‹ Le Béranger des famillesChapitre 21 sur 127 · BOUQUET · texte numérisé non relu

BOUQUET

A UNE DAME ÂGÉE DE SOIXANTE-DIX ANS LB JOUR Dli BAIMTB-MABGCERTTB

Air : La Catacoua.

Laissons la musique nouvelle Notre amie est du bon vieux temps.

Sur un air aussi simple qu'elle Chantons des couplets bien chantants.

L'esprit du jour a son mérite, Mais c'est surtout lui que je crains :

Ses traits si fins

He semblent vains; Pour les entendre il faudrait dos devins. Amis , chantons à Marguerite De vieux airs et de gais refrains.

Elle a chanté dans sa jeunesse Ces couplets comme on n'en fait plus, Où Favart ' peignait la tendresse , Où Panard fron lait les abus.

Contre l'humeur qui nous irrite, Quels antidotes souverains !

Leurs vers badins , Francs et malins , Aux moins joyeux faisaient battre des mains. Ah ! rappelons à Marguerite Leurs vieux airs et leurs gais refrains.

C'est un charme que la mémoire :

On se répète jeune ou vieux.

Les refrains forment notre histoire, Il faut tâcher qu'ils soient joyeux.

Amusons le temps qui trop vite Entraîne les pauvres humains ;

Et , les destins

Sur nos festins

* Béranger a vu Favart dans sa jeunesse. (Voyez les i>rc- ■ ?s de Ma Biographie.)

Faisant briller des jours longs et sereins. Que dans trente ans pour Marguerite Nos couplets soient de gais refrains !

À table alors venant nous rendre , Tous le front ridé par les ans , Dans une accolade bien tendre Nous mêlerons nos cheveux blancs.

Les souvenirs naîtront bien vite; Nos co?urs émus en seront pleins.

Moments divins !

Les noirs chagrins Fuyant au bruit des transports les plus saints. Sur les cent ans de Marguerite Nous chanterons de gais refrains !

Page 1