DIDIER, YVONNE
DIDIER. — Bonjour Yvonne... Je ne suie pas ea retard ?
Il 1 embrasse.
YvoT''NE, très froide. — Non... non.
Qu'apportez-vous là?
DIDIER. — Quelques volumes... Si vou3 aimez lire en r.uite...
YVONNE. — Oui, c'est une bonne idée .
DIDIER. — Et sans me vanter, je crois que j<? les ai assez bien choisis...
YVONNE, indifférenti'. — Ah i
DIDIER. — De circonstance, en tout cas. (7Z défait le paqui-t (f lit les titres.) Vive l'amour.'... l'iu folle maîtresse.'... Tes lèvre.^f... Ma Passion! Cœur de femme!... Femme de rœur!...
YVONNE. — 11 y en a encore beaucoup comme ça ?
DIDIER. — Non; le reste, c'est les Troi.t Mousquetaires.
YVONNE. — Alors, vous pouvez rendre ceux-là, mon ami ; je garderai les Trois Alou..s(j7t flaires.
DIDIER, finement. — Si le qiiatarième vous en laisse le temps.
vvo.N'NE. — Très drôle.
DIDIER. — Seriez-vous de méchante humeur aujourd'hui?
YVONNE. — Du tout... Mais, les jours de départ, on est toujoui-s un peu énervée. Vos bagages sont prêts?
DIDIER. — Oui... oui... tout est terminé... je n'ai plus qu'à prendre nos billets.
YVONNE. — Tenez, vondriez-vous me passer l'indicateur? Merci. (Elle s'assied et font en tournant les pages.) VoiiB n'avez dit à personne que vous partiez avec moi, n'est-ce pas?
DIDIER. — Non, non : je ne me le suis dit qu'à moi-même, et encore je n'ai pas voulu le croire.
YVONNE. — C'est très bien ainsi.
Voyons vm peu... Vous powves v«niT votLs asseoir à côté de moi. (Il s'ussied.) C'est
cela, prenez-moi par la taille ei cela vous fait plaisir! Ouest... Ouest... Nord...
DIDIER. — Enfin!... enfin!... je vais donc pouvoir l'avoir à moi seul... bien à moi pendant quelques jours!...
YVONNE. — Dieu que c'est bête, ces indicateurs... on ne trouve jamais ce qu'on veut... C'est vrai que je ne sais pas ce que je cherche.
DIDIER. — Cejjendant, je serais curieux de savoir...
YVONNE. — Ah! P.-L.-M!... Beaulieu... Beaulieu... voilà!... Cela vous va-t-il Beaulieu?
DIDIER. — Mais oui... tout me va.
YVONNE. — H y a un train à huit heures.
DIDIER, en la serrant de plus près. — Ma chère Yvonne J...
YVONNE. — Aurons-nous des sleeping?...
DIDIER. — Ma chère Yvonne...
YVONNE. — Oh ! oui, à cette époque-ci il n'y a pas encore grand monde.
DIDIER. — Et pourtant... je ne sais si je me trompe-.
YVONNE, en se levant. — Alors, je voudrais que vous voue occupiez tout de suite de tout cela; puis, comme je ne veux pas qu'on sache oii je vais.. . que vous fassiez prendre mes bagages par votre domestique. D'ici une demi-heure.
Nous nous retrouverons à la gare à sept heures et demie. C'est compris?
mr'ïs. — C'est compris (..4 Thérèse qui 'utre.) Tiens, comment allez-vous?