‹ Le Béranger des famillesChapitre 112 sur 127 · VII LE OU JAI PASSÉ UNE PARTIE DE MA JEUNESSE DE 1790 A · texte numérisé non relu

VII LE OU JAI PASSÉ UNE PARTIE DE MA JEUNESSE DE 1790 A

Air de la ronde des Comédiens.

Lieux où jadis m*a bercé PEspérance, Je vous revois à plus de cinquante ans. On rajeunit aux souvenirs d'enfance , Comme on renaît au souffle du printemps.

Salut à vous, amis de mon jeune acre!

Salut, parents que mon amour bénit!

Grâce à vos soins, ici, pendant l'orage, Pauvre oiselet, j'ai pu trouver un nid.

Je veux revoir jusqu'à l'étroite geôle Où, près de nièce aux frais et doux appas, Régnait sur nous le vieux maître d'école, Fier d'enseigner ce qu'il ne savait pas.

J'ai fait ici plus d'un apprentissage, A la paresse, hélas! toujours enclin.

Mais je me crus des droits au nom de sage, Lorsqu'on m'apprit le métier de Franklin.

C'était à l'âge où naît l'amitié franche , Sol que fleurit un matin plein d'espoir. Un arbre y croit dont souvent une branche Nous sert d'appui pour marcher jusqu'au soir.

Lieux où jadis m'a bercé l'Espérance, Je vous revois à plus de cinquante ans. On rajeunit aux souvenirs d'enfance, Comme on renaît au souffle du printemps.

C'est dans ces murs qu'en des jours de défaites De l'ennemi j'écoutais le canon.

Ici ma voix, mêlée aux chants des fêtes, De la patrie a bégayé le nom.

Ame rêveuse aux ailes de colombe, De mes sabots là j'oubliais le poids.

Du ciel, ici, sur moi la foudre tombe Et m'apprivoise avec celle des rois l.

Contre le sort ma raison s'est armée

Sous l'humble toit, et vient aux mêmes lieux

Narguer la gloire, inconstante fumée

Qui tire aussi des larmes de nos yeux.

Amis, parents, témoins de mon aurore, Objets d'un culte avec le temps accru, Oui, mon berceau me semble doux encore, Et la berceuse a pourtant disparu.

* Dans la chanson du Tailleur et la Fée, l'auteur a déjà eu occasion de dire qu'à l'âge de douze ans il fut frappé du tonnerre. Sa vie fut plusieurs jours en danger, et il faillit perdre la vue. (Xote de Déranger.)

Lieux où jadis m'a bercé l'Espérance , Je vous revois à plus de cinquante ans. On rajeunit aux souvenirs d'enfance, Comme on renaît au souffle du printemps.

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