‹ Le Bibliographe alsacien (volume 4)Chapitre 123 sur 129 · EXPOSITION DE L'ASSOCIATION RHÉNANE DES AMIS DES ARTS A STRASBOURG · texte numérisé non relu

EXPOSITION DE L'ASSOCIATION RHÉNANE DES AMIS DES ARTS A STRASBOURG

Nous avons , Tannée dernière , assez longuement insisté sur l'organisation et les tendances de la Société des amis des arts , pour qu'il nous paraisse inutile , aujourd'hui , de revenir sur le même sujet. Notre conclusion était celleci : « Depuis ving^ ans , vous demandez à T Allemagne un enseignement qu'elle ne peut vous fournir ; les œuvres qu'elle vous envoie , loin de contribuer au développement du goût , ne peuvent que fausser l'éducation 'du public en matière d'art; reconnaissez donc votre erreur et cherchez une voie nouvelle. »

Voyons maintenant ce qui a été fait depuis lors , et si les faits accomplis pendant l'année écoulée ont infirmé ou confirmé nos appréciations. £t tout d'abord , jetons un coup d'œil sur le compte rendu annuel lu dans l'assemblée générale du 24 janvier dernier, et publié récemment par les soins du Comité.

Ce document imprimé dont l'examen rentre tout natu-

rellement dans notre spécialité , comprend un discours fort remarquable de M. Marcotte , président de la Société, le rapport annuel de M. Blanck , secrétaire , les comptes du trésorier et les résultats du tirage au sort de la loterie des objets acquis par la Commission.

Nous ayons retrouvé dans le discours de M. Marcotte cette élévation d'idées, ce sens juste et droit qui déjà ont marqué le passage de cet éminent amateur à la présidence, lors de la gestion de 1859. Nul mieux que lui n*a dépeint le mouvement constant et progressif des idées artistiques, les besoins nouveaux de notre époque à cet égard , et indiqué les moyens de donner satisfaction à ces goûts impérieux qui , plus encore que chez nous , se développent, à rétranger, avec une rapidité inquiétante pour la prééminence acquise à la France depuis près de trois siècles. Oui, assurément, pour conserver cette précieuse suprématie , il ne suffit pas d'améliorer renseignement professionnel , il faut encore, et surtout, veiller sur rédncation de tous, car cla vulgarité du goût du public «est, par une réaction naturelle et inévitable, en dépit « de tout enseignement , la cause de la vulgarité des pro- « ductions de Tart et de rindustric. »

Ainsi , les sociétés artistiques ont charge d'âmes , puisque à elles seules est dévolue , en province , cette mission délicate d'initier les masses au sentiment du beau par la contemplation des chefs-d'œuvre de l'art. Mais ce but, la Société rhénane l'a-t-elle atteint? C'est ce que ne dit pas M. le président, et ce que, en bonne conscience, il ne peut dire ; mais pour noue qui n'avons pas les mêmes

ménagements à garder, nous nous prononcerouB nettement pour la négative. Où sont, en effet, je ne dirai pa« les chefB-d*œuvro qu'on doit exposer à notre admiration , mais les productions d'un goût pur et distingué dans lesquelles le public trouvera cet enseignement qu'il demande à vos expositions? Ces œuvres banales, vulgaires s'il eu fut jamais , qui , pour le plus grand nombre , « manquent d'élévation et de mérite, > sont-elles bien ce qu'il lui faut? Et n'est-ce pas , avant tout , dans les mécomptes d'un besoin non satisfait qu'il faut chercher la cause du peu d'influence qu'exerce au milieu de nous la Société rhénane?

M. le président attribue l'indifférence du public au défaut de patronage et de concours de l'administration locale. Certes, nous regrettons avec lui qu'une institution dont personne de nos jours ne peut contester l'utilité et dont la conservation importe essentiellement à la grandeur de la cité , ne reçoive pa£ les encouragements auxquels elle a droit, et nous joignons volontiers nos vœux aux siens pour que les démarches tentées dans ce but soient enfin couronnées de succès; mais M. Marcotte n'est-il pas mieux inspiré , lorsqu'il fait appel à tous ceux de nos concitoyens dont le concours a jusqu'ici fait défaut à la Société? Par les efforts individuels des membres de l'association , le but ne serait-il pas plus sûrement atteint? Nous admirons fort la persévérance qui a déjà valu à la Société trente-trois années d'existence , mais cette qualité , si précieuse en elle-même , dégénère fatalement en un grave défaut , lorsqu'elle n'est pas alliée h l'esprit

de progrès. Il ue suffît pas aujourd'hui d'exister pour viyre, il faut encore, sons peine de déchéance ou de mort, marcher sans cesse en avant et suivre le mouvement de l'époque.

C'est ce dont ne paraissent pas convaincus tous les membres du Comité , si nous en jugeons par le rapport de M. le secrétaire. D'après ce document trop incolore d'ailleurs pour que nous nous 7 arrêtions longtemps, tout paraît être pour le mieux dans la meilleure des sociétés possibles. — Un membre , dans une des précédentes réunions, avait émis un vœu tendant à créer, à Strasbourg, un musée composé des meilleures œuvres des artistes que l'Alsace a vus naître. Appelé à se prononcer sur cette proposition dont il serait superflu de faire ressortir toute la portée , le Comité , « tout en reconnaissant l'idée bonne en elle-même, mais d'une exécution fort difficile, a décidé que, comme antérieurement, il ne faudra pas laisser passer l'occasion d'enrichir la collection par des compositions dues à nos compatriotes. » Pour qui connaît la pauvreté dudit musée, cette décision équivaut à une fin de nonrecevoir.

Pour terminer avec ce compte rendu , constatons que parmi les œuvres d'art acquises en 1863 , se trouve le remarquable paysage de Corot qui a figuré à la dernière exposition. • — C'est là un véritable événement , comme une sorte de concession faite aux tendances nouvelles qui se font jour, malgré tout, dans le sein même du Comité; quoi qu'il en soit, c'est un progrès que nous sommes heureux d'enregistrer. Il est vrai que comme cor-

rectlf à cette louable mesure , nous avons à signaler Tacquisîtion d*une tête de Vénitienne , par M. Gaul , peinture lourde, sans caractère, comme sans distinction, bien digne, au dire de M. le secrétaire, de figurer à côté de la sainte Marthe de Caminade, que la Société a le bonheur de posséder depuis longtemps.

En résumé , une bonne acquisition et un excellent discours dans lequel sont clairement indiqués les défauts du système actuel d'organisation de la Société *, tel est l'apport de la gestion du Comité de 1863. Quant à Texposîtion , nous avons dit ce qu'elle était; voyons quel enseignement nous pouvons tirer de celle qui est ouverte , en ce moment, dans les salles du musée.

