‹ Le Bibliographe alsacien (volume 2)Chapitre 5 sur 127 · JOURNAL DE8 INTÉRÊTS MATKRIEL · texte numérisé non relu

JOURNAL DE8 INTÉRÊTS MATKRIEL

Depuis longtemps le besoin se faisait sentir d'une petite feuille propre à satisfaire aux nécessités les plus puissantes de l'humanité.

Tous ces grands carrés remplis de lieux communs et do matières indigestes, ne pouvaient être longtemps goûtés d'un public habitué h ses anciennes commodités.

C'est ce qui a donné naissance au Petit Carré, organe du laisser* faire et de la libre sortie des matières premières.

Sentinelle avancée du progrès, le Petit Carré se trouvera sous la main du lecteur dans tous les lieux privés et publics do l'Empire.

Le Petit Carré, imprimé sur papier satiné, ne contiendra rien qui puisse blesser l'abonné le plus délicat; la mère en recommandera l'usage hygiénique à ses enfants.

Le Petit Carré respectera les secrets de famille. La vie privée doit être murée.

C'est un besoin de notre époque , de donner un libre cours au travail qui s'opère dans les entrailles de la société.

La rédaction du Petit Carré sera toujours claire et coulante, quelquefois ferme et même un peu dure, selon les besoins du moment.

I. Paris, près Charenton, 1861 (J. Gay, quai des Augustin». 25; liré a 3<»<» exemplaires numéroté» sur papier Tergf . 230 e*. in-12 et 70 n. in-8»).

Eu temps de paix, le Petit Carré H6 gardera de toute polémique irritante et sera toujours prêt à réparer les suites fâcheuses de nos dissensions intestines.

La vérité, la pure vérité: telle est notre devise; nous ferons en sorte quo nos lecteurs puissent la toucher du doigt.

Le Petit Carré no laissera jamais salir son drapeau, et, si l'ennemi, jaloux do notre bonne constitution , s'avisait de faire irruption dans notre for intérieur, on nous verrait les premiers dans les tranchées , occupés à soutenir le siège et & lui faire vider les lieux, mais alors malheur aux vaincus! aux grands maux , les grands remèdes. Nous tomberions sans quartier sur leurs derrières pour les forcer d'évacuer.

Il nous répugnerait de nous étendre trop longuement sur les matières que nous avons l'intention de servir i nos lecteurs , il nous suffira de le* effleurer en passant.

En fait de Politique. Nos relations avec le cabinet nous mettent en position d'avoir les premiers vent* de ce qui se fait dans les princl* panx lieux du monde et dans les plus petits endroits du pays.

En fait d'Indnatrio. Nous sentons mieux que personne les souffrances do nos fabricants toujours si gOnés par le défaut d'éconlemmt du trop plein de leurs produits.

Nous tâcherons de leur ouvrir les principaux débouchés des Pays- Bas , du Bas-Rhin , des bords du Pô , de Cuba, du Chili et autres lieux.

En fait d'Agriculture. Les engrais de toute nature peuvent compter sur nos sympathies; nous serons toujours disposés i leur tendre la main dans tons les cas possibles.

En fait de Commerce. Nous donnerons i nos lecteurs toutes les nouvelles courantes et le tableau des principales foires du continent.

On sentira qu'un Journal assis sur de pareils fondements ne pourrait manquer d'aller comme il faut; aussi les fonds sont faits, et chacun peut venir prendre (connaissance) , lisex : inspection du dépôt dans le cabinet particulier du secrétaire.

Nous avons été assez heureux pour nous assurer dans la presse la collaboration des membres les plus éminents des deux hémisphères , dont l'inépuisable fécondité et le parfum de bon goflt sont une garantie de plus pour nos futurs abonnés.

Le Petit Carré sera imprimé sur papier pot , dans un format commode et d'un seul côté. Il paraîtra tous les matins afin de satisfaire aux besoins do plus on plus pressants de chaque jour.

On s'inscrit : Quai des Lunettes, n* 100. Prière de communiquer ce yroitpeetu* apré» en avoir fait utagr.

Le» Livre» et la Famille. — « Je hais les livres , parce qu'ils sont le» délices du père qui me hait et qu'ils m'ont supplanté pour toujours dans son cœur! Me ferez-vous la grâce de me comprendre? Il n'est pas de marbre , lui ; il n'est pas de bronze , il est fait d'os et de chair comme nous. Et à de certaines heures peut-être, se sentant las et triste, 11 cherche du regard autour de lui quelque chose à aimer, à caresaer, à presser dans ses bras, et peut-être se souvient-il alors qu'il a un enfant, et qu'un enfant est une de ces choses qu'un père se plaît à aimer , à caresser , A presser contre ton sein.... Car , enfin , cela s'est vu , n'est-ce pas? Cela n'est pas trop contraire A la nature , ou si c'est un miracle, ce miracle s'est parfois opéré?... Mais daus le moment où de telles pensées lui viennent et qu'il sent son cœur s'amollir, se fondre dans sa poitrine , 11 aperçoit ses livres , ses livres bien-aimés; il en ouvre un, il s'y enfonce... Adieu sa fatigue! adieu sa tristesse! adieu le souvenir de son enfant! Le voili content, rien ne manque à sa félicité... • (V. Cherbulle* , Le comte Ko»tia.)

Un de nos compatriotes, M. Bd. Engelhardt, membre de la commission de délimitation des provinces danubiennes , vient de publier à Galatz un volume petit in-8', intitulé : Étude» tur le» embouchure» du Danube.

Importance du commerce de la mer Noire, topographie générale du Delta du Danube, histoire des populations qui habitent le Delta, agriculture , élève du bétail, climat , questions hygiéniques, pêcheries, flore, faune du Delta, les Cosaques du Danube, leur origine , leurs mœurs, leurs croyances religieuses, leur constitution politique, et, enfin, les travaux de la commission européenne du Danube, toutes ces questions sont examinées et traitées avec beaucoup de lucidité par un homme compétent qui dirige déjè depuis plusieurs années les opérations de la commission à Galatz.

M. Avé Lallemant débarquait le 27 janvier 1859 A l'embouchure du Mucury (Brésil), prés d'un village qui porte, comme par ironie, le nom de Porto-Alegro (port joyeux). Dès le premier pas , un spectacle de désolation se présentait i ses regards. Deux familles d'Alsaciens

étaient eampées «or l« sable , à quelques pim de l'embarcadère. N'ayant pas voulu accepter les dure» conditions imposées par le directeur do la colonie, ce groupe désolé était revenu instinctivement sur le bord de la mer. Depuis soixanto-douxo heures ils n'avaient pas quitté la plage; exposés le jour à cette chaleur intolérable qui transforme les sables en brasier; la nuit, aux brouillards saturés de miasmes qui rampent sur l'estuaire marécageux du Mucury. Quelques-uns, appuyés sur le coude, regardaient les flots sans les voir; presque tous gisaient sans force sur le sol, accablés par la maladie. Une fomme venait d'accoucher d'un enfant vivant qu'elle -entait périr entre ses bras; un vieillard se mourait de la fièvre typhoïde; une Jeune fille de quinxe ans respirait à peine ei semblait un cadavre. Telles étaient les misères des émigrantsl

(V. Reine dure h Sord-Rrasilien m Jahre 1859.)

Le troisième volume du Catalogue général des manuscrit* deg bibliothèques publique* de* départements , publié sous les auspices du ministre d'état , vient de paraître. Ce nouveau volume comprend les catalogues des manuscrits des bibliothèques de Saint-Omcr, d'Épinal, de Saint-Mihiel, do Saint-Dlé et de Schlestadt. Le quatrième volume du même recueil est sous presse. Il contiendra le catalogue des manuscrit» de la bibliothèque d'Arras.

h* Revue de l'Instruction publique, du 3 juillet contient un article de M. Bdm. Robinet, sur : Vn prédicateur catholique au quinzième siècle (Geiler do Kaisersberg) , par Adolphe Schiffer, docteur en théologie et licencié ôs-lettros, pasteur à Colmar. Un vol. in-18. Paris, libr. de Ch. Heyrueis et Compagnie.

