‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 91 sur 255 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

agité par le sourire et par un amour pudique; daigne donc, 6 belle femme 5 exaucer ma prière.

51. Lève donc vers moi, et consens à me montrer ce visage, que me cache ta pudeur, ce visage qu'ornent de beaux sourcils et les astres de deux beaux yeux , qu'entourent de nombreuse boucles de longs cheveux noirs, et d'où doivent sortir de gracieuses paroles.

55. Aussitôt cette femme ^ troublée par la passion ,. accueillant avec un sourire Puramdjana qui la sollicitait comme eût fait un homme peu maître de ses sens, lui répondit en ces termes :

55. Je ne connais, ô grand roi, ni mon créateur, ni le tien; et je ne sais pas davantage l'auteur de mon nom et de ma race.

54. Je ne sais pas non plus comment il se fait que je me trouve aujourd'hui en ce lieu , et j'ignore également quel est celui qui a élevé cette ville destinée à me servir de séjour.

55. Ces hommes et ces femmes sont mes amis et mes amies, ô prince illustre; et ce serpent, qui veille pendant que je dors, est le gardien de la ville.

56. Ah! que tu es heureux d'être venu ici, toi qui recherches les plaisirs que donnent les sens! Moi et mes amies, ô brave héros, nous comblerons tes désirs.

57. Règne, ô prince, sur cette ville aux neuf portes, et puisses-tu y jouir pendant cent années du bonheur des sens que je saurai te donner !

58. A quel autre que toi ofiFrirai-je mes •plaisirs ? Irai-je me livrer à l'ignorant qui , semblable au stupide animal , ne sait ce que c'est que la jouissance, ne pense jamais à l'avenir, et ignore qu'il y a un lendemain?

59. Ici tu trouveras la richesse*, le plaisir, le bonheur d'être père, le mérite du devoir, l'immortalité^ la gloire et l'espérance d'obtenir le séjour de ces mondes heureux et purs que ne connaissent pas les ascètes contemplatifs.

40. On dit que la condition de maître de maison est, en ce monde , l'asile fortuné des Pitrïs, des Dêvas, des Rïchis, des hommes, des Bhûtas et de celui-là même qui l'embrasse.

kl. Comment uae femme Gomme moi pourrait-elle ne pas choisir pour époux un héros tel que toi, un héros célèbre, éloquent « d'un extérieur agréable , et qui se présente de lui-même P

42. £st-il, ô grand prince, une femme dont ie cœur ne désirât s'attacher aux bras vigoureux comme le corps d'un serpent, de celui qui va en tous lieux pour dissiper complètement les douleurs dont sou£Pre la foule des infortunés, en leur accordant un de ces regards qu anime un sourire attendri par la compassion?

45. Etant ainsi convenus d'être l'époux l'un de l'autre, le roi et cette femme entrèrent dans la ville, et s'y livrèrent pendant cent ans au plaisir.

44. Célébré en tous lieux par les chants flatteurs des poètes, se livrant au plaisir parmi les femmes qui l'entouraient, il se plongeait, pendant la saison de la chaleur, dans les eaux d'un étang.

45. La ville qu'il habitait avait sept portes dans sa partie supé* rieure, et deux dans sa partie inférieure; elles devaient donner chacune, entrée à des objets distincts destinés tous au mattre, quel qu'il fût, de la ville.

46. Cinq de ces portes regardaient l'orient, une le midi, une* autre le nord, et deux autres l'occident; je vab, ô roi, te dire leur nom. ' •

47. Deux des portes orientales se nomment, l'une la Mouche lu* mineuse, l'autre Celle dont l'entrée est apparente; ces deux portes, situées l'une près de l'airtre, conduisent le roi qui a pour ami celui qui recherche la lumière, vers une campagne resplendissante d'éclat. , .

48. Deux portes également voisines, et situées vers l'orient, se nomment l'Étang et le Lac ; elles conduisent le roi qui a pour ami celui qui est mis en mouvement [par l'air], vers les dbjets odorants.

49. La cinquième porte orientale se nomme la Principale; c'est par elle que le roi de la ville va vers ces deux espèces d'objets, la parole et les diverses sortes d'aliments; il s'y rend accompagné de la voix et du goût.

50. La porte du midi se nommait l'Invocation des Pi tris; c'est par

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