Constatons d*abord une notable diminution dans le nombre des objets exposés : tandis que le livret de 1862 contenait plus de 500 numéros , celui-ci en enregistre à peine 200. A cela, d'ailleurs, le mal n'est point si grand, car ici la qualité des œuvres importe plus que le nombre, et nous ne pouvons que féliciter le Comité d'avoir, malgré cette pénurie, éliminé encore certaines toiles d'une infériorité trop choquante.

Comme toujours, les peintres français , quoique eu mi-

1. • Noua entendons souvent élever, an sujet de n or expositions une critique dont nous sommes les premiers à reconnaître la justesse Il n'est que trop vrai que, sur 400 ou 500 ouvrages exposés chaque an née , le plus grand nombre manque d'élévation tt de mérite. Cela tient Messieurs, à l'insuffisance de nos ressources. Cette insuffisance» d'à bord , nous impose un système d'organisation qui nous dte la liberté de nos mouvements et nonn interdit tout progrèê sérieux. • (Compte rendu de 1864, page 7.)

norité, tienneut le haut bout du salon, M. Paul Flandrin en tête, avec une excellente copie d^un des plus remarquables portraits de son illustre frère , peinture pleine de vie et de sentiment et d'une coloration plus chaude que ne le sont habituellement les œuvres de ce maître regretté. Puis vient M. Corot , qui , grâce à Dieu , a maintenant acquis droit de cité parmi nous depuis que sa délicieuse Vue de VUle-d'Avray est entrée dans le musée de la Société; M. J. Rozier, le peintre des campagnes toujours vertes de la Normandie , et M. Daubigny , avec lequel il fait si bon s'égarer dans les blés et les sentiers fleuris. Avec ces maîtres du paysage marchent de pair M. Jadin, qui a exposé deux lévriers peints de cette main si habile à indiquer par des touches magistrales la structure anatomique des animaux*, et M. Ziem, non moins sûr de lui lorsqu'il s'agit de peindre les rivages lumineux de l'Oriont ; l'aquarelle de ce dernier, représentant la Pêche du thon dans la Méditerranée , est d'une énergie, d'un éclat de couleur qui défient toute comparaison.

1. Ce remarquable epécimen d'un maître justement estimé a été acquis par la ville , poor le musée « ainsi qu'une charmante composition de M. Jnndt, La Première Discorde, exposée postérieurement à la rédaction de cet article. On ne pouvait, selon nous, faire de meilleur choix , et tout le monde , nous en sommes convaincu , saura gré à l'administration municipale d'une mesure qui semble indiquer» pour l'avenir, des Intentions plus favorables aux questions d'art qu'elle parait avoir traitées Jusqu'ici avec quelque indifférence.

Parmi les œuvres exposées récemment et dont nous regrettons de ne pouvoir parler plus largement, nous signalerons encore la Me$$e du dimanche dans un village dee Pyrénées f par M. Landelle , œuvre tout i la fois charmante et sérieuse, qui mérite à elle seule une visite à l'exposition.

On remarque aussi' la Vierge de M. Diaz , d'une couleur toute vénitienne , mais dont le dessin n'est pas irréprochable ; les deux charmants sujets de M. Lepoîttevin , Pêcheur et chctseeur, si spirituellement peints , les scènes champêtres de M. Veyrassat, la Basée- Cour de M. Rousseau, traités no& moins habilement, les paysages de MM. Dupré, Viot, Ponthus-Cinier, Ouvrîé, Guiard, Fabien Brest, £ug. Deschamps.

Parmi les autres toiles qui méritent une mention spéciale , je signalerai encore V Intérieur italien, de M. Brandon , peinture sans recherche , mais d'une grande fermeté, les Bœvfa au pâturage, de M. Weber, les Poiêêons et natures mortes de M. Michaud, d'une remarquable vérité et d'une savante exécution , et enfin , le gracieux tableau de M. Lambert, représentant un Champ de bata£ile; au milieu se tient , dans toute l'ivresse de la victoire , un jeune barbet, aux pieds duquel gît la victime... une taupe ! Le terrain , jonché de fleurs brisées , atteste l'énergie de la lutte.

Passons maintenant dans le camp allemand, nous y retrouverons les paysages suisses bien connus de MM. Zimmermann et Castan , les Effets de neige de MM. Stadmann et KaufFmann, puis, deux ou trois tableaux devant lesquels il est bon de s'arrêter un instant. En premier lieu , c'est une charmante Scène d'adieux peinte par M. Striebel ; un jeune artisan quitte son village et sa fiancée, à l'aube du jour, pour commencer sa tournée d'apprentissage; il y a beaucoup de g^râce et d'abandon dans la pose de la jeune fille et un joli sentiment dans les têtes. M. Kœrlc

a traité aussi avec habileté et goût un petit sujet plus insignifiaot, le Vase brisé , mais son tableau n'est ni moins bon, ni moins agréable. Voici enfin une scène de mœurs interprétée avec esprit et talent par M. Dyck , de Munich : ce sont cinq bons bourgeois ou commerçants qui ont quitté leur petite ville pour se rendre en dépuiatùm auprès d'un ministre quelconque; ils se tiennent droits et respectueux dans le vestibule (lequel , soit dit en passant, est magnifiquement peint) , lorsque vient à passer l'huissier de l'Ëxeellence , devant lequel ces braves gens s'inclinent très -humblement à qui mieux mieux. Ce petit tableau dénote chez son auteur beaucoup de finesse d'observation, et, chose rare dans la moderne école allemande, l'exécution , quoique soignée', en est simple et large.

J'arrive enfin aux artistes alsaciens. Cette aiiifée encore , ils s'abstiennent de paraître à l'exposition rhénane , sauf M. Schuler, dont nous avons revu avec plaisir le Gage toîiché, du dernier salon , et M. Touchemoulin , qui a exposé un tableau peu important. C'est donc ailleurs qu'il faut chercher les travaux de nos artistes, au salon de Paris, où, comme toujours, ils tiennent honorablement leur place. Un seul nom manque au livret, celui de M. Haffiicr, mais nous savons tous que Tëminent et laborieux artiste n'est pas homme à s'endormir sur ses lauriers. Dernièrement, en efiet, il a terminé, pour le château de Saussure, une importante composition que nous aimerions à décrire ici , si l'espace ne nous faisait défaut. C'est un immense plafond figurant une galerie circulaire autour de laquelle se développent les principaux épisodes

d'uue joyeuse fête CTnégétique et gastronomique. Le maître du lien ouvre la marche , la chope en main et la carabine sur Tépaule , appelant à sa suite ses aimables compagnons , tons bons vivants , je vous assure , et francs chasseurs. Puis défile une armée de marmitons en vestes et berrets blancs portant, celui-ci un gigantesque pâté de Doyen , celui-là des paons et des coqs de bruyère aux brillants plumages, cet autre les flacons pleins de la liqueur ambrée des coteaux rhénans. Après eux viennent les traqueurs chargés des produits de la chasse , sangliers au poil noir et rude , chevreuils à la robe fauve , puis le menu butin , lièvres , lapins , feusans et perdreaux ; enfin, un groupe de paysans alsaciens dans leur pittoresque qostume ferme cette marche triomphale.

