‹ Le Bibliographe alsacien (volume 2)Chapitre 41 sur 127 · Demeura dans les affaire» de la maison jusqu'à »a mort · texte numérisé non relu

Demeura dans les affaire» de la maison jusqu'à »a mort

2. Mort directeur de l'imprimerie de la Grande Armée pendant la campagne do Russie

3. Lieutenant-colonel de cavalerie en 1SOO, su lixa comme imprimeur a Dusseldorf jusqu'en 1S13, et rentra ensuite en Alsace, où il remplit de la manière la plus honorable des tondions administratives jnsqu'à sa mort (1S-14).

L'aîné d'entre eux , François-Laurent-Xavier Levrault, devint le chef de la maison de Strasbourg. — Né en 1762, il épousa en 1793 Caroline Scherte, née en 1775.

D s'était voué d'abord à la carrière administrative. Devenu procureur général syndic , il donna sa démission lors de la Terreur. M. Levrault s'était élevé, par un réquisitoire énergique, contre les suites de la journée du 10 août, et engagea les citoyens les plus notables à rédiger contre la déchéance du roi un acte de protestation. Ce courageux réquisitoire, qui eut le mérite d'être fait en plein conseil général et en présence des commissaires de l'Assemblée législative , désigna M. Levrault aux hommes du pouvoir comme une de leurs premières victimes et le força de se soustraire par la fuite à un mandat d'arrêt pour l'Abbaye. Rentré après la Terreur, il entra dans les affaires de son père, auxquelles il donna une vive impulsion et dont il prit la direction en 1798.

Les affaires de la maison prirent sous sa gestion une extension considérable. Une grande partie du commerce d'exportation de la librairie française pour l'Allemagne et les pays du Nord passait par ses mains; de nombreuses publications (scientifiques, militaires et scolaires) sortaient de ses presses et classaient la maison Levrault parmi les plus importantes librairies de France. — Jusqu'en 1813 la fourniture des imprimés militaires, qui formait alors déjà une des spécialités de cette maison, l'amena k faire à nos régiments des fournitures excessivement importantes qui suivircut jusqu'en Russie les mouvements de nos armées.

François -Laurent Levrault était un homme remarquable. — Doué de la manière la plus heureuse ^ infatigable au travail, il réunissait à une grande facilité une activité rare qui seules l'ont mis à même de répondre à tous les appels qui ont été faits à son dévouement.

Les fonctions administratives auxquelles il avait renoncé en 1793 vinrent le rechercher peu d'années après. — 11 fut successivement adjoint au maire de la ville de Strasbourg, conseiller de Préfecture, membre du Conseil général et de la Chambre de Commerce du Bas-Rhin , recteur de l'Académie de Strasbourg; il dut refuser le poste de Préfet du Bas-Rhin, qui lui fut offert, parce qu'il sentait que ses forces ne lui permettraient pas de le remplir. La place éminentc de recteur le mit à même de rendre les plus grands services à l'instruction publique. Le perfectionnement général de l'enseignement primaire, surtout en ce qui concerne la propagation de la langue française dans les deux départements de l'Alsace , est dû à ses soins.

Malgré son activité , les affaires de la maison auraient certainement souffert de tous les emplois auxquels il s'était trouvé appelé par la confiance de ses concitoyens, s'il n'avait pas trouvé pour leur gestion un concours précieux en sa femme, M10* Levrault, née Schertz. Mais un travail trop assidu dans les dernières années de sa vie, et surtout la liquidation des charges de guerre du département, opération immense que dans l'intérêt de ses concitoyens il avait acceptée et qui ne fut terminée qu'à la fin de 1820, abrégèrent ses jours et développèrent

avec une effroyable rapidité les pennes de la maladie qui l'emporta le 17 mai 1821. Après la mort de son mari. MBC LevTault prit courageusement la suite de la maison et conserva pendant 29 ans la direction de cet héritage de famille.

A partir de 1825, Mmo Levrault fut secondée dans ses affaires par l'un de ses gendres, M. Frédéric Berger, avocat, enlevé à sa famille dans la force de l'Age en 1837, pendant qu'un second gendre , M. C. Pitois, dirigeait la maison que Mœe Levrault conserva à Paris jusqu'en 1839.

Les publications nombreuses sorties pendant ce temps des presses de la maison, sont assez connues pour que nous n'ayons pas besoin de nous y arrêter. Il suffira de rappeler qu'elle édite depuis 1819 l'Annuaire militaire de l'armée française, et que les noms des premières notabilités scientifiques se trouvent parmi les auteurs dont elle a publié les ouvrages : George Cuvicr, Dufrénoy, Élie de Beaumont, Blainville, Alcide d'Orbigny, Valenciennes, etc.

Après la mort de M. Frédéric Berger, sa veuve, Mmo Berger-Levrault, prit en 1839 la direction de l'imprimerie typographique , tandis que MB0 Levrault continua à diriger la librairie jusqu'à sa mort , en 1850.

Toutes les branches qui composaient la maison passèrent dès lors à sa fille, Mme V'' Berger-Levrault, chef actuel de la maison, qui réunit de nouveau la librairie à l'imprimerie. Elle s'associa son fils, M. Oscar Berger-Levrault, précédemment déjà fondé de pouvoirs de sa graud'mère.

L'établissement typographique Berger-Levrault réunit

toutes les branches de cet art, on y trouve une fonderie de caractères , un atelier de clichage , la lithographie , la galvanoplastie , la réglure , la reliure , la librairie , et depuis peu la gravure sur cuivre appliquée à la typographie.

Cette maison a obtenu deux mentions honorables aux expositions de Paris en 1806 et 1823, une médaille de 2* classe à l'exposition universelle de Paris en 1855 et la price medal et une mention honorable à celle de Londres en 1862. **

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