M. Robinet rappelle que M. 8cha;ffcr est de plus Fauteur de divers ouvrages : Essai sur l'avenir de la tolérance ; De l'influence de Luther sur l'éducation du peuple; De la morale chrétienne de Schleiermacher ; Madame Duplessis-Mornay , née Charlotte Arbûleste. Mais pourquoi M. Robinet dit-il que le nom de Geiler n'est bien connu qu'en Allemagne et dans l'ancienne Alsace? Il fallait mettre : dans l'Alsace, sans distinguer entre l'ancienne et la nouvelle.

. Il faut de l'Inutile dans le bonheur; assaisonnez-le-moi éuorrac- . ment de superflu... Lo bonheur «oc ressemble au pain aoc... On

• mange , mais on ne dîne pas... Jo veux de l'inutile , du superflu , de . l'extravagant , du trop, de ce qui ne sort à rien , . dit Victor Hugo, dans l'un des derniers chapitres des Miaérablc». Pour mieux appuyer cette thèse , voici l'exemple qu'il nous donne !

. Je me souviens d'avoir vu , dans la cathédrale de Strasbourg, une . horloge haute comme une maison à trois étages, qui marquait l'heure, . mais qui n'avait pas l'air fait pour cela; et qui, après avoir sonné . midi ou minuit; midi, l'heure du soleil, minuit, l'heure de l'amour - ou toute antre heure qu'il vous plaira, vous donnait la lune et les

• étoiles, la terre et la mer, les oiseaux et les poissons; Plu-bus et . Phébé, et une ribanihclle de choses qui sortaient d'une niche, et les

• douze apôtres, et l'empereur Charles-Quint, et Kponinc et Sabiuus,

• et un tas de petits bons hommes dorés qui jouent de la trompette < par-dessus le marché! Sans compter de ravissants carillons qu'elle

• éparpillait daus l'air à tout propos sans qu'où sût pourquoi. Un mé- . chaut cadran tout nu, qui ne dit que les heures, vaut-il cela? Mol,

• je suis d'avis do la groiso horloge do Strasbourg , et je la préfère . au coucou de la Forèt-Noiro. •

Les Archéologue* de province. — . L'archéologie semble avoir été inventée pour les heureux savants de province. Leur travail est une sorte de loisir : ils n'ont à lutter ni contre les exigences d'une besogne fiévreuse , ni surtout contre les envahissements de ces mangeurs de temps, fatals satellites do tout écrivain parisien. Calmes, exclusivement A leurs chères études, ils rassemblent à leur gré, quand il leur plaît, chacun des matériaux de leur usuvro; ils les choisissent, ils les trient, ils les polissent, ils les caressent, et ils les attendent, au besoin, des semaines, des mois, des années.

. Cyrus s'écriait : Que je voudrais être le philosophe Anaximandre si je n'étais le roi Cyrus! Il n'est pas un homme de la presse qui no œ toit dit, au moius uue fois eu sa vie : Que ne suia-je un archéologue de province! » (Sam.)

LIVRES RARES ET CURIEUX A PRIX MARQUÉS

1. Le Tombeau obs amours de Louis le Grahd et ses dernières galanterie», à Cologne chez Pierre Marteau, 1695 (Holl.); petit in-12, dos et coins maroq. rougo, comp. dor 80 fr.

Tache d'humidité aux coins des quatre derniers feuillets.

Résumé de la chronique scandaleuse de la cour dans le genre de la Franc* ttaiitnne , nais qui n'embrasse pas les même* circonstances et qu'on ne retrouve pas dans les recueils. Le frontispice de ce petit volume rare représente Louis XIV, et M- de Haintenon repousssnt les amours avec cette inscription :

• Héla* ! Notre règne etl fini.

f Adieu trop atmabUt amour* « Qui ave* teu mr charmer $4 tendrement . t lia' Je m lent* plut pour vaut, t L'ardeur qui me touchait *i virement. »

2. Cortes et Poésies ou C. Collier, Commandant - Général des • Croisades du Bas-Rhin , à Sarerne, 1792; 2 vol. ln-16 en 1 vol., dos et coins maroq. da Levant, ronge , comp. dor 20 fr.

Contes gaillards, mais bien écrits. Le Pseudonyme C. Collier surs été choisi pour désigner le Cardinal de Rohan auquel l'on aura voulu sttribuer un scandale de plus. Certains exemplaires ont deux figure» que l'on ne rencontre pat dans celui-ci.

3. Bibliothèque du théâtre français, depuis son origine (par le duc de Lavallière et Marin de la Clotat), à Dresde. (Parié), 1768; •3 vol. ln-8*, v. br. flg 8 fr.

Bon exemplaire

i. Poist de lerdemaib. Conte. Strasbourg, 1861 ; ln-12, xxrv-48 pp. , dos et coins maroq. du Levant , non rogné 18 fr.

Un des cinq eiemplaires sur grand papier vélin rose. Jolie réimpression tirée a 80 exemplaires (épuit**).

Conte sentimental a la manière de M. Louvet; il est écrit avec grâce, et le tour net et piquant de sa phrase est d'un écrivain consommé. On l'attribue S Dorai. L'amateur qui vient de le réimprimer avec le plus grand soin pour les bibliophiles, l'a fait précéder d'une intéressante préface bibliographique. (L. Lscoca, AnnaU* du Bibliophile , juin 186!.)

A. Œuvres complètes de lord Btror , publiées par Th. Moore , trad.par Paulin Paris. Portrait. Pari», 1880; 18vol. ln-8% br. 26 fr.

6. Les Épistres dorées et Discours salutaires de don Antoine de Guevare, trad. par de Outerry. Anvers, 1591 ; pet.Jn-8% v. br. 15 fr.

Guevare était évèque de Mondonedo . prêcheur et chroniqueur de l'empereur Charles V. Cet ouvrage contient en outre la révolte que lei Espagnol! firent contre leur prince l'an MDXX.

7. Médailles i>e oraxd et moyen bronze du cabinet de la Reine Christine , gravée» par Pietro 8antés Bartolo ; 63 pl. La Haye . 1 742 ; in-fol.,v. br 18 fr-

Médaille» frappée» tant par ordre du sénat que par les colonies romaines et par les villes grecque», gravées exactement d'après les originaux et expliquées par on commentaire. Ouvrage traduit de Sigebert Havercamp.

8. Introduction a la vie dévote du bienheureux François de Sales, nouvelle édition, par Silvestre de Sacy. Pari*, Teehener, 1855; 2 vol. in-16, dem. rel. , v 7 fr.

9. L'Imitation de Jésus-Christ ; trad. par de Marillae , nouvelle édition, donnée par S. de Sacy. Paru, Teehener . 1854; in-16, dem. v * fr.

10. Les Crimes des Reines de France, depuis le commencement de la Monarchie jusqu'à Marie - Antoinette , par L. Prudhomme ; 5 flg. Paria, 1791; in-8*, cart 6 fr-

11. L'ÉciTMOiRE. Histoire japonaise , par M. de Creblllou , fils. Londres, 1735; 2 vol. , pet. in-12 , cart. en 1 vol. (frontupiee) . . 4 fr.

12. Satire di Ludovico Ariosto. Pua, 1809 ; In-fol., cart. non rog.

6 fr.

Papier de Hollande.

13. Célébrités littéraires et artistiques. Album , grand in-4», mar. ch. noir , contenant 45 portraits gravés et llthographlés ; plu sieurs planches ont été montées pour leur donner lo même format, la marge de quelques-unes a été diminuée pour le môme motif.

25 fr.

