LIVRE CINQUIÈME
fauves, les oiseaux, les reptiles, les moustiques, les poux, les punaises, les mouches^ toutes les créatures enfin auxquelles il a fait du mal, viennent le' tourmenter à leur tour; et privé de sommeil et de repos, ne pouvant s arrêter nulle part, il erre dans les ténèbres^ comme l'âme vivante dans un mauvais corps.
18. Celui qui ne célébrant pas les «cinq sacrifices, mange comme un corbeau tout ce qu'il trouve, sans partager avec personne, tombe après cette vie dans le misérable Enfer Krîmibbôdjana (celui qui se nourrit de vers ) : là , dans un trou plein de vers qui a cent mille Yôdjanas d'étendue, devenu ver lui-même, il est dévoré par ces reptiles dont il fait sa nourriture ; et cet homme qui a mangé sans donner et sans sacrifier, se torture lui-même, pour le crime qu'il n'a pas expié, autant d'années [que cet Enfer a d'étendue].
19. Celui qui, hors' des cas de détresse, s'empare soit par le vol, soit par la violence, de l'or, des pierreries ou des autres biens d'un Brahmane, ou d'un autre homme, est saisi après sa mort par les gens de Yama, qui lui arrachent la peau avec des tenailles de fer dont la pince est de feu.
20. L'homme ou la femme qui ont eu commerce avec la femme ou l'homme auxquels il leur était interdit de s'unir, sont frappés dans l'Enfer à coups de fouet et serrés dans les bras, l'un d'une image de femme, l'autre d'une image d'homme, faite de métal brûlant.
21. Celui qui a eu commerce avec toute espèce d'êtres, tombe après cette vie dans l'Enfer, où les exécuteurs déchirent son corps , en l'empalant sur une tige de cotonnier aux épines de diamant.
22. Les rois ou leurs gens qui renversent les digues de la loi élevées contre f hérésie, tombent après cette vie, en punition d'avoir franchi toutes les bornes, dans la Vâitaranî,.ce fleuve qui est comme un fossé autour des Enfers; dévorés çà et là par les poissons, ne pouvant se séparer d'eux-mêmes et soutenus par le souffle vital qui ne les quitte pas, ils soufirent à la pensée de leur faute et du châtiment qu'elle leur attire, et sont torturés au milieu des excréments, de l'urine, du pus, du sang, des cheveux, 'des ongles, des os, de la moelle, de la chair et de la graisse que roule ce fleuve.
25. Les hommes qui s*unissant à des femmes débauchées, méprisent les rè^es de la morale et de la pureté, et qui violant toute pudeur, vivent de la vie des bétes, tombent après leur mort dans un océan de pus, d'excréments, d'urine, de flegme et de salive, où ils se nourrissent de ces substances dégoûtantes.
24. Les Brahmanes et autres qui possédant des chiens et des ânes, vivent du produit de leur chasse et tuent des animaux hors des cas de sacrifice, servent après leur mort de but aux gens de Yama, qui les percent de leurs flèches..
25. Les hommes faux qui, dans des sacrifices hypocrites, ont tué des animaux, tombent dans TEnfer Vâiçasa (le dépècement), où les chefs de cette région les déchirent après les avoir mis à mort.
26. Le Brahmane aveuglé par la passion, qui a fait boire sa semence à une femme de sa caste, est précipité, pour ce crime, dans un fleuve de cette substance, dont il est forcé de boire.
27. Les brigands, les incendiaires, les empoisonneurs, les rois ou les serviteurs des rois qui ont pillé des villages ou des caravanes, sont après leur mort déchirés violemment par sept cent vingt chiens aux dents de diamant, messagers de Yama.
28. Celui qui a menti dans un cas de témoignage, de négoce ou d'aumône, descend après sa mort dans TEnfer Avîtchimat (sans vagues), qui repose sur lui-même; il y est précipité la tête en bas du sommet d'une montagne haute de cent Yôdjanas, sur un sol formé de pierres et luisant comme de l'eau qui n'aurait pas de vagues ; là , ne moitrant pas , quoique son corps soit réduit en poussière , il est forcé de remonter et précipité de nouveau.
29. Le Brahmane, le Râdja, le Vâiçya ou leurs femmes qui ayant bu le Sôma , ou durant l'accomplissement d'un devoir religieux , ont pris sciemment des liqueurs enivrantes, tombent, quand ils sont dans l'Enfer, sous les pieds des bourreaux, qui leur foulant la poitrine, leur versent dans la bouche du fer fondu.
50. L'homme vil qui s'exaltant à ses propres yeux, méprise ceux qui l'emportent sur lui par le mérite de la naissance, des austérités, de la morale, de la caste et de la condition, est déjà en cette vie un