Tout cela est peint du premier jet ; aussi la couleur a-t-elle conservé une franchise de ton , une harmonie et un éclat qui rappellent toute la magnificence des fameuses Noces de Véronèse. Les têtes sont belles et expressives, et plus d'un joli minois apparaît dans ce joyeux cortège ; enfin , par la richesse et la variété des costumes , M. Haffner a su ajouter un attrait de plus à son œuvre qui comptera certainement parmi les meilleures productions de notre école.

22 mai 1864. A. Taintubibr.

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

Les Legs de Marc-Antoine, par Antoine Campaux. Paris, Deniu et Hachette; Strasbourg, Dérivaux, 1864; 1 vol. in-8" de 232 p. ; imprimerie de Heitz,

L^auteur de ce livre demande , à la page 89 , M. Sainte- Beuve pour juge de ses vers. Le Bibliographe n'a pas encore rhonneur de compter cet écrivain parmi ses collaborateurs, il le regrette pour un poëte tel que M. le professeur et docteur Campaux; toutefois, ce désavantage ne le fait pas reculer, et il tente la critique du volume en question, sûr qu'il se croit de posséder un bec de plume franc (p. 18) et de pouvoir , au besoin , fournir , à des élans et à des chutes amères^ l'écho moqueur demandé (p. 134).

Le volume renferme deux parties et une préface. La préface s'explique sur la forme du poëme , qui est celle de legs ou d'un testament. Cette forme valait-elle la peine d'être tirée de la poussière où elle dormait? Nous ne le croyons pas. L'auteur dit qu'il a cru piquant de l'appliquer à la revue des œuvres littéraires et des mœurs de son époque. Mais c'est là une première et grave altération de la forme de Villon. Chez Villon , cette forme est naturelle , et si un côté de la vie de son temps y est coutenu , c'est par l'effet du cours même de la pensée de l'auteur et non par suite d'un parti pris de satire et de didactisme.

La première partie des Legs, nous dit-on encore, reproduit quelque chose des fantaisies et des malices du

Petit Testament, comme la seconde rappelle les effusions et les mélancolies du Grand , et on igoute : « Ces legs sont de dates fort diverses et correspondent chacun, comme autant de chœurs légers ou sérieux , aux plus vives expériences de la jeunesse, ainsi qu'aux courants d'idées les plus marquants de ces quinze dernières années. » C'est \k une seconde dégradation commise sur le cadre dont il s'agit; on peut faire plusieurs testaments successifs ou refaire un premier testament, mais on ne fait pas un même testament à différentes dates ; de plus , les paroles citées sont bien solennelles, surtout lorsqu'on les met à côté de ceUcs-ci, que «Fauteur n'a guère emporté la pièce, il s'est contenté , en général, de chatouiller légèrement du bout de sa baguette l'épaule de ceux qu'il fait défiler tour à tour dans ses galeries. » Qu^avons - nous à faire de chatouillements? est-ce là le propre de la satire à cette époque que l'on nous peint si travaillée , si ténébreuse? La satire n'a point à chatouiller en 1864, elle doit marquer d'un fer chaud , si elle veut laisser des traces. L'époque actuelle recevra- t-elle un soulagement de poésies « inoffensives », de « malices innocentes »? La fin et les moyens semblent ici terriblement disproportionnés ; ce ne sont pas des malices innocentes qui relèveront la justice, la morale, la religion, sans compter le goût et le sens commun , tous blessés que M. le docteur Campaux s'est donné la mission de panser pieusement.

Nous aussi , nous pourrions ajouter qu'il est des impertinences dont le ridicule seul peut avoir raison ; enfin, en lisant un appel au mariage de la tradition et du progrès.

noua nous rappelions avoir coustat<^ dans le volume des actes de foi en nombre , mais une vraie affirmation du progrès nulle part.

Nous n'avons parlé jusqu'ici que de la préface , quelques mots sur les poésies mêmes suffiront. Le refrain de ces vers, qui n'en ont pas, c'est la plainte contre la misère , entrecoupée une ou deux fois par l'hommage à la pauvreté. £t ici , l'on nous place dans une situation délicate : la préface dit que ces legs correspondent aux plus vives eœpéHeneeê de la jeunesse, nous nous trouvons ainsi attiré vers l'étude de la réalité , et si nous essayons cette

étude, nous risquons d'encourir le reproche d'indiscrétion, sinon davantage. £n tout cas, ce cri de la faim rend un son assez étrange , renfermé sous la couverture d'un bel in-octavo, imprimé avec les caractères les plus élégants de Maître Heitz. C'est une nouvelle disproportion à jouter aux précédentes.

L'Université non plus ne peut pas s'enorgueillir de sentiments comme ceux-ci :

....On m'a déterré dan» je no sais quel coin Par les VosgeR perdu , bous la glace et la neige , Tout au fond des forêts, le plus humble collège OA jamais cntstre noir pourvu d'un parchemin Ait à d«B écoliers ânonné du latin.

Je veux vous laisser :

Et mon âm« et mon cœur don* je n'ai plus que faire, Pour débiter du grec, perché dans une chaire.

C'est bon à savoir. Quand nous n'aurons plus que faire de notre âme et de notre cœur, ce sera pour nous le moment de débiter du grec , perché dans une chaire.

Nous n'avons pas l'intention de parcourir la série de ces legs «inoffensifs» dont certains, aussi bien que ceux de Villon, sont ou deviendront des énigmes, même pour les Parisiens , auxquels le livre est destiné. Un de ces legs concerne la bibliothèque de l'auteur :

...Que de fois, le ventre crenx, bien triste, J'ai dépouillé tes rayons et tes ais!

11 paraît que ce ne sont pas seulement les poëtes dans la gêne qui en usent ainsi à l'égard de leur bibliothèque , car il est loisible au flâneur de rencontrer, même en province , « au bras du bouquiniste » , des livres encore marqués du stigmate académique, du crayon du professeur, et auxquels ou a tout au plus fait la grâce de changer leur robe accusatrice !

Comme nous nous reprocherions de ne pas mêler à « l'écho moqueur » le sou de la louange , nous conseillerons aux amateurs de lire , par exemple , les vers sur les femmes (p. 157), et surtout l'Ëpilogue, où la poésie soutient la réalité poignante sans la fausser. En revanche . nous n'avons nullement été délassé par le legs à Teutonie , bien que l'auteur l'ait destiné à cet usage : nous ne trouvons pas plaisant de se moquer de l'Allemagne quand ou est assez voisin d'elle pour la bien connaître , et nous regrettons aussi que l'Alsace, que la province que l'on habite et dont on est fils adoptif , n'apparaisse dans le volume que sous l'image d'une prostituée !

