‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 133 sur 255 · LIVRE CINQUIÈME. 2Û · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. 2Û

autre auprès de qui chercher un asile; aussi dois-je, exempt d^égoïsme, protéger et nourrir, caresser et flatter cet animal dont je suis le refuge, car je sais quelle faute c'est que de reppusser un malheureux.

7. Est-ce que les gens de bien, ces sages respectables, doués de quiétude et de bonté pour les malheureux, ne négligent pas pour un devoir de ce genre , leurs devoirs les plus graves ?

8. C'est ainsi que se laissant engager, il se faisait accompagner du faon, qu'il fût assis ou couché, qu'il marchât, qu'il se tînt debout, ou qu'il prît son repas , tant son cœur éprouvait d'affiection pour lui.

9. Quand il devait aller chercher du Kuça , des fleurs , du bois , des feuilles, des fruits, des racines et de l'eau, craignant pour le jeune animal les chiens et les loups , il n'allait au bois qu'avec lui.

• 10. Et si, poussé par sa nature ignorante, le faon s'arrêtait à chaque pas dans les chemins, Bharata, touché pour lui d'une afiection excessive, le prenait par pitié sur ses épaules; puis le serrant dans ses bras et sur sa poitrine, il éprouvait à le caresser un plaisir extrême.

11. Quand le roi interrompait le cours de ses devoirs , il se levait plusieurs fois dans les moments de repos, et si ses yeux rencontraient le jeune faon, il lui adressait, dans la joie de son cœur, ces bénédictions : Puisses-tu, cher petit, être parfaitement heureux !

12. Mais s'il ne l'apercevait pas, 'hors de lui comme un avare qui a perdu son trésor, et sentant son cœur déchiré par la douleur de ne plus le voir, il exprimait ses violents regrets par des plaintes touchantes, et livré à un trouble extrême, il s'écriait:

13. Ah! le pauvre petit faon, privé de sa mère, pourra-t-il après s'être fié à un méchant qui, semblable au traître habitant des bois, n'a jamais fait aucun bien , pourra-t-il oublier ma conduite, et avec la confiance d'une bonne nature, revenir auprès de moi?

U. Ah! puissé-je le revoir sain et sauf dans le bois de l'ermitage, folâtrant parmi les jeunes herbes^ sous la garde des Dieux!

15. Puisse-t-il n'avoir pas été dévoré par un loup, par un chien, ou par quelqu'un de ces animaux qui vont seuk ou en troupes I

16. Déjà se couche l'astre divin, âme des trois Vêdas, dont le lever

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