Chateaubriand. Lamartine. A. Dumas, Berryer, Ch. Nodier, Gay-I.uisae, H. Vernet, Cberubini. Auber, Meyerbeer, Paganini , par Maorin et Belliard. Guiiot, Lacordaire. Mery , J. Arago. Ary Scheffer, par Adolphe. Princesse Marie d'Orléans, lord Byron, M"* Sontag, Herold, Hnmtnel , Rossini, Boieldiea, Litz , Van Brée, Balta avec un autographe. Sehwanlhaler, Kaulbach. Gayrard (charge avec autographe), Berxclius, etc.

14. Histoire de la langue et de la littérature provençales , par de Closset. Bruxelles, 1845; grand in-8' , xvm-112 pages, cart. , épuisé 6 fr-

Mémoire qui a obtenu, an Conconr* universitaire de 18*3- l*M, une mention honorable.

15. Bibliothrca rcatolooica ou Catalogue raisonné de* livros trai taut des vertus, fait» et gestes do très-nobles et très-ingénieux Messin- Luc (a rebours), seigneur de la Chaise et autres lieux: ouvrage très-utile , disposé dans l'ordre des lettres k. p. <j., traduit du prussien par trois savants en »«# (;»nr Janet, Payeu, 11. Veinant); Seatopoli* , chez les marchand* d'aniterges , l'année scatogène T>850

(Pari», Janet, 1850); ln-8», br. , non coupe 8 fr.

Extrait du journal l'Amateur de livrtt , tiré à petit nombre. Le frontispice représente les trois auteurs. Voir Brunei. 5* édition. 1" partie.

16. Zblis au mai». Poème en 1 chants (Imbcrt), à Genève, 17C3; in-8%

fig. v. br. , fil. dent. dor. s. tr 5 fr.

4 ligures. I frontispice et 8 vignette» d'Eissen.

A trouver chez M. N. Salomon, 31, rue des Serruriers.

a Strasbourg.

17. Galerie historique des hommes les plus célèbres do tous les siècles et de toutes les nations, contenant leurs portraits , gravés au trait; publiée par Landon. Paris, 18ar.-180K; 12 vol. in-12, dem. rel. ; bon exemplaire • 2-1 fr.

18. An-, u.i s uu Mlskk; par Landon. Pari*, ls.ll; 20 vol. in-8% rel. en 10 ", v. br. , avec beaucoup de fig. au trait 30 fr.

lU. J. J. Rouhnkau. Œuvres. Londres et Genève , 1776-17H2 ; 17 vol. lu-4-, belles fig. do Moreau , vig. dcChoffard; v. mar. fil. d. s. tr.

60 fr.

Très-bel exemplaire.

20. La Cour dk Franck tcrraxisék et les trahisons démasquées, en trois parties; par M. L. B. D. B. D. F. à la sphère, Cologne , P. Marteau, 1680 [Boit.) ; pet. in-12, v. br 3 fr. 50 e.

Écrit satirique qui fait allusion aux relations de la France arec la Porte L'autenr suppose que le» mosquées remplaceront bientôt le* temples dans la chrétienté.

21. Les Amoi kr i»k Maoamoinei.le avec M. le comte de Lanzun; à la sphère, suivant l'original de Pari*, à Cologne, 1673; 1 f., 100 pages, pet. in-12, br 3 fr.

Une légère tache d'encre »ur le titre.

22. Le Mouih kuancaih ou les Aventures divertissante* «lu <luc de Itoquelaure; par le sieur L. U. C. Cologne, Pierre Marteau, 1750; pet. in-12 , br. et rogné 2 fr. 50 c.

23. Lk« Amuurs pa«toh*i.rii de Daphnir rt Chlok , par Longue., tr- par Arayot, ». I. (Paru), 1715; In-12, v. f. fil. «I. s. tr. , 25) fig. et

Ivig 12 fr.

Bel exemplaire. La gravure, couuuc sous le nom du prtils p»rds, l'y trouve

21. Les Amook8 dp. Charles de Gonzaoue . duc de Mantoue; écrites par Capoccoda, b. I. (Iloll ), 1667 j in-12, vél. bl., fil. noirs. 7 fr. On .1 joint a ce volume : Hi*t. des Antoters de Henri flT, avec dtrtrte* lettre* écrite* à se» mattrme' . ». I. u. d.

25. Histoire secrète de la duchesse de Hankovek , épouse de Georges I*-, roi do Uretngno. Londres, 17o2; in-12, rel. blanc.

5fr.

Bel exemplaire; pamphlet violent; car l'auteur ne publia le manuscrit que cinq ans après la mort de la Duchesse.

2f». Le Cabinet jésuitique, contenant plusieurs pièces très-curicuscs

iIoh R. Pères jésuites , avec un recueil des mystères de l'Enlisé romaine, front. Cologne, chez Jean le Blanc, s. d. ; in-12, v. br. 8 fr. On trouve dans ce volume : r Onguent povr ta hrûlttre ou leSecret pour empetthrr les J.ttule* de brûler le» brrr».

27. Le Solpat suédois, racontant l'histoire de tout ce qui s'est passé on Allemagne depuis la mort du Roy de Suède jusques à présent ; par le sieur de Grenaille. Paris , 1G12; in-8*, v. br. . 10 fr.

Bêles emplaire d'un livre rare

28. Les Héros de la Lioue ou la Procession monacale , conduite par

Louis XIV , pour la conversion dos protestants de son royaume.

Pari*, chez Pire Peter», ù l'enseigne de Louis le Grand (1601); grand

in-8-, 21 flg. , cart. tit. et fil. noirs 30 fr.

Ce volume se com|»se de il figures gravée* en manière noire . dans lesquelles on a travesti , d'une façon grotesque , différents personnages du royaume, qui ont jouA un premier rôle dans la Révocation de lédit de Nantes. Le texte ne se compose que d'un sonnet, gravé sur un feuillet.

A trouver chez M. Noiriel, libraire, Hôtel du Commerce,

à Strasbourg.

2'J. Albrecht, (D.). History von Hobenburg oder Nanct-Odilicnberg. Schlettadt, 1751 ; in-1-, cart, flg. , rare 12 fr.

30. Annales (Les) et la chronique des Dominicain» de Coluiar, par Gérard ot Liblln. Calmar, 185-1; gr. in-8-, br. ; au lieu défi fr. , 3 fr.

31. Documenta pour servir à l'histoire religieuse en AUace , pendant la révolution. Mulhouse, 1859; br. ; an Heu de 4 fr 2 fr.

Tiré k iù(> nemplaire*

32. Closener, Frltsche. Strassburgische Chronik. Stuttgart, 1K4S; in-8\ br. (très-rare) 10 fr.

33. — 2» Leben d. Ritters Gcorg v. Khingen. 3* .Eneas Sylvius Piccolouiincus, de viris illnstribus. 4* OttRulands Handlung*hucli. 5* Codex Hirsangiensis. Stuttgart, 1840; iu-8», cart. . . . 15 fr.

34. (Rieooek). Amoenitates liti'rarla» Friburgensls. f.'lm , 1775-78; in-8* , fasc. Ià3, exempt. , d. r. fig 12 fr.

Coau Geiler de Kaisersberg. — Wickgrsm — Wimpfelmg

35. Hchadjecs, O. Summum Argentoratensium templum. Das ist : Beschreibung de» Munsters von Strasaburg. Strasbourg, 1617; in-4%

cart. , fig 15 fr.

— Bel exemplaire 18 fr.

36. Véron-Reville. Brfkal sur les auelenneii juridictions d'Alsace. Colmar, 1857; gr. in-4», br. ; au lieu de 6 fr 4 fr.

On désire acquérir les ouvrages suivants :

Les Guêpes; par Al. Karr. Années 1845, 1846, 1847, 1848 et 184!» ;

soit eu brochures, soit reliées non rognées. Les nouvelles Gi:êpes d'Al. Karr. Paru, Blanchard ; ln-18, diamant;

les volumes 6 et 7 brochés.

Joannis Meurbii Elegantie latini sermonis, etc., tome I". Jxmdmi.

