SEPTIÈME OBSERVATION
M. B***, employé au ministère de ****, m’ayant consulté pour une blennorrhagie aiguë, je pres^ crivis l’emploi d’un suspensoir, le repos , la diète, l’usage des bains , une tisane de clienevis nitrée, deux pilules calmantes camphrées par jour, enfin toute la série des principaux moyens que nous offre la thérapeutique; après huit jours , tous les symptômes inflammatoires s’étant dissipés, je fis iprendre mes dragées anti-blennorrhagiques , qui arrêtèrent l’écoulement en trois jours; j’en fis continuer l’usage jusqu’au douzième jour, pour j prévenir la récidive de la maladie.
Je pourrais joindre ici plusieurs autres observations de blennorrhagies , et plusieurs cas de i fleurs b|anches rebelles , traitées avec succès au rmoyen de mes dragées , soit par moi, soit par plusieurs praticiens distingués, entre autres MM. les (docteurs Enault , médecin du conseil sanitaire ( lu ioR arrondissement, Arnaud , chirurgien-maj jor du 2e bataillon de la 10e légion, H orner , (Bassajet , etc.; mais j’ai cru devoir me contenter < le les indiquer, pour ne pas trop prolonger ce i mémoire sans le rendre plus intéressant, parce que les observations que je passe sous silence l’offrent rien de particulier et sont dans la catégorie ordinaire.
Mes dragées balsamiques, telles qu’elles sont préparées par M. Corriol , pharmacien, rue de Sèvres , n° 2, agissent aussi énergiquement que le Copahu pris pur; mais, comme cette substance, elles ne déterminent pas des sentimens de pesanteur dans l’estomac, des troubles dans la digestion , des coliques , la diarrhée , etc. , etc. ; elles sont plutôt calmantes qu’excitantes , et peuvent être prises par les personnes faibles et qui seraient même affectées d’une légère inflammation des organes digestifs. Enfin elles offrent tous les avantages du Copahii , sans en avoir les inconvéniens , et peuvent , ainsi que lui , être employées avec succès dans tous les catarrhes chroniques des membranes muqueuses, en particulier dans les blennorrhagies chez l’homme et chez la femme; dans les leucorrhées ou fleurs blanches, qui sont si fréquentes et si rebelles, dans les catarrhes des membranes bronchiques , sans symptômes inflammatoires, mais accompagnés de crachats visqueux et abondans. Si un agent thérapeutique aussi efficace et aussi précieux n’a pas été plus souvent employé dans ces diverses affections , c’est que les malades ne pouvaient en faire usage sans éprouver une répugnance presque toujours insurmontable.
Dans les cas les plus ordinaires de blennorrhagies chez les deux sexes, la dose des dragées
balsamiques est de dix-huit par jour, six le matin à jeun, six dans le milieu du jour, et six le soir avant de se coucher. Le nombre peut être augmenté jusqu’à trente et même quarante, prises en trois fois dans la journée ; mais il faut dans tous les cas que tous les symptômes inflammatoires aient disparu ; c’est surtout pour cette raison que les malades ne doivent jamais en faire usage, sans avoir les avis préliminaires d’un médecin éclairé qui puisse décider de l’opportunité de leur emploi.
Pour les fleurs blanches , je me contente d’en prescrire douze par jour en trois fois, auxquelles je joins l’usage d’injections vaginales faites avec du chlorure d’oxide de sodium étendu d’eau , ainsi que des boissons amères ou martiales et un régime tonique. Cette méthode curative m’a toujours offert des résultats d’autant plus heureux , que souvent les autres moyens avaient échoué.
Un sujet de cette nature demandait sans doute de plus grands développemens; mais si aujourd’hui je m’en abstiens , c’est volontairement que je le fais , étant dans l’intention de revenir sur cette matière, et de publier avec plus de détails toutes les observations et les recherches que j’aurai faites. J’ai cru également , avant de faire connaître les moyens que j’emploie pour ôter la saveur et l’odeur du Copahu, ainsi que la préparation et
la composition des dragées balsamiques , j’ai cru, dis-je , devoir attendre les rapports qui seront laits aux Académies des science et de médecine. Si avant cette époque j’ai publié ce mémoire, c’est seulement pour faire connaître les résultats que j ai obtenus, et pour engager les praticiens qui amont a employer le Baume de Copahu à le prescrire d’après ma méthode. Trop heureux si j’obtiens leur approbation, et si leurs succès viennent encore confirmer la c onviction où je suis, que c’est être iltile à l’humanité que de généraliser et de rendre plus facile 1 emploi d’un médicament précieux, en diminuant autant que possible la répugnance souvent invincible qu’il inspire à la plupart des malades. Puissent mes intentions être bien jugées et ce faible travail obtenir les suffrages de mes lecteurs!