Des tendances pareilles donneraient décidément envie de souscrire au jugement modeste que le poëte porte plusieurs fois sur la valeur de ses manuscrits , et, en général,

en répétant pour nous ce titre des Ijcgs d'Antoine, il nous en venait à Tesprit un autre qui est celui d*nn vaudeville : /^ Toquades de Borromée.

VARIÉTÉS

Lbs BMTBBTiBns KT LBCTUssi à Ift préfeoture de StrMboarg se sont terminét après sept séMicet, •ccneilllet ATeo ane sympathie iinl npptlle Is favear dont fkirent entoorèes, en 1865, les leçons faites à l'hôtel de ville , particulièrement celles de MM. Colin et Janet , lesquelles ont même fourni le texte de deux livres remarquables : la Ol«(f de Vhiêtoire de la comédie grecque et la Famille.

M. Janet a, depuis, quitté Strasbourg, mais M. Colin est resté parmi nons. Il fait partie de la Société littéraire ^ et il aurait certainement rencontré le même succès qu'il y a neuf ans , s'il avait eu au serriee de ses idées, aussi justes que piquantes, et de son esprit tonjours Jeune, un organe moins fatigué par le long exercice d'un professorat exemplaire. Pour nous consoler de son silence , il nous a du moins été donné d'entendre MM. Waddington et Spach.

M. Spach a depuis longtemps , comme écrivain , fait ses preuves et marqué sa place. Sa leçon sur Lsns, le rival de Oathe^ nous Ta révélé orateur. Dans cette étude qu'il a pour ainsi dire improvisée, il a été souvent historien , quelquefois philosophe , toujours conteur aimable et spirituel, et, avant tout, poète ; on sentait à tout moment «celui qui devine sous celui qui sait. • Pour ne pas refaire ce qui est bien, nous répéterons que son étude a été • un voyage dans ces régions imma-

• térielles dont le ccBur, l'esprit et la raison se disputent l'empire et

• que Vhwmoriête orateur parcourt avec tant d'aisance. •

Si le désir que nous formulons aujourd'hui pouvait être de quelque poids près de M. Spach, nous le prierions de vouloir bien, avec le talent oratoire qu'il possède à un si haut degré, nous initier aux chefs-d'œuvre de la littérature allemande que personne ne connaît mieux que lui. Que d'auditeurs n'aurait-il pas et, plus tard, que de lecteurs en France, lorsqu'il aurait fait pour l'Allemagne littéraire, ce que M. Taine vient de faire avec tant d'éclat pour l'Angleterre.

En nn mot. len entretiens de KK. Spach et Waddington ont en le« honneurs des lectures publiques. Nous Toulons espérer que la clô> ture qui vient d*être prononcée ne sera pat déflnltlTe et quMl ne se passera plus neuf ans avant qu'il n'en surgisse de nouTelles. 8*11 devait en être autrement, le plaisir que nous avons en A entendre IfM. Spach et Waddington rendrait nos regrets trop amers.

Lbs rACULTibs DES LBTTUBS DU PBOviKCE. — • Notre temps est art rivé , pour la première fois , à concevoir une organisation sociale t oA, l'initiative individuelle ayant toute liberté, VÈUt, réduit A un I simple réle de police, ne s'occuperait ni de religion, ni d'édnca-

• tion, ni de littérature, ni d'art, ni de morale, ni d'industrie. O'est

• lA un idéal vers lequel il faut tendre , quand bien même il serait c impossible de l'atteindre entièrement. •

La liberté doit être notre foi politique, sociale, philosophique, religieuse, dit avec raison M. Renan , dans une étude très-profonde qu'il consacre A l'instruction supérieure en France*, A son histoire et A son avenir. Nous extrayons d'autant plus volontiers quelques lignes de cet article qu'elles sont très-flatteuses pour l'Académie de Strasbourg.

« L'enseignement de nos facultés des lettres, dans son ensemble, est moins celui de la science moderne que celui des rhéteurs du IT^ ou du V* siècle, et souvent Je me flgure que, si les grammairiens contemporains d'Ansone entraient dans les salles de notre haut enseignement. Ils croiraient entrer dans leur école. Paris estnn centre si brillant qu'on ne s'aperçoit pas de cette lacune : mais si l'on passe A la Province, quel désert! A part quelques honorables exceptions, il ne sort des facultés de province rien d'original, rien de première main. Une on deux tentatives qui se sont produites pour former ou continuer des écoles provinciales, bien que révélant une activité louable, ont décelé un manque de sérieux, une puérilité, une fausseté de Jugement, qui attristent. Strasbourg, seule, par suite de ses institutions protestantes , a gardé une forte tradition d'études propres et de solides méthodes. A cela près, toute la production scientlflque va de plus en pins se concentrant A Paris. On ne cherche, on ne trouve

1 RevHt dft D*vx-MonA*% , I** msi 1864.

que là. Cette brillaate Alexandrie «anti succursale» m'inquiète et m'eiRraie. Anean atelier de travail intelleetnel ne peut être comparé à Paris I on dirait nne ville faite exprès ponr l'usage des gens d'esprit; mais qu'il fknt se défier de oes oasis au milieu d'un désert! des dangers perpétuels les assiègent. Un coup de vent, une sotarce tarie, quelques palmiers coupés , et le désert reprend ses droits. ■

Nous lisons dans l'ouvrage de M. Aruonld : Béranger, se» amiSf ses «nnewUê el ««« critiquée ', tome II, pages 854-855 :

• Le monothéisme chrétien ou unitarisme a maintenant son recueil de prières, comme toute religion constituée. Un pasteur protCKtant , M. Leblois, vient de publier un volume très-curieux et très-intéressant, sons ce titre: Priireê pour les différent» âge» et Ue prindpalee circonttaneee de la vie» M. Leblois est un esprit indépendant et hardi qui semble avoir courageusement secoué le Joug do la tradition et des dogmes, pour se réfugier dans un monothéisme vivant, pur de toute alliance, do tout compromis avec l'orthodoxie. Ses prières s'adressent au seul Dieu , ne nomment Jésus que comme le meilleur des hommes, et n'ont de commun avee les religions établies que le sentiment religieux.

• Comment exprimer les transports do Joie que J'éprouve, ô Dieu ■ de vérité , depuis que l'image du vrai Jésus a banni de mon cœur « la fantastique figure du faux Christ! etc.* •

• Béranger aurait pu réciter cet acte de fol , et II exprimait souvent, presque en mêmes termes , les mêmes sentiments. C'est ainsi qu'il comprenait l'Évangile et Jésus. Du reste. Il n'y a pas un vrai déiste qui ne consentirait à dire cette belle prière. ■

Mous ne partageons pas l'avis de M. Arnould , le poëtc qui a dit :

Il est un Di«u devsDt qui Je m'iocline Librft <^t coutenl, mds lui «lero«od«r rien .

n'eût certes pas rieiti les prières d'un formulaire.