[CaMin) , 1781 ; v. m. , fil. d. s. tr. Journal des choses mémorables, advenues durant le régne de

Henry HI , par l'Estoile. Colog. , 1746; le tome 2 v. br. La Table des prix du catalogue de A. Renouard. Pari*, 1854; in s Les Facéties de Poogb; transi, du latin en français. Paru, Bon-

Son», 1549; ln-4*.

Les Contes facétieux et joyeuses récréations du Pooor; trad.

du latin en français. Paria, 1605; la -16. ŒUVRES de Rabelais. Amsterdam, 1711 ; le 5* volume. Le Cabinet satyrique. 1666; pet. in-12, le I* vol. (hauteur 128 mlll.) Le Cabinet satyrique. 1666; pet. in-12, le 2* vol. (hauteur 120 mill.)

Faire connaître la condition exacte des volumes et le prix à l'administration du Bibliographe alsacien, rue de l'Arc-en-ciel , 23.

Numéro 2 MDCCCLIII 25 Aoct

LE

GAZETTE

LITTÉRAIRE , HISTORIQUE, ARTISTIQUE

SOMMAIRE

Un alsatica suspect. — Revue bibliooraphiquk : Le Terrain de trantition de» Vosges, par Kœchlin-Scblumberger et Schimper. — Le Minnr singer Gode/roi de Streubourg, par Louis Spach. — Essai sur le crétinisme, par E. Kœberlé. — Culte et pèlerinages de la Tris-Sainte Vierge en Alsace, par Th. de Bussierre. — Notice historique sur l'établissement de pisciculture à Huningue. — Des sociétés de secours mutuels, par A. Picqaart. — Variétés : Les Foires. — Ouvriers et ouvrière». — Les thèses de MM. Dansin , Fustel de Coulanges et Weiss. — Les ÉtrangUurs de l'Inde. — Dn adjoint boucher. — Livres rares et enrietix à prix marqués.

UN ALSATICA SUSPECT.

On nous communique la note suivante :

Alsace française , ou Nouveau Recueil de ce qu'il y a de plus curieux dans la ville de 8trasbourg, avec une explication exacte des planches en taille-douce qui le composent. — Das franxOsische Elsass, oder Neue Beschreibung der Stadt Strassburg, und te as darin merckwûrdig zn besehen, sampt einer erklàrung mit vielen Kupfferst&cken.

Strasbourg, chez G . Boucher, marchand- libraire, MDCCVI (1 roi. fol.).

Tel est le double titre d'un volume très-rare, dont le texte est généralement médiocre, tant sons le rapport du style qne sous celui de l'intérêt.

Ce volume renferme :

1* Une lettre (en allemand) sur Strasbourg et l'Alsacci mais prinei paiement Strasbourg ; 3 pages.

2* Uno vue généralo do Strasbourg, gravée, au-dessous de laquelle se trouve le plan de la ville avec la citadelle, lee forts du Illiin et de Kohi. Deux pages d'explications,

3» Uno grande planche représentant la Cathédrale (façades occiden taie et septentrionale) avec notice historique et description du monnment en alloiuand et eu français.

4* Vue en perspective du dedans de la grande église do Strasbourg (on y remarque le puits).

6* Vno dn raaître-antel do la Cathédrale. Cette planche, bien que péchant contre les règles do la perspective, est tréa-curieuse, car elle donne lo magnifique autel que Louis XIV contribua i faire ériger après la réunion de Strasbourg à la France. Cet autel, terminé en lfi&5, a été fort endommagé par le terrible incendie de 1759 et a été nbattu a cette époque. (Grandidier, Essai, page 11>2.) Outre l'autel on distingue l'aucien chœuràla place duquel on voyait, jusque dans ces derniers temps, une construction du plus mauvais goût. — En regard de la gravure il y a une page de texte intitulée : . Courte description de la grande église de Strasbourg, dont voici la représentation dn grand autel.

6* Gravure représentant l'horloge astronomique avec nae page de description en regard.

7* Explication des planches qui représentent les modes de Strasbourg, série de dix gravures ï

Huissier et garde. — Femme en habit de cérémonie et marraine.

- Ministre (luthérien) ot riche bourgeois. — Marchando de tabac.

— Femme en habit d'été et pécheur. — Fille dansant. — Femme revenant de la ville. — Grand ot petit dcnil. — Fille de la haute Alsace visitant un bourgeois. — Paysans des onvirons do Strasbourg. Àucnne gravure n'est signée.

8* Enfin une lettre {en français) sur le Rhin, l'Alsaee, Strasbourg et les dix villes Impériales, en quatre pagos de texte de fort peu d'Intérêt. A. C.

Nous ne pouvons nous dispenser de joindre à eette note quelques observations.

Ce n'est pas seulement nu texte du volume en question que doit s'appliquer le reproche de médiocrité : l'exécution des planches est tout aussi défectueuse, et l'on n'en est point surpris en faisant attention au procédé mis eu œuvre par le libraire confectionneur. Pas uuo d'elles n'a été faite pour la place qu'ello occupo. Ce sont de pauvres épreuves de cuivres éreintéa dont le sieur Boucher possédait un nombre indéterminé, et qu'il eut l'idée de colliger sous uu titre alléchant, pour les voudre aux voyageurs, curieux alors, comme aujourd'hui , d'emporter un souvenir do leur passage à Strasbourg. C'est à cet emploi du volumo qu'il faut attribuer sa rareté actuelle.

Ces estampes , relûpiia de tirages effectués m extremù, u'étaient pas même en nombre égal à sa disposition < ce qui explique la composition variable des exemplaires do cette compilation, multipliés durant plusieurs années, au fur de leur écoulement. Ni celui que nous possédons, ni un autre qui nous a été communiqué à Haguenau, et dont l'intégralité originelle no parait point suspecte, ne contiennent les deux lettres , allemande et française , mentionnées par M. C... A la placo de la vue et du plan de Strasbourg, réunis sur une même planche, le nôtre renferme un petit plan de format in -4° et une vue panoramique, signée Werner, qui, par compensation , mesure plus d'un mètre de large, et dont les numéros et lettres de repère ne concordent plus naturellement avec l'index du texte , d'ailleurs fort sommaire.

La vue extérieure de la cathédrale, d'un travail de burin aussi malhabile que le dessin est inexact, porte

l'adresse du susdit libraire Guy Boucher, mais ce n'est qu'au moyen d'un grossier subterfuge, par le tirage à part du clocher sur un papier tout différent de celui du reste de l'estampe.

Sur l'image de l'horloge, trois fois plus grande que celle du Munster, on n'a pas même effacé l'adresse du premier éditeur, J. Tscherning. L'intérieur de l'église et le grand autel (si parfaitement gravé par Seupel dans de plus grandes proportions), sont empruntés à des publications antérieures, aussi bien que les dix planche» de costumes, épaves d'une collection plus nombreuse. La preuve certaine de notre assertion , c'est que ces épreuves, qui n'avaient pas de marges suffisantes, ont été montées pour atteindre la dimension du format in-folio.

Ces éléments disparates et de faux aloi ne constituent donc pas un livre à proprement parler, mais un recueil d'occasion décoré, par un spéculateur peu scrupuleux, d'un titre trop pompeux, et que rien ne justifie.

Seules, les figures de modes, malgré l'insuffisance du dessin, offrent un intérêt de curiosité, et leur légende explicative est rédigée surtout avec une naïveté dont un exemple ne déplaira pas à nos lecteurs.

La Marchande de tabac.

« Cecy a été pris, parce que le tabac est une marchandise très-commune et abondante dans le pays, et pour faire voir l'habit d'une servante proprement habillée, et de la marchande qui est dans sa boutique ; son habillement est un peu plus simble (sic) que lorsqu'elle va par

la ville. Le fond est une boutique à tabue : le eavalier que vous voyez n'est là que par accident. »

Par accident ! quand le besoin de remplir sa tabatière expliquerait si naturellement sa présence. H — y.

