II Y
VARIÉTÉS
Quel ont lo bibliophile qui ne se découvrirait au nom do Lovrault y aï rc8pccté dans l'Kuropo savante et lisante? Imprimerie fondée on l&ll, comptant de pôro en fils 214 années d'existence, représentée aujourd'hui par Madame Veuve Berger-Levrault et Fils. A quoi comparer cet immense établissement, qui réanit toutes les parties de la typographie, si ce n'est à celui si célèbre do M. Mame, do Tours? En effet, on y trouve une très-importante librairie, nno ' fonderie en caractères, nne lithographie, des ateliers do clichage , do reliure, de réglure, de gravure, huit presses mécaniques mues par la vapeur, dix-huit presses à bras, deux presses hydrauliques et tout un matériel immense qui permet d'entreprendre les plus gigantesques travaux typographiques. Il faut remonter aux temps les plus glorieux de M&f. Firmin Didot, qui avaient de plus des papeteries, pour trouver de telles ressources et de tels arsenaux artistiques.
La respectable et antique imprimerie de Madame Veuve Berger- Levrault est toujours i la tôte du progrès : ce qui le prouve, ce sont deux chefs-d'œuvre typographiques qu'elle vient de publier; le premier est un véritable bijou typographique, dont le titre est: Point db lshoemaiit. Comts. 1 vol. in-lX, de XXTV et 48 pages, titre rouge et noir : ce bijou littéraire a Justifié son titre, car il n'a pas eu de lendemain; l'édition entière a été vendue le mémo Jour; le second est d'une très-haute importance pour la science militaire ; lo titre e»t : Guerbe d'Obiemt ; SiicoE de Sébastopol, 8 volumes in-4«, de 142G pages, avec un magnifique atlas, in-folio, contenant 151 planches , admirablement gravées.
Dans notre volume de la Librairie française de Î789 à 1860, nous avons décerné à M. Silbermann lo tribut d'éloges qui lui est si bien dû. Savant et intelligent praticien , il est véritablement le père de la polychromie, autre art aux merveilles les plus délicates, et qui défie le pinceau le plus exercé. Qu'il y a loin de lui aux rentrées à trois couleurs de Gutenbcrg et de quelques-uns de ses successeurs ! Cependant beaucoup d'amateurs de l'art typographique sauraient le plus grand gré à M. Silbermann , s'il voulait condescendre à leurs désin» en appliquant à la presse proprement dite les réi>ultat5 poly.
chromos , et nous restituer les Rubriques des temps passés , la couleur mordaut lo papier comuio l'encre d'imprimerie. {Histoire du Livre en France y par Edm. Wcrdet. Tome IV, 1802. E. Dentu.)
En 1464 , le roi de Bohâme y George de Podiobrad . envoya ses ambassadeurs iV Louis XI pour lui proposer cotte grande chose : Torganisation d'une nouvelle Europe. Le journal do l'ambassade , rédigé par un des secrétaires nommé Jaroslaw et mis récemment en lumière par le savant Palacky, est un curieux tableau de l'époque. Quand les envoyés traversent l'Allemagne et la France, le contraste des peuples est vivement accusé. Les Français, qui se rappellent Ziska et les fanatiques du Tabor, sont tout étonnés de voir des Bohémiens si nobles, si grands , des chrétiens et non des démons. Les Bohémiens sont surpris et scandalisés de la légèreté des mœurs, surtout dans le clergé, du nombre et de l'impudence des femmes de mauvaise vie. néritiers d'une révolution terrible, ils en ont gardé la haute sévérité morale en y ajoutant ce qui manquait & leurs pères , la modération dans la force. Ce double trait de caractère est peint avec candeur dans le récit do Jaroslavr. Les ambassadeurs , par ordre du roi, s'étaient arrêtés dans les cours de Stuttgart , de Bade, où ils avaient reçu un accueil très-cordial. A Strasbourg, les ^er« hourgeoi» de la ville y comme dit Jaroslaw, leur avaient donné une garde do cent hommes pour les protéger dans les défilés des Vosges contre les brigandages du comte Ilans d'Ebersbourg. â Bar-le-Duc, Ils passèrent deux jours chez le roi René, qui les traita magnifiquement. Us arrivent enfin à Amiens et s'informent de la résidence du roi Louis XI qui chassait alors dans les forets de la Picardie, tout en combinant son autre chasse, son âpre et juste chasse aux tyrannies féodales. Le roi leur donna rendez-vous d'.abord à Abbeville, puis au village do Dompierre, où il les reçoit dan» un petit château -fort environné de marais.
