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SERGENT AUX CHASSEURS D'AFRIQUE

Publié le 3 mars 18+7

Ajr : Madelon s'en fut à Rome, tonderontaine, tonderonton.

Notre coq, d'humeur active, Las d'Alger, s'écrie : Il faut Que jusqu'au bon Dieu j'arrive, Pour voir s'il s'endort là-haut.

J'ai réponse atout qui-vive.

Co, co, coquérico.

France , remets ton shako Coquérico, coquérico.

Oui, jusqu'au ciel je m'envole, Sans permis des généraux.

Heureux, si mon chant racole Des âmes de vieux héros.

De leur gloire je raffole.

Co, co, coquérico.

France , remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Que ces étoiles sont belles !

Et les cieux, comme ils sont grands !

Ces planètes seraient-elles Un bon mets de conquérants !

Qu'à nos gens poussent des ailes!

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako Coquérico, coquérico.

Dans Vénus j'entre à la brune ; Mars m'attire à ses tambours.

Chez Mercure , la Fortune Gave butors * et vautours.

Que d'avocats dans la lune !

Co, co, coquérico , France , remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Du soleil je fends la voûte.

Dieu ! l'Empereur m'apparait !

Tu veux un guide , sans doute ; Tiens, dit-il, mon aigle est prêt.

Du ciel il connaît la route.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Nous partons , et , dans nos traites , L'aigle se plaît à conter Batailles, sièges, retraites, Si bien que, pour l'écouter, S'arrêtent plusieurs comètes.

• Butor, oiseau de proie. [Jïote de Béranger.)

Co, co, coquérico. France , remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Vient un parfum qui nous flatte :

Au Paradis nous voilà, Dit l'aigle; à la porte gratte; Mon père, quittons-nous là.

Adieu, serrons -nous la patte.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako , Coquérico, coquérico.

Qui fume à cette fenêtre?

C'est saint Pierre. Il me dit : Coq,

Aucun des tiens ne pénètre

Chez nous que pour pendre au croc.

Vos chants m'ont trop fait connaître.

Co, co, coquérico.

France , remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Passe un ange qui raconte Le refus du vieux commis.

Cours , dit le bon Dieu; qu'il monte, Ce coq est de mes amis.

J'entre, et Pierre en meurt de honte.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Mange et bois dans mon aiguière, Dit le bon Dieu, fort à point

— Ça! parmi vos gens de guerre, De moi ne médit-on point ?

— A vous ils ne pensent guère. Go, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Mais quoi! le bon Dieu se fâche I

— Coq, ne désertes-tu pas?

— Corbleu! suis-je donc un lâche

— Non ; mais retourne là-bas :

Tu n'as point fini ta tâche.

Co, co, coquérico.

France , remets ton shako , Coquérico, coquérico.

Sous le drapeau tricolore Va réchauffer cœurs et bras De vous j'ai besoin encore.

Coq, bientôt tu chanteras Le réveil avant l'aurore.

Co , co, coquérico.

France , remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

L'oiseau, prompt comme la foudrp, Rentre au quartier général , Disant : L'on en va découdre; Dieu fait seller son cheval ; Les anges font de la poudre.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako Coquérico, coquérico.

SM LE BÊRANGER

De ce récit véridique , C'est moi, Jacques Dubuisson, Sergent aux chasseurs d'Afrique, Qui composai la chanson.

Apprenez-en la musique.

Co, co, coquérico. France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

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