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

/> Terrain de transition des Vosges. Partie géologique, par Jos. Kœchlin-Schlumberger. Partie paléontologique , par W" Ph. Schimper. Extrait des Mémoires de la Société des sciences naturelles de Strasbourg, 1 vol. grand in-4°. Chez Berger-Levrault, à Strasbourg.

Ceci est un livre savant, riche en détails géologiques, trop riche même pour permettre des extraits à la portée des gens du monde. Nous aurions désiré trouver en tête de l'ouvrage, dans une introduction, l'histoire évolutive des travaux géologiques sur le terrain de transition dans les Vosges alsaciennes. Nous aurions voulu savoir, d'une manière précise, ce que M. K.-S. a ajouté aux notions fournies par ses prédécesseurs dans ce même champ d'étude. L'auteur, dans une note, signale chronologiquement les auteurs qui se sont occupés de la même question, mais sans mentionner le titre de leurs publications. Il suppose ses lecteurs aussi savants que lui en géologie , d'où il résulte que son livre ne sera agréable qu'aux purs savants, aux intimes, aux initiés. Il est vrai, cette manière d écrire a ses grands avantages , pour la gloire

durable de l'auteur; ou devient une source riche et abondante, où vont puiser les compilateurs, les survenants, les épigones, qui sauront rendre agréables des faits encore bruts, des diamant» pas encore taillés. Les amateurs se mêlent aujourd'hui de toutes les sciences, même de géologie et de paléontologie; mais en général, après une étude plus ou moins superficielle de ces grandes et magnifiques recherches, ils s'écrient avec l'étudiant, conseillé et renseigné par Méphisto :

Mir wird von lUlem dem «o dumm

Alt gfeng mir ein Mlihlrad im Kopf hernm.

Des millions d'années ; Platon et Neptune , strates ou non strates, pâtes, nodules, cristaux , lent refroidissement , magma, brèche, éruption, cristaux, failles, soulèvements, rupture, carapace d'infusoircs . sigillaria, stigmaria. lepidodcndron , productus, mouvement moléculaire, pseudomorphoscs, etc. : tout cela fait un gâchis inextricable pour celui qui n'est pas préparé vaillamment pour ces études , qui exigent des connaissances solides en minéralogie et de cristallographie, en physique, en chimie, eu botanique, en zoologie, en géographie, en topographie, etc., et que l'on n'acquiert, d'ailleurs, que par une éducation scientifique, suivie ou continue, par l'établissement des collections, par le maniement du réactif, du chalumeau, du goniomètre, etc.; c'est pourquoi le monde ne voit que du feu en géologie, cette science qui se moque des misérables (JÔOO ans écoulés depuis la création du monde hébreu ; et pour laquelle toutes les théogonies . tant païennes que juives, ne sont que des fables ridicules.

ayant fait leur temps. Et qui donc, parmi les gens du monde, est préparé à ees études sévères et graves? Quelques élèves de l'école polytechnique! tout au plus. Et pour qui extrairai -je quelques lambeaux du beau livre que nous annonçons. Les vrais amateurs et connaisseurs l'achèteront et l'apprécieront. De savants critiques l'examineront avec tous les égards qu'il mérite ; mais cet examen exige un espace à limites bien moins restreintes que celles fixées par les colonnes de ce journal.

Il serait utile que ce mémoire fût accompagné d'une carte géologique de la partie sud-est des Vosges, depuis Chencbier jusqu'à Mutzig. La carte de. M. Voltz est trop petite, partant trop incomplète. Celle des ingénieurs prussiens est rare, chère et inexacte.

La grande question agitée dans ce mémoire, c'est celle de savoir si le granit, le gneiss, la grauwaéke ont été formés par Neptune ou par Pluton, ou par les forces unies de ces deux puissants dieux. Avec Wcrner et M. Delesse , notre auteur semble sacrifier davantage au dieu des Flots; néanmoins, le dieu du Feu et des Enfers n'est pas entièrement mis de côté. On brûle aussi quelque peu d'encens en sou honneur, car « ce sont deux puissants dieux » , pour parler avec Athalic. Pourtant M. K. n'ose pas s'écrier avec l'enfant-roi : « Le mien est

tout et le vôtre n'est rien » , à l'instar de tous les

poseurs d'hypothèses originales. Or, M. K. admet une théorie dans laquelle chaque dieu a sa part de droit d'auteur. F. K.

Le Minnesinger Gode/rot de Strasbourg, par Louis Spach , archiviste du département du Bas-Rhin. Strasbourg, imprimerie de veuve Berger-Levrault , 1862, in-8°, 43 pages.

Le Bibliographe alsacien , en rendant compte, dans son précédent numéro, du Bulletin de la Société littéraire de Strasbourg, a déjà parlé avec éloge de cette intéressante notice. Le public la connaît d'ailleurs, puisque, avant d'être publiée en brochure, elle avait paru, sous forme d'articles, dans le feuilleton du Courrier du Bas- Rhin. 11 serait donc superflu de revenir ici sur une œuvre que tout le monde en Alsace a lue et appréciée, si certaines opinions de l'auteur, peut-être un peu trop absolues, ne demandaient à être légèrement restreintes dans l'intérêt de la vérité.

Ce qui caractérise surtout la nouvelle publication de M. Spach , c'est l'enthousiasme qu'inspire à l'auteur le sujet qu'il traite. Ayant à juger un poète, le docte archiviste du Bas-Rhin est redevenu (ce que , du reste , il n'a jamais complètement cessé d'être) un homme de lettres, un poète. Comme d'autres s'éprennent du drame ou du roman du jour, il s'est épris de belle passion pour Godefroi de Strasbourg et les minnesinger, ses contemporains. L'admiration qu'il professe pour ces vieux poètes communique à son style les allures du dithyrambe et s'épanche en un langage figuré dont le lecteur reste ébloui. L'époque des HohcnstaufFen devient, sous sa plume, un im'ntemps et un été splendides; les minnesinger sont des alouettes qui s'élèvent tout à coup dans les airs et disent leur chant matinal sur tous les points de l'horizon , ou des

rossignols qui modulent leurs accents plaintifs sur la lisière de toutes les forêts de la Germanie; leurs œuvres se transforment en tapis de fleurs qui couvrent subitement le fond des prairies, des vergers et des clairières; ailleurs, un des susdits rossignols est profond comme la mer, qui recèle des perles dans le sein inexploré de ses grottes sous-marines, en reflétant sur le miroir de sa surface toutes les splendeurs du ciel et toutes les richesses du rivage.

Il est à regretter que le culte, si sincère et si touchant, que M. Spach a voué à ces portes, soit, comme tous les cultes, un peu exclusif. M. Spach ne se contente pas d'adorer ses saints , il n'en tolère point d'autres à côté d'eux. Pour lui , il n'y a qu'un dieu de la poésie , et les minnesinger sont ses prophètes. Quant aux trouvères, qui leur ont servi de modèles, c'est à peine s'il daigne en faire mention en passant. S'il avoue que « il faut certainement , dans* ce remarquable essor du génie littéraire allemand sous la dynastie des Hohenstauffen , faire la part des influences provençales , italiennes , normandes et anglaises»; aussitôt il ajoute comme correctif à cette légère concession : « Même les compositions , dont le sujet est emprunté au cycle carlovingicn et à celui de la Table ronde, se transforment complètement sous la main des hommes de talent ou de génie, qui, au pied des Vosges, sur les rives du Rhin et du Danube, et sur la lisière des pays slaves, ont célébré les mystères du Saint-Graal, ou les amours des chevaliers de la cour d'Arthur. » Plus loin, en parlant du poëme de Tristan et Iseult, composé par Godefroi de Strasbourg, il affirme sans hésiter que «les

prédécesseurs de notre poète indigène n'ont fourni qu'une matière indigeste, dont lui, le premier, a démêlé et mis en saillie les éléments psychologiques. »