Vu ovAKiOTOiiiBTK coMDAiiMJÂ A MORT au commeuccmeut du XUX* siècle. — Mous avouH appris que M. le profcsi>eur Kœberlé, dont 1p

I. Psris, Juël Cherbulicz. — 2. M. Aroould doniic cette \>Tiète in extenso.

nom a retenti récemment avec tant d'éclat dans tont le monde médleal, e'ooeopait de reoherohes hietoriqaee rar les dlrertea opérations ovariotomlques qnl ont précédé eellei qnl loi ont rénrai ave« un taeoés •! grand.

Bn pareoorant cet Jours derniers la OàronifiM de JNeàer S moine de Senones, nous 7 avons déopnvert le récit d'une opération analogue qn! a peut-être échappé aux savantes investigations de M. Kœberlé.

• De nostre temps grande multitude de Juifs habitoient àSaint-Dhié, entre lesquels un étoit que ses contribules estimoient très souvent en tels enohantemens et augures.

fUne pavvre fille frequentoit la maison dMceluy Juif et falsoit toutes choses nécessoires audit logis, afin qu'elle peut recevoir d'tceluy sustentation de sa vie. Pour vray dire , comme un certain iour la dite fille eut entré au logis dudit Juif, et il l'eut appercue, il en tnt extrêmement Joyeux, car il se trouva seul avec elle; dont il Iny dit : Viens ça, et mange quelque peu, car il faut que tu besongne. Et comme elle eut auounement beu et mangé , elle ftit tellement enchantée qu'elle dormit et ne sentit rien du tout. Le Juif voyant que les enchantements sortoient son effect, il serra diligemment les portes de sa maison , et ayant pris les outils et ferrements prépares à foire ce qu'il preparoit en son envie, il ^'adressa à la fille, et luy ayant ouvert les cuisses, il luy tira par la nature la matrice ou les enfants sont conceus , et cela fait se la réserva. Mais encore n'est-il certain en quoy il la vouloit employer. La fille cependant, comme elle eut été ainsy l'espace d'une heure, et que le Juif eut fait en elle ce qu'il sçavoit être de besoing, commença à s'esneiller, «»t sentant qu'elle étoit blessée aux intestins , elle se mit à pleurer, et partant le Juif luy promettoit beaucoup afin qu'elle n'en fît bruit , mais elle tousiours pleurant sortit du logis , tellement que les femmes chrestiennes la voyant pleurer et sortir d'un tel logis , luy demandèrent pourquoy elle pleuroit, dont elle respondit que ce Juif avoit fait quelque chose en elle , de sorte qu'elle en étoit tourmentée au ventre. Les femmes la menèrent en un logis, et recherchant curieusement trouvèrent ce qui lui avoit été fait. Ce qu'étant venu A la cognolKsance d'un certain bourgeois de la ville, prit la fille et la présenta au prevost du duc de Lorraine. Iceluy appela le Juif au Jugement, et lui

1. Cbspitrs XXXVtl. psge 171. Traduction du XVI* tiècle. Édition C'ayon. .%ney. 184t.

propovA Bon fftlot; il le nie) mai* au contraire les chresiieu* pervi^ftant et lui montrent 1* fille bleM4e. Que pourray ie dire davantage ? Bnfln le Jnif fat eonvainca , et confeasa qa*il avoit faiJly. Le Jage lui demanda à quelle choiie 11 vouloit employer cela, mais il ne voulut le confèMer; et en eente sorte, il tut condamné à mort.t

Vbhtk dk tablsaux a Strasbourg. — Décidément, le goût des arts est solidement implanté ches nous, si nous en Jugeons par le succès qu'obtiennent coup sur coup les ventes de tableaux. Cette fois, Il ne s'agit plus de la dispersion d'une galerie connue, formée par un amateur de Strasbourg, mais d'un véritable déballage de toiles de fabrieation tonte moderpe, complété par l'addition de quelques peintures soi 'disant anciennes, parmi lesquelles s'étaient glissées, oroyons-nous , pas mal de ces œuvres que, dans le commerce de la ■curiosité, on appelle detpastieheê ou des tableaux à tournure.

Quoi qu'il en soit, le succès a été complet, et pendant qu'à Paris le prince Demidoff vendait ses Décampa et ses Meissonnier 10, 20 et 30,000 fr. . nos amateurs se disputaient, à des prix infiniment plu» doux , des peintures attribuées aux mêmes mattres; c'pst ainsi que nous avons vu vendre uo Delacroix, 80 fr. ; un Decamps, 100 fr. Les Meissonnier se payaient de 50 à 70 fr. ^mais il est juste de reconnattrc qu'à ce prix on n'avait pas la prétention de fournir des originaux. Pour les tableaux anciens c'était mieux encore : on a a^ugé un Claude Lorrain pour 380 fr. , un Corrége pour 880 fr. et un Lancret pour 870 fr. ; inutile d'observer que ce dernier, par exemple, n'était autre chose qu'une contrefaçon moderne.

Laseule acquisition qu'il convienne de mentionner est celle d'nuo bataille, de Casanova, payée 150 fr. par un amateur de notre ville.

J'allais oublier une des curiosités de cette vente, le catalogue dans lequel les noms des artistes étaient ainsi orthographiés : Verburg, Marilhot, Horilhat, Marnthc, Lnblayra. otc, ponrTerbnrg, MarilhatfMarattc, Subleyrai*.

La livraison de Juin de la Revue d Alsace qui vient de paraître coutient un article de bibliographie relatif à la nouvelle édition de 1'^/saee anctinne et moderne. Nous y lison- que ■ M. Ristelhuber s'ckI

chargé de mettre d'accord avec la consliitaiice actuelle des deux départements du Rhin Ion renseignements statistiques qne Baqool a fait entrer dans le plan de l'ouvrage. C'est en cela surtout qne consiste la refonte annoncée , indépendamment d'indications empruntées à la science moderne , relativement à l'origine des noms de lieux formant l'otjet du dictionnaire. D'autres additions importantes, concernant les armoiries communales, les anciennes- monnaies des princes-évéques , des villes et des abbayes , quelques cartes et l'image de Taneienne bannière de Strasbourg, compléteront les améliorations historiquet et archéologiques dont M. Ristelhuber a pris la responsabilité. »

Bien que la bienveillance, nous le pensons du moins, ait présidé à la rédaction de cet article, nous trouvons cependant que M. B. Kurts ne parait pas s'être asses rendu compte de toute l'importance des modifications et additions introduites par M. Bistelbuber dans cette nonvelle édition.

La refonte du dictionnaire Baqnol ne consiste pas seulement dans des renseignements statistiques de 188S, substitués i ceux de 1861, dans des indications ew^runtieê à la scienee moderne , mais dans an ensemble de rectifications , d'additions et même de suppressions relatives i la topographie et à l'histoire , aussi bien qu'A la statistique , et qui font presque de l'édition actuelle , sinon une œuvre originale , au moins un livre nouveau que M. Ristelhuber a marqué de son cachet personnel.