La passion pour les bouquins, dit M. Ch. Nisard dans la Revue de VJvstntctiuH inibli'jnr, est louable vu soi , elle est au moins excuKable.
Pour inoi , j'aimo les bouquins, j'en révère jusqu'à l'odeur. Mais il y a bouquins ot bouquins, et tous ne méritent pas cet amour, ni ces hommagoA. Les bons sont en petit nombre, les méchants sont innombrables. C'est pour ceux-ci que la passion redouble chaque jour et va jusqu'à la fureur. J'ose même affirmer qu'elle est un obstacle sérieux à la propagation des livres modernes et qu'elle les tuera pour peu qu'elle continue. Quel spectacle que celui d'une salle de vente de bouquins ! Là 11 n'en est pas de si mauvais autour duquel on ne se batte, comme Grecs et Troyens autour du cadavre d'Hector; pas do si méprisé qu'on no réhabilite, pas de si gâté par le temps qu'on ne juge digue de toutes les richesses de la reliure. C'est bien pis , s'il est rare, s'il est seulement donné pour tel dans les catalogues, caria plupart des amateurs ne croient pas moins aux catalogues que les chrétiens à l'évangile ou que les Turcs au Coran.
M. Cousin n'est pas seulement le patriarche de l'écloctismc, ou du spiritualisme comme on dit aujourd'hui, c'est encore un bibliophile inspiré, qui a pris à cœur do recueillir les moindres opuscules des femmes célèbres du XVII* siècle, leurs petits romans on nouvelles , leurs lettres, leurs dissertations. Il avait jadis à sos ordres un jeune homme qui depiiUi . . . est devenu professeur dans notre contrée, mait alon servait à l'adorateur du beau , de secrétaire intime et particulier. Un jour que le maître donnait audience à un do ses amés ot féaux disciples, M. Saisset on M. Bersot, et lui versait des paroles d'encouragement on vuo do la guerre naissante contre le panthéisme et l'hégélianisme, le secrétaire, ennuyé, eut la témérité d'ouvrir l'armoire où reposaient les secrets des héroïnes d'un autre âge, et se mit à feuilleter négligemment une de leurs compositions habillée de maroquin puce , véritable petit joyau signé Cape ou Thomjuton. Soudain le maître arrive, il regarde, n'en croit pas ses yeux, pâlit, hésite, chancelle, et enfin s'affaisse en s'écriant : «Malheureux, rendez-moi ce livre! vous allez le hUsarr! . . . »
GUIDE ALSATIQUE.
Articles relatifs à l'histoire d'Alsace publiés dans des Recueils périodiques et ouvrages non spéciaux.
Les femmes d*AlRace. — Los asiles agricoles de Gcrnay et de Thaun. (il pied et en wagon, par M. E. Deitchanel. Paria, Hachette, in-18.)
La cathédrale de Strasbourg. — Histoire sérieuse et drolatique d'une horloge. — Réflexions philosophiques À propos d'un couple d*échassiers. — Outtembcrg. — Tombeau du maréchal de 8axe. — Un comte de Nassau et sa fille empaillés. — Un sacristain rapace. {Par monté et par vaux , par E, Jacob de la Cottière. Paris , Amauld de Vreêêe, in-18.)
L'auteur, en passant par Strasbourg, s'est arrêté à l'hôtet du CKapmunmge? ?