M. Spaeh paraît oublier que Godefroi de Strasbourg compte parmi ses prédécesseurs Chrcstien de Troyes et Luce de Gast, deux noms qui ne sont pas absolument inconnus dans l'histoire littéraire de la France. Sans doute , le texte du poe'me que Chrestien de Troyes composa, au douzième siècle, sur les amours de Tristan et d'Iseult, est aujourd'hui perdu. Mais, à son défaut, nous possédons d'autres compositions en vers de Chrcstien, telles que les romans d'Érec et du Chevalier au lion, imités en allemand par le minnesinger Hartmann von Aue, ceux de Cligès, de Percerai, du Chevalier à la charrette, etc., et l'étude impartiale de ces poëmes doit faire naître la conviction qu'au moins l'un dès prédécesseurs de Godefroi a pu lui fournir autre chose qu'une matière, indigeste. ,

Si le roman en vers de Chrcstien de Troyes est perdu , la rédaction en prose de Luce de Gast est inédite, ce qui, pour nous autres provinciaux, est tout un. Nous pouvons, néanmoins, nous faire une idée de la manière dont le trouvère anglo-normand a traité son sujet, par un chapitre publié , par M. Paulin Paris , dans les Manuscrits de la bibliothèque du roi, tome Ier, pages 200-208. Ce chapitre contient le récit de la mort de Tristan, d'après une version différente de celle qu'a suivie le continuateur allemand de Godefroi. Dans le cas où ce remarquable fragment aurait échappé aux investigations biblio-

graphiques de M. Spach , je prends la liberté de le signaler à son attention. Il serait difficile , comme le fait remarquer M. Paris, de citer dans-aucune langue un récit plus pathétique, une scène aussi déchirante. En parcourant ces pages douloureuses , M. Spach reconnaîtra , je l'espère , que les trouvères français, pour traiter une matière poétique, n'ont pas attendu que les Allemands leur enseignassent à en démêler et mettre en saillie les éléments psychologiques.

En somme, l'appréciation que l'auteur de la notice sur Godcfroi de Strasbourg a faite des minnesinger et de leurs œuvres, me paraît passer la juste mesure que doit garder tout critique impartial. Quarante-trois pages d'hyperboles en leur honneur, en vérité , c'est trop ; une sèche mention accompagnée d'une épithète peu juste , à coup sûr peu bienveillante, à l'adresse de leurs modèles, — ce n'est pas assez.

M. Spach trouvera peut-être que, à propos de poètes français, je lui fais une querelle d'Allemand; mais il ne doit s'en prendre qu'à lui-même, si je n'ai pas de critique plus importante à adresser à sa publication. S.

Essai sur le Crétmisme, par E. Kœberlé, professeur agrégé et ancien chef des travaux anatomiques de la Faculté de médecine de Strasbourg. Strasbourg, imprimerie de veuve Berger-Levrault. 1 vol. in-8° de 86 p.

Cet essai est extrait du Traité élémentaire et pratique des maladies mentales, par le Dr Dagonct: mais il n'en

fait pas moins bonne figure seul , et n'a besoin, pour briller, d'aucun voisinage. H se divise en six chapitres : Bibliographie, Définition, Étyinologie, Étiologic, Anatomie pathologique, Prophylaxie et Thérapeutique. Le moins technique est celui de l'étymologie. L'auteur trouve difficile de remonter à l'origine exacte du mot crétin , qui sert à désigner, dans la vallée d'Aoste et en Savoie, les individus affectés de crétinisme, et qui a été adopté dans la littérature médicale depuis Haller et de Saussure. « Suivant Stahl, le mot crétin dériverait de creta, craie, parce que l'on rencontre les crétins sur des terrains crétacés. D'autres le font dériver d'un mot de la langue romane , cretira (?), créature. Fodéré le fait dériver de chrétien, parce que , pauvres d'esprit , les crétins étaient autrefois, ainsi qu'ils le sont encore aujourd'hui dans quelques localités, considérés comme bienheureux , béats et innocents, incapables de commettre aucun péché, ou chrétiens par excellence. Suivant la couleur de leur teint, les crétins sont aussi désignés par les noms de marrons et de Bleichlmgef Weisslinge, c'est-à-dire pâles, blanchâtres. 11 est possible que la dernière dénomination ait été traduite en latin par cretnttus ou, par corruption, par cretimi* (crayeux, d'un blanc de craie). La dénomination de fous , d'idiots , de simples, est très-répandue. C'est ainsi que, dans le Valais, on les désigne sous le nom de gouchen, trtssel, têcheiten, tachengen, tschoUincn, etc. Dans le pays de Salzbourg, on les nomme /exe. En Alsace, on les appelle, dans le langage patois, des folle, tschoïle, mots dérivés de toll, insensé, des gaùteche (maladroits, stupides). Dans

les Pyrénées , on leur donne le nom de cagots. Ramond a fait, d'après une croyance populaire, une race à part de ces malheureux êtres.... »

M. Kœberlé a eu raison de mettre un point d'interrogation après le mot cretira; en effet , il n'existe pas dans le Lexique de Raynouard , où créature se dit bonnement creatura :

Don a , la gcnser creatorm

Quo anc formes ol mon natura.*

(Arnaud do Marenil.)

Mais il aurait dû placer le même point après cretinus, «jui est du latin tellement corrompu qu'on peut le dire inventé pour la circonstance. La basse latinité ne connaît que crctina, crue d'eau, débordement, en vieux français crétine ou créture, et dans l'ancien latin, crayeux se rend par creteus (Lucr.) ou par cretaceus (Plin.). H faut chercher de préférence la raison des étymologies dans les opinions populaires; aussi croyons - nous , avec Fodéré, que crétin vient de chrétien ; déjà les anciens regardaient l'homme en démence comme possédé d'un dieu. Ces observations n'enlèvent rien au mérite de l'Essai de M. Kœberlé; elles s'effacent surtout devant le renom récent qu'a valu à l'auteur sa belle opération d'ovariotomie, et nous saisissons cette occasion de féliciter cordialement le savant ovariototnùte. P. R.

1. Dame, la plus gentille créature que formât oucques au monde la nature.

Culte et pèlerinages de la Très-Sainte Vierge en Alsace, par le vicomte M. Th. de Bussierrc. Paris, Pion, 1862. 1 vol. in-8° de viii-408 p.

Ce volume , dédié à Mmc la comtesse Charles de Germigny, née Humann, a été suggéré à l'auteur par le comité historique de Notre-Dame de France, qui l'a chargé de recueillir les documents et les faits relatifs au culte de Marie en Alsace. M. de Bussierre essaie d'abord de faire connaître les origines de ce culte ; puis il passe à la cathédrale de Strasbourg, le monument le plus pompeux qui ait été élevé dans la province en son honneur; enfin, il parle des lieux de pèlerinage qui lui sont consacrés. Il en existe soixante-six dans le diocèse de Strasbourg; il est, sous ce rapport, le plus riche de France. On en compte trente-quatre dans le département du Bas-Rhin , et trente-deux dans celui du Haut-Rhin. Ceux du Haut- Rhin étaient au nombre de trente-cinq ; mais il en est trois qui ont été détruits et qu'on n'a pas encore rétablis : ce sont ceux de Dusenbach près de Ribeauvillé , d'Ensisheim et de Maria-Brunn, à côté de Rœdersdorf. M. de Bussierre publie l'histoire du premier de ces sanctuaires et de courtes notices sur les deux autres. Sur plusieurs pèlerinages, on trouve des renseignements assez complets dans les archives locales et dans les écrits des chroniqueurs; au contraire, l'origine et les destinées de certains autres ne sont plus connues, parce que les documents qui s'y rapportaient ont disparu soit durant les guerres du seizième et du dix-septième siècle, soit pendant In révolution française. M. de Bussierre fait connaître suc-

cinctemcnt ce qu'il a pu recueillir, et, afin de donner plus de variété à son récit, il expose en même temps quelques faits relatifs à l'histoire plus générale de la province : il prend pour point de départ le nord du département du Bas-Rhin, et s'arrête à la frontière méridionale du diocèse.