M. Louis Hugot, élèvo de l'école des chartes, archiviste-bibliothécaire de la ville de Colmar, vient de mourir à Strasbourg, à la suite d'une longue et donlourenae maladie. On lui doit la création du beau musée des Unterlinden. M. Hagot laisse , dit-on , un remarquable travail : La préfecture de Haguêmnu et la décapote d'ÂUaeef plusieurs travaux manuscrits Importants et des notes fort curieuses.

Au nombre des livres condamnés récemment par la congrégation de l'Index, nous trouvons celui de M. Matter: Emmanuel de Svedenborçf sa vie, ses écrite et sa doctrine, Paris, 1863.

( 271 ) BULLETIN MENSUEL D'ALSATICA.

Livres.

3S5. L'ISmpire des Tsars au point de vue actuel de la science, par M. J. H. Schnitsler, tome III* , première section . i*état et l'église. Sinubourg , typog. de V* Berger-Levrault, 1864 ; in-d*, S16 p.

A ce Tolnrae ekt Joint on «vit des édilenri qni rontient TspprécistioB d'nn (les premiers statisticiens de l'époqoe, M. Mserive Block, sor TouTnife do M. Schnitsler. On y lit : L'éroineal mtenr de VBmpirt dm Tmn n'en est pas k son dibul dans les études snr la Russie. Son premier ouvrage sor le • Colosse do Nord a date de 1829. Depuis, plusieurs livres se sooi soccAdé sur le même si;^et, et avec oo succès croissant; la publication actuelle semble destinée k couronner Vwuvr«.

D'sprès ce qui précède, M. Schnitsler sersit pour la Rt«ssie, ce que les Thierry , les Henri Martin , les Tbiers sont pour la France t !

2S6. Londres, Paris, Vienne. Onlde pratique, international, illustré

en trois langnes (français •allemand-anglais), 1864. ÀTril, mai, Jnin.

Tgpog. de O, Silbermasm; in-8*, 188 p. — Prix : 1 fr. 50 c.

Publication intéressante k l'usage des touristes , faite par M. Charles Lalleamad, directeorde V ltt%t$lration de Baét, La I'* édition pour In mois de janvier I février et mars, ne comprenait que 137 pages.

S87. Gmtbe'a sweitor Fanst oder der gedffnete Walpnrglssack , von

Samuel M oser ans Weiaaeuburg , im Blsasa. TFwsemftoMr^, ^VPOfF* ^

Fr. WentMelf 1864; in-lS , 240-XVI p.

Les nombreux commentairrs auxquels ce second Faust a donné naissance n'ont pas encore tari: une nouvelle édition de ce poème, avec des notes explicatives, vient de surgir k Wissembourg. Ces notes rappellent le fameux chapitre de Rabelais, elles sont dignes de Qirurrr dans une anthologie scatologique. D'après M. Moser, Gœthe n'a voulu prouver qu'une seule chose , c'est que tout est cb.... dans ce monde!!

M8. Du commerce et des progrès de la puissance commerciale de l'Angleterre et de la France au point de vue de l'histoire , de la législation et de la statistique , d'après les sources et données officielles, avec une introduction comprenant un aperçu de l'histoire générale du commerce Jusqu'à nosjours, par Charles Vogcl, tome I**. Strtubcurg, V* Berger-Levrault etftU, librairê^'éditeurs, Typog, de F« Berger- LnrauU, 1864; gr. in-8*, VUI-563 p. — 9 fr.

Psrallèie de la puissance commerciale de la France et de l'Angletcrie , depuis Colbert et l'Acte de navigation britannique. Ce 1" volume contient le tableau comparatif de lous les éléments de l'économie nationale de ces deux

paye, rex|MM4 biftoriqae et critique du régime qoe \a législation donanièrr •et les traités y oat successiveineiit iniroduit, celai dee b«»c« de leur coKtrAIr sutistique, et l'histoire des progrès de leur commerce, envisagé dans leur ensemble comme dans sa répartition entre tons les pays du globe.

829. La France et l'JÊtrangor. Stades de statistiqno comparée , par M. A. Legoyt. StrasbourgfV Berger-LevrauU eifilê, Ubrairêê'4diteur*. Typog. de V Berger'LeorauU; gr. in-a*, XV-640 p. 10 fr.

Territoire (•upericies , oaltarae , aoreelleoieat). — Popalation (Jécoaditè. HMrtalilé. vie moyenne). ~ Financoa. — Forces militairea. — AaaiaUnoe pnUiqne. — lasUtatioBS de prévoyance. — Indoalrie. — ConuMrce. — Profoisioaa. -^ Monnaies. — Métaux précieux. — Transpoits. -^ Hygiène pu* bliqut. — Crinûnalités. — Caltes et commnnanlés religieuaee.

980. OailUame Briçonnet, évêqa« de Meaux, par Oh, Orlon. Stratbourg f typog, de Ct. Silberwumnt lii-8*. 60 p.

Thèse présentée k la Faculté de théologie pour obtenir le grade de bachelier en théologie.

S31. Bzamen de la Vie de Jésus de M. Renan , par T. Colanf, pasteur. Stroêhourg, TreutM et WUrit, libraireê-éditeure. Typog, de Q, SUbermawn , gr. in-8*, 74 p.

Extrait de la Htvut de tkiologie.

fl Le livre de M. Renan , qui a introduit en France la question évangélique avec nn éclat incomparable, l'a présentée sous un jour très-Canx à mon avis. et d'où il sera singnlièrement diflicile de la sortir; car. sans avoir nullement la pnissanee des génies créateurs , M. Renan laisse une trace profende partout oè il passe. Il s*écouI<'ra de longues années avant qu'on ait rectifié dans 1rs esprit» re qu'il vient d'enseigner louchant les idées messianiques et touchant l'absence d'une vraie sincérité chei Jésna. — Et pourtant notu nous félicitons ds la pnblication de son livre. Ce livre a révélé et, en trfes-grande partie même , il a éveillé on immense besoin de connaître le Christ véritable , le Ifataréen , qui a vécu en chair et en os sur cette terre, au milieu d'nae société ri d'un monde aussi réels qoe le monde et la société de nos Jours. Désormais, c'en est fait de celte pèle figure byzantine qui flottait dans les esprits, sorte de personnage mjthique k la réalité duquel on croyait sans doute, nsais qu'on n'osait se représenter marchant et se mouvant parmi les hommes ainsi qu'on de nous. Désormais , la France réclamera on Christ vivant . qui soit tout d'sbord un personnage historique, réel et saisissable, au même titre que César ou Socrate.... »

83st. Les vicissUudes du protestantisme k Obernal i dans le cours du XVI- siècle, par M. l'abbé G**» (Gyss). Stroebourg, typog. de F» l' Leroux, 1864; in-8^ 6t p.

