PIQUE UN DE CES GALOPS I
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L'Age d'Aimer
MAvnicE. — Regarde-moi un peu.
GENKvikvE. — Qu'est-ce que j'ai?
MAURICE. — Tu t'es ennuyée sans moi?
GENEVIÈVE. — Si je te disais non, tu ne le croirais pas.
MAURICE. — Alors, fais-moi de bons yeux.
GENEVIÈVE. — Ils ont l'air méchant?
MAURICE. — Et embrasee-iDoi... remarque que c'est toujours toi qui me le domardcs la. première... aujourd'hui je t'ai devancée. {Elle l'embrasse.) Tu as les lèvres brûlantes.
GENEVir;vE. — Non, mon chéri, c'est toi qui as chaiid, alors, tu t' imaginée...
MAURICE. — Qu'est-ce que tu as fait, aujourd'hui ?...
GENEVIÈVE. — J'ai bavardé avec Isabelle, j'ai lu et j'ai répondu à Hélène.
M.\URICE. — Elle t'a écrit? Qu'est-ce qu'elle raconte?
GENEVIÈVE. — Des choses pas gaies.
MAURICE. — Mais encore?
GENEVIÈVE. — Armand continue à la tromper, elle continue à souffrir : comme tu le vois, sa vie n'a pas changé.
MAURICE. — Pourquoi ne le quitte-telle pas une bonne fois?
GENEVIEVE. — Tu en parles à ton aise.
MAURICE. — Pourquoi?
GENEVIÈVE. — Elle ne peut pas.
MAURICE. — La raison 'i
GENEVIÈVE. — Elle l'aime, mon chéri.
MAURICE. — A ce point?
GENEVIÈVE. — Oui, à ce point ! Cela t' étonne, hein?
MAURICE. — Oui... et non. Alors, si je te trompais, moi, tu me quitterais?
GENEVIÈVE. — Tout de suite.
MAURICE. — Donc, tu m'aimes moins?
GENEVIÈVE. — Je t'aime peut-être davantage, mais pas de la même façon...
(En s'efforçant de rire.) D'ailleurs, qu'est -re que je risque de te répondre cela? Tu es mon amant à moi, tu m'aimes, je t'adore, je suis sûre que tu ne m'as jamais trompée et je suis encore assez folle pour m'imaginer que tu ne me tromperas i)as.
MAURICE. — Tu n'es pas folle du tout, tu sais très bien ce que tu dis !
GENEVIÈVE, avec un bon sourire. — Alors, écoute mon chéri?
MAURICE. — Oh! ce sourire-là m'indique clairement que tu vas me demander quelque chose.
GENEVIÈVE, de même. — Oui.
MAURICE. — Eh bien ! Parle.
GENEVIÈVE. — Septembre approche...
MAURICE. — Je te vois venir...
GENEVIÈVE. — Ces dcux mois passée avec nc-s amis m'ont paru tout à fait charmants... néanmoins, je voudrais un peu t'avoir à moi seule... et si tu voulais, nous ferions un petit voyage de quinze jours seulement.
MAURICE. — Pour aller où, grand Dieu?
GENEVIÈVE. — En Suisse, par exemple ! Je ..y ai jamais été!
MAURICE. — Tu n'as jamais été en Suisse ?
GENEVIÈVE. — Jamais!
MAURICE. — Oh! c'était merveilleuxl
GENEVIÈVE. — Pourquoi, c'était?...
La Suisse n'existe plue,
MAURICE
mon chéri.
GENEVIÈVE
plus?
MAURICE
y avait des
Comment, elle n'existe
gnes et encore des montagnes
Aujourd'hui, il n'y en
- Mais non... avant, il
montagnes, des monta-
Aujour-
d'hui...
GENEVIÈVE
a plus ?
MAURICE. — Non... c'est simplement pour te faire comprendre qu'il y a tant d'hôtels, tant de pensions, tant de gargotes, tant de touristes, tant de guides...
GENEVIÈVE. — Allons ailleurs... pourvu que nous soyons tous les deux, le pays m'est égal.
MAURICE. — On est si bien ici.
GENEVIÈVE, gentiment. — Ce sera comme tu voudras.
MAURICE. — Cela ne te fâche pas?
GENEVIÈVE, de même. — Mais non...
reste un peu plus souvent avec moi, c'est tout ce que je te demande.
MAURICE. — Pour commencer : demain pas de cheval. Et nous irons nous promener tous les deux:.
GENEVIÈVE. — Tu es gentil. (Apercevant, sortant de la poche de Maurice, un petit bout de chaîne en or.) Qu'est-ce qui dépasse de ta poche?
MAURICE. — Oh donc?
GENEVIÈVE. — Là.
MAURICE. — Tiens! j'ai oublié de la lui rendre. C'est la petite chaîne de Colette et le médaillon que tu lui ae don; nés. Elle s'est brisée... Alors elle m'a
prié...
GENEVIÈVE. — Comment a-telle fait son compte? elle était à cheval.
MAURICE. — Ma foi, je ne sais pas.
J'»i Djême le petit anneau dans mon
m'écris qu'il y a un mois déjà que nous nous sommes aimés... pour la première fois, et tu m'envoies des fleurs... Ta lettre suffisait. »
HÂDEICE
C'est la petite chaîne de Colette.
portefeuille. (// le tire de sa poche.) Tiens, tu vois. (// le lui montre.) Et ça, eais-tu ce que c'est?
GENEVIÈVE. Non.
MAURICE. — C'est la première lettre que tu m'as écrite... Je l'ai toujours sur moi.
GENEVIÈVE. — Montre-la. {Elle lit.) i Mou cher amour ; Aujourd'hui tu
Un long silence Au fur et à mesure qu'elle la parcourt, sa physionomie change. On devine qu'elle se retient de toutes ses forces pour ne pas pleurer. Maurice, tout près d'elle, penché sur son épaule, lit en même temps, le sourire sur les lèvres.
M.iURiCE. — Elle est exquise, mon chéri. {Oh entend au loin la voix de Bdlencontre. En lui reprenant la lettre et
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L'Age d'Aimer
/an,< s'être, aperçu, de rien.) Ah! voilà Bellencontre.
Il remonte.