M. de Bussierre prétend démontrer que le culte de Marie est aussi ancien en Alsace que le christianisme même ; mais il prend trop facilement ses inductions pour des preuves : les premiers évêques d'Argentorat échappent au contrôle de l'histoire, et leur existence est surtout légendaire; tout au plus peut-on rapporter à Clovis la fondation première de la cathédrale, et ce n'est qu'à Dagobert II que le jour se fait dans les annales de l'évêché, comme dans l'histoire du culte de Marie. Nous avons aussi été étonné de voir attribuer à Erwin , pour lieu de naissance, Steinbach près de Thann , alors que l'opinion commune lui assigne, à cet effet, Steinbach en Bade, et que, d'autre part, Strobel allègue un manuscrit qui le fait citoyen de Mayence. Quoi qu'il en soit, nous rendrons hommage à l'érudition de l'auteur, et nous ajouterons encore qu'il a complété son travail par la liste des paroisses du diocèse qui vénèrent la Vierge en qualité de patronne.

Notice historique mr l'établissement de j)iscictilture de Hunmgue; Strasbourg, imprimerie de veuve Berger-Levrault. 1862, in-4°. 144 pages.

Cette notice a été rédigée, sur la demande de l'adini-

nistration , par M. l'ingénieur en chef des travaux du Rhin , qui a soub sa direction rétablissement de pisciculture de Huningue. Elle se divise en deux parties : texte et documents statistiques. La première partie commence par des observations préliminaires : « La pisciculture paraît avoir été connue et pratiquée à toutes les époques. Chez les Chinois, elle est, depuis un temps immémorial, à l'état d'industrie. Les Romains la faisaient servir autrefois à leurs distractions, à leur luxe culinaire , et dans un coin reculé de l'Italie , une branche spéciale en est demeurée, jusqu'à nos jours, l'objet d'un commerce important. Au moyen âge, dans plusieurs pays, et particulièrement en Allemagne, les corporations religieuses tiraient un parti avantageux du peuplement bien entretenu des eaux placées sous leur dépendance. Maintenant encore , dans quelques Etats de la Confédération germanique , l'on applique à l'élevage et à la conservation des poissons dans de petits espaces, des procédés dont l'origine remonte très-loin. » Les documents statistiques font connaître que, dans le Bas-Rhin, les alevins provenant de Huningue sont élevés jusqu'à l'âge d'un an , dans des rigoles et bassins alimentés par une source voisine très-abondante, puis transportés dans les étangs à truites du Hasselthal. Dans le même local, on a élevé des saumons du Rhin et des truites des lacs, éclos à l'établissement de Huningue le 4 février 1860. Les Baunions ont aujourd'hui la taille de 20 centimètres et plus, les truites de 12 à 15 centimètres. Une partie des alevins de 1861 s'est échappée par une fissure de la grille

en amont, et s'est réfugiée dans les rochers (l'on sort lu source ; ils y prospèrent et on les prendra peu à peu.

Un de nos compatriotes, M. Anatole Picquart, auditeur au Conseil d'État, sous-préfet de Saint-Calais , vient de publier un petit volume , intitulé : Des sociétés de secours mutuels , petit manuel pratique ; Saint-Calais, 1862.

La législation des sociétés de secours mutuels , leur but, leur organisation , les avantages que chacun peut en retirer, tout ce qui , en un mot, intéresse ces institutions destinées à soulager les misères de l'humanité , se trouve développé dans cet opuscule d'environ 60 pages. M. Picquart, daus ce manuel qu'il s'est efforcé de rendre aussi élémentaire que possible, a su s'inspirer de l'opinion des esprits éminents de notre époque. Les citations qu'il nous donne, extraites des discours de l'Empereur, des ouvrages de Thiers, de Fréd. Bastiat et d'AJph. Karr, prouvent que c'est réellement par sympathie qu'il s'est consacré à l'accomplissement de cette grande œuvre : Améliorer le sort des ouvriers des villes et des campagnes.

« Puissions- nous , dit M. Picquart, être compris des «hommes de cœur dans les mains de qui tombera ce « petit manuel !

«Puissions-nous éveiller en eux la ferme volonté de « seconder les généreux efforts du chef de l'Etat pour la «prospérité de notre beau pays, et voir enfin s'accom- « plir, dans une fraternelle association entre tous les ci- «toyeus riches et pauvres, cette parole du divin maître: « Aimez-vous les uns les autres. »

( 42 ) VARIÉTÉS

Les roiRBS. — Presque tous le» an», nos foires servent, dans le* journaux, de prétexte à deB articles qui déplorent la retraite du pittoresque et do l'imprévu devant l'ordre et la régie, ou qui décernent Himplement à l'administration un brevet do lèle et d'excellence ; voici un voyageur désintéressé qui, dans uue lettre datée d'Amasia, en Asie-Mineure, et adressée a M. Hachette, bc trouve faire sur les foires des réfloxions qui nous semblent fort justes. Après avoir décrit la foire do Zilch, en Anatolic, M. Perrot ajoute : • L'Asie-Mineure est dans un état qui, pour bien des années encore, rend utiles ces marchés extraordinaires, assure le succès de ces foires qui, chex nous, diminuent chaque année d'importance. Les foires rendent des services et attirent une grande affluenco là où les routes sont mauvaises et peu sûres; les relations entre les différents centres do production, rares et difficiles. Dans ces pays, à certains moments, la prévision d'un gain assuré décide les marchands à transporter leurs denrées a une distance considérable sur un point où lia sont sûrs de les placer avec avantage et de pouvoir acheter en retour ce qui manque chex eux. Alors les routes se couvrent de monde; le gouvernement, qui en temps ordinairo no gène point l'Industrie des voleurs de grand chemin, fait au moins semblant de prondre de» précautions. On arrive alors de toutes parts dans une ville où se rendent , outre les négociants, tous les gens des environs qui, sachant trouver sur ce marché ce dont ils ont besoin, ont attendu jusque-là pour bc pourvoir. La, au contraire, où l'on se procure chaque jour au fur et à mesure des besoins tous les objets nécessaires, comme cela arrive maintenant chex nous, on ne réserve point ses achats pour une époque éloignée, et les foiroB, excepté celles où se vendent les grains et les bestianx, n'ont plus de raison d'être. Mais les foires d'objets fabriqués, comme celle-ci, comme autrefois notre foire do Boaucaire, correspondent à un état de société imparfait et troublé, comme l'était le moyen âge, comme l'est encore, pour l'empire turc, le dix-neuvième siècle. » Il paraît qu'en 171*0 , uos bourgeois considéraient encore le* foires « nmme nécessaire.-, puisqu'il* présentèrent au comité du commerce

un mémoire contre l'odieux projet de leur abolitiou '. Si aujourd'hui les marchands de Francfort, d'Augsbonrg et de Nuremberg ne viennent plus les visiter comme au dix -septième siècle par exemple, il leur reste à distraire l'œil et à faire passer un quart d'heure de loisir.