Extrait de is Hetut mtkoliqttr d' 4l*att.

....L'biiiuirv vonstais suflisamment que la Réformatiott • tout eu ni* ic»Mint

<l« prorlimier la liberté, eut pour résultat ramoindrinMneot et, inalcmeni, la conOfealion d« tontes Ie« liberté*....

233. Jésoa*Ohriat et les croyanoes mesalaniques de son temps , par T. Colani , 2* édition , revue et augmentée. Striuhourg , Trtuitel et

' Wûrtgy libraire9'idit«urê; typog, de G. Silbermann, in-8% VIII-864 p. « En toat cas, il noes faut un Cbrisi vivant, réel, banain. Celte généra-

• Uon qui — ne l'oublies pas — eet Teoftint de dix-bait siècles de civilisa-

• lion cbrétienne, celtM génération qui comprend on peu mieux qoe les su>

• Jets de Constantin ou que les hommes du moyen âge la culte en fsprit et

• en vérité, cette génération veut pour Mallre une personne appartenant à

• l'histoire positive et non plus an domaine nébuleux de Pabalraetion tbéolo» ■ giqae. Nos contemporains veulent pour Sauveur nn héros qui n'ait point < vaincu sans combattre. Ils ne croiront en Ini que lorsqu'ils auront mis ,

• conwfie Thomas , le doigt dans la marque de* clous et la main dans la plaie

• du cour. Je veux dire, lorsqu'ils auront senti les cicatrices qu'ont laissées t sur l'àme do Fils de l'homme le* lottes Journalières de la vie spirituelle. •

234. Matériaux pour l'étude dea glaclera, par DoUftoat^Anaeet. Porte, K. Savjf, libraire, 1864; tffpog. de O. ^<{fremann, gr. ln-8*. Tome l", première partie : Auteurs; 675 p. Tome IV* : Ascensions, 606 p.

885. La huitième Légion romaine, par M. de Ring, in-8*, 5 p. Colmart imprimerie Decker.

Extrait de la JIcvk* d'Àlmtê.

236. Appendice à la description historique et archéologique de Lan-

terbourg, avec dea notes explleatlvea et historiques, par J. Bentx.

StreuhourÇf typog. de 0. Silbermann, 1864; in-8*, 13 p.

Cet appendice, en poésie descriptive, doit servir, par les notes historiques qui raccompagnent , k rectifier et k compléter la Dcscriptton de Lauttrhourg. c Si le travail hardi qoe nous offrons au publie, à litre d'essai, lui est agréa-

• ble, nous en ferons publier plus tard la suit». ■

237. Récit dea Amours de H. Camille S et de Mlle Mathlldc Z....,

mis en rimes et chanté le Jour de lenr mariage, Jeudi, 15 octobre

1863; in-4*, 4 p. Lithographie Baltxer, A Stra*hi>itrg.

Tiré à petit nombre et destiné seulement k nn petit cercle d'amis. — Cette poésie est illustrée d'un joli frontispice dft au crayon habilo d'un de nos Jeunes artistes strasbourgeoit , M. R. A....

288. Comment une église tombe et se relève. Une page de rhistoire de Strasbourg, par L. Leblois, pasteur. Stroêbomrgt typog. de 9. SUbermann, 1864; in-8*, 26 p. —^ 50 cent.

Disrours prononcé au Temple-Neuf, le 29 mai 1864, k l'occasion du troi- >ième anniversaire séculaire de la morl de Calvin. (Publié par les soins et aux frais de trois Jeunes membroi* de l'église.) Ce discours est précédé d'une notice sur le gouvernement de Strasbourg au XVI* siècle.

239. Essai sur l'histoire des comtes de Sogren , par A. Qniqaerez , in -8-. Berne, 1863; VIM4S p. S fr.

Pobliaitioa faite par la Société d'Iiistotre dn raiMon d« Berne.

MO. Monuments de l'aneien évéehé de Bâle. Topographie d'ane partie dn Jnra Oriental et en partienlier da Jura Bernois , époque cel* tique et romaine, par A. Quiqneres. Porentrnyf 1864; in-8', VIII- 427 p. , 18 pi. et 1 carte. Cobiuir, Ubrairie de Barth, 10 tt.

Cet ouvrage, publié sous les auspices de la Société Jurassienne d'éasala» lion , est suivi dn catalogue des principales publications de M. A. Quiqoeres« 1836 à 1863.

42: relatives à Tbistoire et à l'archéologie; Il : utilité pnblfque, agrieullure et statistique; t : géologie; 9 : sujets divers; total : 57.

241. Inventaire-sommaire des archires départementalea antérieures

à 1790, rédigé par M. Briéle, archlTlste. Haut-Rhin. Archives

civiles, série A à B, tome I". Colmar, typog, de Hoffmemnj in-4*,

librairie de Barth, à Colmar.

IntrodoeUon , 15 p. Série A (actes du pouvoir souverain , donaioe public, spauage , fionille royale) , 2 p. — • Série B : Cours et Juridiettoos , psrlements, bailliages, aie. (aucun document de nsture k être classé dans cette série). — Série C : ▲dainislratlous provinciales, 159 p. — Série D : Instruction publique (aucun doeuncnt). — Série E : Féodalité, commnnea, etc., 76 p.

242. Histoire des comtes de Ferrette i par A. Quiqneres. MonthiUardf 1863; in-S", br., 141 p., 2 tableaux généalogiques et 1 photographie. Colmar^ librairie Barth, 3 fr. 50 o.

Bsirait des Mimoireedêla Soeiki d'êmuUUion 4s Monibéliard.

Périodiques.

Rkvub db l.'E8T (l'Austrasie) , XXV* année. Metx, 1864. Janv. et fév. Étude sur la vie industrielle en Alsace, par Jules Lejrone.

Ki^SAseieoHBS Samstaosblatt , n' 8, 20 février, A n* 23, 4 Juin 1864. — A. Stocbbb. Die Brautwahl. — D.Fiscbbr. Derblschftfllehstrai<sb. Unterthaneu Hnldigungseld. — Th. Klbik. Karl Friederleh Hartmann. — C. Bœsb. Briefe ans Algier, n** 14, 20. ~ Maoxstbb Fbxbdbrbich. Strassburger Briefe. n** 9, 11, 12, 18, 15, 16, 17, 19. 21. — J. L. Bin deutsohes Bnchdrucker-Geschiecht In Deutschiand und im Auslande (Sehweis, Elsass, etc.). —A. Stcbbbr. AufBndnng elniger rttmischer und frAnkischer Alterthfimer Im Sundgau. — Th. Fritz , Professer der Théologie In Strassburg. — A. Stocbbr. Historische Notiz âber das Sohnakenloch bel Strassburg. -- D. Fiscubb. Das BUrgerrecht In Zaborn. — Scuweioujeubbb. Dab

Masmflnsterthal uud deMen Indostrlc zu Anfang dlesea Jahrbiin-

dertii. — Armbrustsk. Ursachen der Oper • Flenrette •. — O. Muhl.

