‹ Le Béranger des écolesChapitre 48 sur 89 · LES BOHÉMIENS · texte numérisé non relu

LES BOHÉMIENS

Air : Mon pèv m'a donné un mari.

Sorciers, bateleurs ou filous,

Reste immonde

D'un ancien monde; Sorciers, bateleurs ou filous, Gais bohémiens, d'où venez-vous?

D'où nous venons? l'on n'en sait rien.

L'hirondelle D'où vous vient-elle?

D'où nous venons? l'on n'en sait rien; Où nous irons, le sait-on bien?

Trouvons-nous Plutus en chemin :

Notre bande Gaiement demande; Trouvons-nous Plutus en chemin, En chantant nous tendons la main.

Pauvres oiseaux que Dieu bénit, De la ville Qu'on nous exile; Pauvres oiseaux que Dieu bénit, Au fond des bois i^end notre nid.

Ton œil ne peul se détacher, Philosophe De mince étoffe; Ton œil ne peut se détacher Du vieux coq de ton vieux clocher.

Voir, c'est avoir. Allons courir!

Vie errante Est chose enivrante. Voir, c'est avoir. Allons courir!

Car tout voir, c'est tout conquérir.

Mais à l'homme on crie en tout lieu, Qu'il s'agite.

Ou croupisse au gîte; Mais à l'homme on crie en tout Heu :

« Tu nais, bonjour; tu meurs, adieu! »

Quand nous mourons, vieux ou bambin, Homme ou femme, A Dieu soit notre âme!

Quand nous mourons, vieux ou bambin, On vend le corps au carabin.

Nous n'avons donc, exempts d'orgueil, De lois vaines, De lourdes chaînes; Nous n'avons donc, exempts d'orgueil.

Ni berceau," ni toit, ni cercueil.

Mais, croyez-en notre gaieté, Noble ou prêtre, Valet ou maître ; Mais, croyez-en notre gaieté, Le bonheur, c'est la liberté.

Oui, croyez-en notre gaieté,

Noble ou prêtre,

Valet ou maître.

Oui, croyez-en notre gaieté,

Le bonheur, c'est la liberté.

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