Une brochure de M. Levasseur, Ouvrier» et Ouvrière* , contient le pa*sage suivant : . C'est au sud-ouest de Mulhouse, sur les bords du canal, dans le voisinage du chemin de fer et des fabriques que s'élèvent les cités ouvrières, et au centre sur la place Napoléon les bains, le lavoir, la boulangerie, le restaurant , la bibliothèque et le magasin ; plus loin la salle d'asile ; dans les rues voisines, les maisons tantôt alignées les unes à côté des autres , tantôt groupées par quatre en forme de pavillons et enveloppées d'un petit Jardin , pour satisfaire les différents goûts et so mettre a la portée de toutes les bourses. Au restaurant on peut dîner pour 40 cent., ou mieux encore acheter la soupe et lo bœuf; la mère do famille y trouve le dîner qu'elle n'a pas eu le temps de préparer, pendant qu'elle était retenue à la fabrique ; pour .". cent., elle passe deux heures au lavoir, et chaque habitant de la cité peut, pour 20 cent., prendro un bain, linge compris. On ne saurait croire quelle puissance exercent sur la moralité les habitudes do propreté qu'inculquent à la classe ouvrière de pareilles institutions. Il y a une influence plus paissante encore, c'est celle de la propriété qui attache l'homme au sol et qui d'un hôte passager et indifférent fait un citoyon intéressé au mainticu de l'ordre. L'ouvrier qui a lo droit de dire • ma famille et ma maison » tient i la société par les deux liens les plus forts qui ont servi à la nouer elle-même dans le principe et qui la maintiennent toujours. C'est ce que l'association do Mulhouse a compris et elle met en vente les maisons qu'elle construit, renouvelant et poursuivant ses opérations à mesure qu'elle refait sou capital. Sur 428 maisons bâties en 1859 il y en avait déjà 320 qui avaient trouvé des acquéreurs, et les ouvriers avaient pu déjà payer 272,000 fr., représentant à peu près le quart de la valeur totale. Dans les premières années 17 à 1800 fr. suffisaient, aujourd'hui la cherté des terrains et de la construction l'a forcée k élever ses prix à 2400 et à 3000 fr. Mais elle n'exige cepen-

I. Vojr Spindler. Archiva dt l'ancien renyt dtt marchandé dr Stratbourg . IK6I.

daot que 300 fr. eu payement des frais et comme garantie des épargnes futures; quant au reste, elle le prélève par un amortissement combiné sur une période do vingt années, do manière à ne faire payer a l'ouvrier qu'une somme peu dlfTérénte des loyers ordinaires de la ville, de 10 à 10 fr. par mois. Ses 430 maisons sont occupées, d'autres se construisent chaque année ; la plupart so sont vendues, les annuités se payent , la société se soutient et un immense progrès a été accompli. >

Nous extrayons ce qui suit d'un article de M.Perrens sur les thèses de doctorat depuis 1H50 :

. M. Dansin a attiré notre attention sur les mercenaire* et 11 nous amène à conclure, un peu malgré lui, que dans une société surchargée d'esclaves disséminés tout autour du bassin de la Méditerranée, l'institution dos mercenaires était inévitable et que c'est elle qui a fait le salut de la Grèce. M. Fusiel de Coulanges, en nous parlant dePolyhe et, à son sujet, de laOrèceau temps do l'extrême décadence et de la conquête des Romains, nous mène à la recherche des causes qui ont produit ce sinistre et inévitable résultat. S'il a tort de les voir dans l'esprit municipal qui était en quelque sorte l'âme des Grecs et sans lequel ou aurait peine à les concevoir, il nous fait du moins toucher du doigt les vices delà civilisation grecque, la mauvaise répartitiou des richesses qui amenait lo désir et le goût des révolutions, des rapines, des violences, la tiédeur du patriotisme, cette institution même des mercenaires dont il vient d'être question. M.J.J.Wciss.quaud il étudie V instruction judiciaire, chez le, Romains, s'attache surtout i mettre le doigt snr les plaies et i compléter Montesquieu. Ce qui frappe et ce qui afflige dans ce travail, c'est d'y voir que lo respect des Uomains pour la dignité humaine, pour le droit individuel, aurait été une cause do décadence. Etrange résultat, n'est-il pas vrai, qu'un sentiment qui suffirait à honorer un peuplo ait pu contribuer à sa ruine! Mais, comme le mal peut sortir du bien, ce respect étant exagéré vicia radicalement les lois criminelles. Lo désir de mettre l'attaque et la défense en parfait équilibre, fit abandonner l'une aux particuliers, c'est-à-dire à la haine, ce qui nuisait à l'autre et faisait du premier coup pencher la balance, car on n'accusait qu'après avoir mis toutes les chances do son coté. •

Le Théâtre do la Porte-Saint-Martin vient de joacrles Étrangleur» de l'Inde, drame en cinq acte» et neuf tableanx, par M. Charles Garand, de Strasbourg. Il y a dans ce drame des situations hardies et des moyens scénlqnes à faire pâlir d'épouvante les charpentiers ordinaires du boulevard. La pièce se jonche de cadavres et se sature d'horreurs. Il y a quelques années on fit représenter en Angleterre un drame indien dontNana-Saîb était le héros. Le peuple fut si exaspéré des atrocités dont il Be rendait coupable qu'à la sortie du théâtre, on voulut éebarper l'acteur chargé de ce dangereux personnage : fantaisie populaire, renouvelée d'ailleurs des premières représentations du Tittu Andronieua de Shakespeare. L'œuvre de M. Garand a-t-elU> quelque analogie avec la pièce anglaise? c'est probable ; mais les Parisiens ont eu les nerfs moins sensibles que leurs voisins et ont bravement contemplé la tuerie qu'on mettait sous leurs yeux.

L'ouvrage Aut Frankreich(de la France), par Lucien Herbert (Leipilg , Grûnow, 1861), contient un chapitre intitulé : la Vie allemande en AUace, où l'auteur raconte le voyage qu'il fit à pied et les conversations qu'il eut avec un Alsacien allant de Mets chez lui. Dans ces conversations est intercalée l'anecdote suivante : « Le soir était arrivé et nous entrâmes dans une modeste auberge de village. Là s'était passée le même jour une histoire drolatique que l'on nous servit toute chaude. Un couple s'était rondu le matin à la mairie pour célébror son mariage civil. Mais le maire avait dû s'absenter pour affaires pressantes, et l'on fut forcé d'envoyer chercher l'adjoint, qui exerçait l'état de boucher. L'adjoint se laissa chercher longtemps, et lorsqu'il ne put plus faire autrement que de paraître, il lança aux fiancés, qui no s'y attendaient guère, ces mots foudroyants : « Où avez-vous pris la viande du repas de noces? — Chez Cusset, répondit le fiancé tout bonnement. — Eh bien , allez aussi chez Cusset, pour vous faire marier. » Il dit et sortit, laissant les gens de la noce ahuris de sa conduite. Mais bientôt ceux-ci firent bonne mine à mauvais jeu, rédigèrent une protestation et, taudis qu'un témoin la portait au siège de la sous-préfecture, attendirent gaîment la réponse à l'auberge en chopinant et trinquant. » D'après le voyageur, le village, témoin do l'histoire , n'appartient pas à l'Alsace. P. K.

LIVRES RARES ET CURIEUX A PRIX MARQUÉS

37. Testament politique du cardinal de Richelieu. Amat. , 1688.

2 vol. eu 1 v. hr., pet. in-12 6 fr.

Ce testament n'a eu de succès que cinquante an* après sa publication, lorsque Voltaire a essayé de faire tomber ce livre parmi cette coliue d'ouvrage* apocryphes, qui alors, comme aujourd'hui, se produisaient sous le patronage de noms célèbres. On croit que ce testament a été imprimé sur uue copie que Richelieu avait donnée a sa nièce la duchesse d'Aiguillon , et que celle-ci avait laissée en mourant à M— de Vigean, son amie. (Rxt. du cal. Pixérécourt.)

38. Cit. Nodier. Notions élémentaires de linguistique. Bruxelles, 18.34 : in-18 ; cart. av. tit 2 fr. 50 c.

39. Bertoldo cok Bbrtoldixo e Cacasenno inottava Rima con argomenti allégorie. In Yenexia, 1739; pet. in-8*, 21 flg. cart. av. tit.

5 fr.

PoSine burlesque.

40. Lks Haoiooraimibs kt lbb Prophètes. Traduction nouvelle d'après l'hébreu, par II. A. Perret-Gentil. Neu/châtel, 1847; gr. in-8* br. 866 pp. {épuisé) 6 fr.

Deuxième partie de l'Ancien Testament La meilleure traduction existante de celte partie des livres saints.

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