‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 38 sur 255 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

nait sur ^es genoux , il repoussa DhruYa, qui voulait y monter aussi. 10« En voyant Dhruva, fils de la seconde femme du roi, qui désirait faire comme son frère, Surutchi, enôée d'orgueil^ lui dit avec jalousie, en présence de son père qui écoutait :

11. Enfant, tu ne dois pas monter sur le siège du roi, quoique tu sois son fils, parce que tu n as pas été porté dan» mon sein.

12. Tu n es qu un enfant, et tu ignores sans doute que tu es né dans le sein d*une autre femme, toi qui veux une chose si difficile à obtenir.

15. Après avoir honoré Purucha par tes austérités, obtiens de sa faveur de renaître de moi, si tu désires le âiége royal.

14. Blessé par les dures paroles de sa belle-mère, soupirant de colère comme un serpent frappé d'un coup de bâton , Dhrjiva , quittant son père, qui avait gardé le silence pendant cette scène, se relira tout en pleurs auprès de sa mère Sunîti.

15. Celle-ci, prenant dans ses bras l'enfant quelle voyait soupirer et < dont les lèvres tremblaient [ de colère ] , souffrit beaucoup en entendant de la bouche des serviteurs du gynécée ce qu'avait dît l'autre femme d'Uttânapâda.

16. Perdant courage, la jeune femme se mit à pleurer, consumée par le feu du chagrin, comme une liane dans l'iiipendie dime forêt, et ne pouvant oublier ce qu'avait dit l'autre épouse du roi, des larmes coulèrent de ses yeux beaux comme le lotus.

17. Après avoir longtemps soupiré, la jeune femme, ne voyant pas de terme à son infortune , paria ainsi à son fils : Ne souhaite de mal à personne, cher en£ant; no% car l'homme souffre lui^^néme du mal qu'il fait à autrui.

18. Surutchi a dit vrai : c'est une infortunée qui t'a porté dans son sein et nourri de son lait, elle que le maître de la terre a honte de prendre pour femme légitime, ou même pour servante.

19. Suis donc, cher enfant, sans envie, un conseil véridique, quoi^^ qu'il î vienne d'une belle-mère; rends un culte au lotus des pieds d'Adhôkchadja, si tu désires commç Uttâma le siège suprême*

20. Adja, en effet, obtint le rang suprême pour avoii" adoré les

pieds de cet Etre supérieur aux qualités auxquelles il s unit afin de créer Tunivers, et que Thomme vénère en se rendant maître de sa respiration et de son cœur.

21. Et de même, c'est pour avoir célébré attentivement en son honneur des sacrifices riches en donations, que le bienheureux Manu ton grand-père obtint ce qu il est si difficile d'obtenir autrement, le bonheur sur la terre, et dans le ciel la délivrance finale.

22. C'est auprès de ce Dieu qui chérit ses serviteurs, qu'il faut te réfugier, cher enfant, de ce Dieu dont les pieds, semblables au lotus, sont la voie que doivent rechercher ceux qui aspirent au salut; honore Purucha en le fixant dans ton cœur, animé d'une affection exclusive et purifié par l'accomplissement de tes devoirs.

25. Je ^cherche vainement un autre être que celui dont les yeux ressemblent à la feuille du lotus, qui puisse détruire ton malheur, lui que poursuit, un lotus à la main, Çrî, cette déesse, l'objet des poursuites des autres Dieux.

24. Après avoir entendu les plaintes de sa mère et ses paroles qui lui faisaient voir la vérité, l'enfant, se rendant maître de son cœur, sortit de la ville habitée par son père.

25. Nârada, en ayant été informé et connaissant ce qu'il voulait faire, le toucha au. front de sa main qui détruit le péché, et s'écria, plein d'admiration.

26. Nârada dit: énergie des Kchattriyas qui ne laissent pas abaisser leur orgueil! celui-ci, tout enfant qu'il est, garde en son cœur les dures paroles d'une belle-mère.

27. Nous ne voyons pas, ami, (|^'il puisse être maintenant question soit d'outrage, soit de respect, pour un enfant comme toi, qui est livré aux jeux de son âge.

28. Et quand même il y aurait lieu à cette distinction, les causes de déplaisir n'existent encore qu'aux yeux de l'erreur; car ce sont nos propres actions qui décident de notre sort en ce monde.

29. Aussi le sage ne doit-il se réjouir de ce que lui apporte le Destin qu'autant qu'il y reconnaît la voie du souverain Seigneur.

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