Die ZigcuDcr im Elsais nnd In Deutsch-Lothringen. — A. St<kbbr.

Sagen von ausgestorbcnen Ortsebaften im Elsass. — L. FflintCK.

PflngttaasRtellang des philomatiscben Vereins.

Rbvui DBfl sociktAs savakteb DS8 D^ÊPARTSMBKTS. Janvier et février

1864. Du prétendu tijcnr d'Énie en Italie^ par M. de Ring (p. lM-126}.

C«l etMÎ te lie à celui intiielé : JHt prkwnâu «oysfi» tf'I/lyfM tw l« Kkin ,

p. 370«>372 d« la mfina Revue, année I8ôt.

Rrvux houvrllr. 1" mai 1864, b* livraiaon. Qoêeelinj libraire-éditeur ^ à Parié. 14 fr. par an pour lea départementa. Povera « par Adolphe Lereboallet. Pièce de vera réalistea :

Qui Tent de moi maintenant , De moi vieille proatiluèe Qui vaut à peine la huée Et lea coupa du dernier manant ?

RRT17B DRS Drux-Movdrs. l** mal et 1" Juin 1864.

Seint-René Taillandier. MMirictde 5ajM, t'* partie. Lea année* de Jeunesse et le mariage , S* partie. Maurice , doc de Conrlande.

Ls Trmps, dn 7 avril 1864. A propos de Fleurette :

* CV»t k iravfrs la théologie protealanle que nous avons h passer pour pé- « nétrer dans le sanctuaire des muses. Il parait que ce sanctuaire ne trouve I pas grâce devant l'autorité suprême de celte tbéologie, encore que dans le

■ sein même de cette autorité on traduise et l'on compose des drames et des « comédies fort bien tournées, dit-on. Les deux Jeunes auteura, MM. NestItT

■ et Febvrel , tous deux étudiants en théologie , ont dû rhoisir entre le froc

• et le péplum. Ils se sont décidés pour ce dernirr ei ont Jeté le premier où

• l'on Jette ces sortes de vêtements. *

Puissent-ils toujours . dans la nouvelle carrière qu'ils vont suivre , recueillir les manifestations sympathique* qui ont accueilli leur première oeuvre. RsTUR d'Alsacb. Mara, avril et mai 1864. — J. Schxitzlbr. Marie Fœdorovua avant son élévation an trône impérial de Rnaaie , 175d- 1796. — Ed. Ck>ouBL. La mort de Socrate (anite}. — A. Quiqukrbx. La Cnre de Pfaffans en 1764. — Isidorb Pibrrb et A. Mathibu. A propos dea prairlea artiflclelles — Mattbr. Bibliographie.— Costr. Le monastère de Conqnes et Téglise Salnte-Foy à Sehlestadt. — F. Allbrlibb. Contnmea de Ferrette. — Les Mennonites d'Alsace. — G. MoRiTZ. Qui a raison de Tabbé Hananer ou de M. Clément? — KuRTZ. Bulletin bibliographique. — Ch. Orad. Un Progrès. — La Société alsacienne de« publications populaires et de» bibliothèques cironlantes.

ZsiTSOURirT rOR dik QasouiCHTB DS8 Orkerbbins. 16' vol., s* livr.

— MovB. Ueber don Laxus im 15ten nnd 16tea Jfthrhoudert. — Diploraatische Briefe fiber don Krieg gegen FrRnkreicb von 1687- 1696. — Urknnden flber don Untermain von Ka«tef bis Wertbeim (SchluBs). — Zanforganitation. (Fortsetz.) — Inventariam der Rathstabe su Landau, 1417.- Juni 16. — Die fUnf Miinnor der BnchhftndlerKunft In Straubargi 15ten Jahrbnnderl. — Beamte der Kflrscbnersnnfk an Strassbnrg, 15ten Jahrhundert. — Verbot des ZnnftgeriehiM der fiohubmaeber an Strassbnrg, ausammen geheftetes Leder an kanfen. SSten Jan. 1857. — Zanftgerlebt der Fitcber xo Straubnrg. — Dambaohbb. Urknnden snr Gf schiehte der Qrafen von Freibnrg. (Fortoeta.) — Urkandenleae sur Geschiebte eckwAbiscber KlSster. 6 Eng^lthal. (ForUetz.) — Urkendenarckiv des Klosters Bebeuhauseu. (Fortseta.)— Momb. Christl. Arcbftologie nnd Alterthflmer, Wlndmflblen.

Rbvub catholxqub d'Alsack. Mars el avril 1864. — Fkbppbl. Le traité des prescriptions et le protestantisme. — D.... L'Œuvre Notre-Dame de Strasbourg (an). - L. Daohbux. Oeiler de Kaysersberg. — Cu. Dubois. Stabat Mater (poésie). — Chronique. — Cu. Dubou. Sainte-OdIK (nouvelle suite). — X. Les Conférences ecclésiastiques du diocèse pour l'année 1864. — Chronique. (Lutte intestine du protesUntisme , M. Coquerel, Oolani et l'opéra Fleurette.)

— Umhamo. m. l'abbé £rny, ohanoiue de Strasbourg. — Bbbkhabd. Des divers systèmes de chronologie sacrée (Version des sepUnte). -^ X. Les Conférences ecclésiastiques.— OaTUias. Le bienheureux Fonrier et la Lorraine, par Alf. de Besancenei. — Gbbobiqux. Lutte intestine du protestantisme (M. Colani et les feuilles religieuses de Berlin).

Kbvub db thAolooib. S' série, volume 11, 1** livraison. — Nicolas. Études sur le mysticisme irrationnel (3' et dern. art.). — Colami. La Vie de Jésus de M. Renan {f art.). — Kmspbldbr. Les Prophéties messianiques d'éséchiel. — Stbbo. Amos. — Sohwalb. — Qodbt. Commentaires sur l'évangile de saint Jean.

BufJUBTiH DB LA SociàT]^ lxttAbaibb DB Stbasboubo , tome il , première livraison. Typog. de V Berger-LevrauH , à Stretebourg,

Procès-verbsat des séances, 14 STril 1863-Uaisrs lë64. Ménoim: U Minntiinger Waltkmr von d*r ro9c<w*tfd« (1190-1240), par M. L. Spscb. U$ BanqvHB ehes l«$ Grtcê, psr U. Cd. Goguel. Quelque idéeê $ur U nr», par M. A. Fée. 1/ Unité de t'e$pice humaine et Ut plurttilè. de» Utngue» primitirtt, psr M. E. <i. Bergmsnn.

Fabrique de Strasbourg.

xvn- *w«if .

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