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LES DEUX COUSINS

ou LETTRE d'uN PETIT ROI A UN PETIT DUC

Air : Ah! daignez ra épargner le reste.

Salut! petit cousin germain (1); D'un lieu d'exil j'ose t'écrire.

La fortune te tend la main ; Ta naissance l'a fait sourire.

(l) Le roi de Rome, par sa mère, fille d'une princesse de Naples, était cousin des Bourbons de France, et issu de germain avec le duc de Bordeaux.

28 BÉRAXGER

Mon premier jour aussi fat beau :

Point de Français qui n'en convienne.

Les rois m'adoraient au berceau (bis.) Et cependant je suis à Vienne! (bis.)

Je fus bercé par tes faiseurs De vers, de chansons, de poèmes; Ils sont, comme les confiseurs, Partisans de tous les baptêmes.

Les eaux d'un fleuve bien mondain Vont laver ton âme chrétienne :

On m'offrit de l'eau du Jourdain; Et cependant je suis à Vienne!

Ces juges, ces pairs avilis,

Qui le prédisent des merveilles,

De mon temps juraient que les lis

Seraient le butin des abeilles.

Parmi les nobles détracteurs

De toute vertu plébéienne,

Ml nourrice avait des flatteurs;

Et cependant je suis à Vienne!

Sur des lauriers je me couchais :

La pourpre seule t'environne.

Des sceptres étaient mes hochets; Mon bourlet fut une couronne.

Méchant bourlet, puisqu'un faux pas Même au Saint-Père ôtait la sienne.

Mais j'avais pour moi nos prélats; Et cependant je suis à Vienne !

Quant aux maréchaux, je crois peu

Que du monde ils t'ouvrent l'entrée;

Ils préfèrent au cordon bleu,

De l'honneur l'étoile sacrée.

Mon père à leur beau dévouement

Livra sa fortune et la mienne.

Ils auront tenu leur serment;

Et cependant je suis à Vienne! ' ;

Près du trône si lu grandis, Si je végète sans puissance.

Confonds ces courtisans maudits, En leur rappelant ma naissance.

Dis-leur : « Je puis avoir mon tour; «De mon cousin qu'il vous souvienne.

« Vous lui promettiez votre amour (bis); « Et cependant il est à Vienne! » (bis.)

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