorrhagie, existe dans la muqueuse du canal de l’urètre.
Mais cette substance balsamique, dont je viens d’énumérer les principales propriétés, est cependant moins employée qu’elle mérite de l’être , parce qu’à ses nombreux avantages se joint l’inconvénient d’étre d’une consistance oléagineuse, d’avoir une odeur si forte et si désagréable, et une saveur si âcre, si nauséabonde et si tenace à la gorge, que presque tous les malades éprouvent une répugnance invincible à s’en servir, et que, pour en rendre l’emploi plus facile et moins clégoiâtant, plusieurs médecins distingués, au nombre desquels se trouvent Choppart , Cullener , MM. liibes , Delpech, Alibert , Lisfranc , Bretonneau,Velpeau, ont prescrit cet agent thérapeutique sous diverses formes, et l’ont administré par diverses voies. M. Salé , pharmacien à Paris, a mieux ré-
solu le problème que les savans praticiens que je viens de citer, puisque, par un procédé qu’il ne veut pas faire connaître, il est parvenu à ôter presque entièrement Fodeur duCopaliu, quoique la saveur restât la meme , ce qui rendait l’emploi . de ce médicament presque aussi désagréable que si on l’avait pris pur et dans son état naturel.
Tous les divers modes d’administration mis en usage jusqu’à ce jour n’ont donc que très -‘imparfaitement rempli le but que s’étaient proposé leurs auteurs , puisqu’ils avaient tous plus ou moins , non seulement le double inconvénient de très-peu diminuer la répugnance des malades, mais encore d’affaiblir l’action du Copahu en augmentant la masse de la préparation pharmaceutique. De là l’inefficacité d’un remède précieux... , les lenteurs de la guérison... , les écoulemens devenus chroniques et intarissables ! !
» C’est pour parer autant que possible aux inconvéniens que je viens de signaler , et par conséquent pour rendre plus général et plus sûr l’usage d’un médicament aussi éminemment efficace , que j’ai cherché à lui ôter d’abord sa saveur et son odeur repoussante, et à l’administrer ensuite sous la forme de dragées, que l’on peut garder long-temps dans la bouche sans sentir une autre saveur que celle du sucre aromatisé, dont sont composées les pastilles de menthe.
Avant, de faire connaître la manière de faire usage de mes dragées balsamiques , et d’indiquer jusqu’à quelle dose elles peuvent être prises, je crois devoir soumettre à mes lecteurs plusieurs observations authentiques, attestant les bons résultats qui ont été obtenus, soit par moi, soit pâr plusieurs médecins distingués qui les ont également prescrites. MlVI. Enault, H orner et Arnaud sont de ce nombre.
PREMIÈRE observation.
Piërre Chev..., ouvrier maçon, âgé de 24 ans, contracta une blennorrhagie très-inflammatoire qtli le fit admettre à l’hôpital des vénériens dans le service de M. Cullerier. Après quarante-cinq jours de traitement, il sortit comme étant complètement guéri, mais l’écoulement, qui avait été momentanément supprimé, reparut sans occaàioiler de douleur; Pierre Chev».. , qui avait cessé l’Usage d’ün süspensoir, se trouva , après Une de travail pénible, tout -à-coup affecté d’un testicüle Vénérien très-douloureux qui avait été le résultât de la suppréssion complète de son h'ôuVèl ‘écoulement. Après sa sortie de l’hôpital,
' fPïerre Ch... , qui m’âVait été adressé par M. Cullérier , pour le traiter d’un bégaiement pénible’* dont il était affecté, me consulta également sur
journée