Mémoire sur les biens communaux dans le département du Bas-Rhin,
par M. Wœlflé , agent voyer à Bouxwillcr. [Nonvea^tx Méwu^ires de
la Société det êcienees , agricitlture et artê du Bas-Rhin, tome t ,
1" fascicule y Ueitz , imprimeur à Strasbourg, pages 48-159.)
Excellent mémoire qui a obtenu le prix offert au Concours par cette société.
Els&ssische Fahrten, von Friederich Hallborg. — Der Zaborgau. — Gœthe. — Buxsweiller und der Bastberg. — Der bischftffllche Palaat und dio Colonie derBeamtwittwen. — Très Taberna;. — Die Llcbtënberger. — Dio schdue B&rbel und der Bnxsweiler Weiberkrieg. [Westermann*s iliustrirte deutsche Monatshefie fur die gesammte geisHge Leben der Oegenwart, N* 69, pages 484-499.)
Liber Vagatorum. — Compte rendu. {Le Chasseur bibliographe. N*9y Septembre 186 J; Paris, François, libraire à Paris.)
Petites Erreurs de l'Âlsatia. — La Crypte d'Andlau-au-Val et sa fondatrice sainte Richarde , par Ch. Deharbe. — Anthologie épigraphiquo (Nicolas Marx d'Kckwershoim , Frédéric de Sickingen et les 8chwendi), par A. Straub. — Les trois vierges de Colmar, de Maricnthal et de SaTcrnc. — Les Vicissitudes du prutestantismo À Obernai dans le cours du XVl* siècle, par G***. — Un prédicateur
cathuliquo au XV «Iccle (GiSlor de Kai«or»btrg), par Wlutorer. - Les CourM colungùrea dn rAlsacv, par llananer. {Revue ceUhoJiqite (VAisacc , Mars à Septembre. 1803 y imprimerie Leroux à Strathourg.)
LcH Annales et la Chronique des Dominicain» de Culmar publiées par MM. Gérard et Liblin. l^tude critique par M. l'abbé llananer, par Ch' Daclir. {lUideïberger Jahrbûcher der Literatur, N* 2$-ISG2.)
Quelques obsorvatlons sur l'industrio chevaline du Bas-Rhin , par Ir major PoIIard. {Journal des haras. Juillet Î8G2, pages 481-438.) Avis aux bibliographes rider».
Bulletin mensuel d'Alsatica.
1. ETtDBS SL'K QUELQUES POETES AL8ACIEK8 DU MOTKK AGE dU XVI*
et du XVII* siècle, parL. Spach, archiviste du département du Bas- Rhin , petit in-8*. Strasbourg, typog. Silbermann , 170 pages. Tiré à petit nombre. {Extrail du Courrier du Dos-Rhin.)
2. Album de Nieoeoubohn et ses envikoks, parle D' Klein, dessiné d'après nature et lithographie par Ch. Hancke. Strasbourg, typog. Le Roux, oblong, 54 pages, 15 planches.
3. Notice sue une ovariotomie pratiquée le 2 Juin 18G2 par K. Kœberlé, agrégé, etc. Str cubour g , typog. Silbermann, in-8*, 16 pages.
Extrait de la Gazette médicale.
4. Au8 DEM Seblbm-Leben einbb Blikdbk. Qedicbte von Caroline Gass geb. Nessier. Strasbourg, Noiriel, in-8* , X-162 pages . . 2 fr.
5. Pbooymnasb de Bisciiwiller. Discours prononcé à la séance do fin d'année, le 14 août 1862, pa||^. Kuhff, directeur de l'école. Strasbourg, typog. IleitZf in-8*, 24 pages.
C. Naueln^ji strosburgeb relje. N* 1. Lftcberli— un doch bedrflobt. Lithographie comprenant dix sujets d'E. Schweitzer avec texte : Tableau de la vie d'une jeune ouvrière.
Poésies d'an Strasboargeoii, par Bernhard. Uthog. ObertAtir fUs.