‹ Le Béranger des écolesChapitre 44 sur 89 · LE VIEUX VAGABOND · texte numérisé non relu

LE VIEUX VAGABOND

x\iR : Guide mes pas, ô Providence (des Deux Journées).

J'ai hésité un moment à faire entrer cette chanson dans notre anthologie. Je trouve, dans le personnage, une amertume qui va jusqu'à l'injustice, et dans le poète, une compassion qui va jusqu'à une indulgence coupable.

Deux raisons m'ont décidé à l'admettre. D"abord sa puissance d'exécution. Nulle part Béranger ne s'est montré plus vraiment poète, plus profond et plus humain.

Puis, je vois là une nouvelle preuve de cette prévision lyrique qui le rend digne du nom donné au poète dans l'antiquité, Vates. Ce vieux vagabond, qui accuse la société de sa misère sans penser à s'accuser lui-même, et qui se laisse mourir de faim par vengeance, n'est-il pas bien l'ancêtre de nos socialistes d'aujourd'hui? Seulement, lui, il meurt; eux ils tuent.

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