‹ Le Béranger des famillesChapitre 88 sur 127 · BONSOIR · texte numérisé non relu

BONSOIR

COUPLETS A M. LAISNEY, IMPRIMEUR A PBBCNRH a

\:r de la République.

Mon cher Laisney, trinquons, trinquons encore A nos beaux jours promptement écoules. Comme ils sont loin, les feux de notre aurore! Que de plaisirs avec eux envolés !

Mais de regrets faut-il qu'on se repaisse? Xon; la gaieté nourrit encor l'espoir.

Àlon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Cinquante hivers ont passé sur ta tête; J'ai de bien près cheminé sur tes pas. Mais ces hivers ont eu leurs jours de fête : Tout ne fut point aquilons et frimas.

Aurions-nous mieux employé la jeunesse , Vécu moins vite avec un riche avoir"?

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

* C'est dans son imprimerie que je fus mis en apprentissage. N'ayant pu parvenir à m'enseignerTorthographe, ilrae fit prendre goût à la poésie, me donna des leçons de versification, et corri^ a mes premiers essais. [Note de Béranger.)

Dans l'art des vers c'est toi qui fus mon maître : Je t'effaçai sans te rendre jaloux.

Si les seuls fruits que pour nous Dieu fit naître Sont des chansons, ces fruits sont assez doux. Dans nos refrains que le passé renaisse; L'illusion nous rendra son miroir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Reposons-nous; car les Amours, sans doute, Pour qui jadis nous avons tant marché , Nous crieraient tous, s'ils nous trouvaient en route Allez dormir, le soleil est couché.

Mais l'Amitié , l'ombre fût-elle épaisse , Vient allumer nos lampes pour y voir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

COUPLETS

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