‹ Le Bibliographe alsacien (volume 4)Chapitre 22 sur 129 · SIÈCLES · texte numérisé non relu

SIÈCLES

Dans les premières années du siècle dernier et vers la fin du Xyn* siècle , il se publia à Paris une série d'almanachs illustrés et historiques, mais illustrés avec luxe comme nous n'en voyons guère aujourd'hui. C'étaient de grandes gravures en taille - douce , sur deux feuilles rapportées au milieu , d'une hauteur qui varie entre 86

et UO centimètres. Elles représentimt chacune un ou plusieurs faits marquants de Thistoirc de l'année précédente et contiennent au bas dans une ou deux consoles les douze mois de Tannée. Je possède une dizaine de ces almanachs qui sont presque tous d'éditeurs différents , ce qui me prouve que ces publications devaient ôtrc fort goûtées du public. J'en ai même deux de la même année , représentant le même fait, et qui sont sortis de divers établissements. Il eu paraissait donc plusieurs par an.

La première de ces gravures dont je vais parler est intitulée : L'Alsace souicu/ée jyar la prise de PMlishourg, Audessus du calendrier, dont la console est supportée par deux dauphins, nous lisons en caractères rouget et noirs: Almanach pour Van de grâce M. DC, LXXXIX, La gravure représente comme principal siyet le siège de Philippsbourg qui capitula le 29 octobre 1G88. Au loin nous apercevons le Rhin avec la ville de Philippsbourg, et tout à Tentour des corps do troupes et des batteries françaises faisant feu sur la ville. Sur le premier plan se trouve i droite le dauphin (fils de Louis XIV) avec Vauban et son état-major; à gauche une femme s'appuyant sur le bras d'un homme armé et levant le pied gauche, dont un autre homme sans armes (c'est peut-être un diplomate) lui retire une grosse épine. Cette femme, ainsi que la légende nous l'apprend, représente V Alsace et l'homme sans armes qui lui rend le service d' Androclès , est le François. Au-dessous de ce groupe se trouvent les ligues suivantes :

L'Alsace «ax Françoii.

Philisboarg mestoit ane espine fAcLeusc, Bar le bord da Rhin , et flére et gloricnso , Elle s'opposoit toujours à me» justes desseins. Mais le ciel a punit son orgueilleuse audace , Le François par ce coup soullago TAIesace, ISt je me sens ravie qu'elle soit en ses mains.

Autour du calendrier se trouvent cinq médaillons représentant l'un la Pn'se de Manheim (qui se rendit le 12 novembre 1688), un autre PrankendcU (on y voit Tannée française en marche vers cette ville, dont elle prit possession le 19 novembre 1688); le troisième nous montre Cohlens (Coblence) , bombardée par Tannée française (cette ville fut presque ruinée sans pouvoir cependant être prise); le quatrième représente la prise de Bon (Bonn), et le cinquième celle de Rhimbergue (Rheinberg).

Au-dessous de Talmanach se trouve le nom de Téditenr : A Paris , chez Gérard Jollain , rue Saint- Jacques , vis-à-vis la rue de la Parcheminerie , à TËnfant Jésus.

L'exécution artistique de cette gravure n'est pas des mieux réussies, cependant l'ornementation ne manque pas de grâce et l'ensemble se présente bien.

Le second des almanachs qui nous occupent est mieux exécuté. Les groupes sont bien amenés et présentent beaucoup de mouvement.

La suscription porte : La victoire remportée sur l^s Impériaux à la bataille donnée près de Spire et la prise de la ville de Landau, par l' Armée du Roy, commandée par M. le mareschal de Tallard le J 8* novembre 1703. Ixi perte de cette bataille couste avor ennemis plus de 5,000 hommes tnéz

( llti )

sur laplcLce sans les blessés et grand nombre faits prisonniers, 32 drapeaux pris, 6 étandarts, plus de 30 pièces de canons, leur munition et leurs tentes ; la batatUe fui donnée le 16 novembre sur le prince de liesse- Cassel, supérieur en nombre , par M, le mareschal de Tallard.

La principale gravure représente un combat de cavalerie devant la ville de Spire. Au centre se trouve le maréchal de Tallard , à cheval , entouré de son état-msyor, et donnant des ordres.

Au-dessous se trouve : La prise de la ville de Drisac par Varmée du Roy , commandée par Monseigneur le eue de Bourgogne, le 7* septembre 1703 , après traite jours de trancJiée ouverte.

£n haut se trouvent trois autres vignettes. Celle du milieu représente : La prise de la ville de Landau par Varmée du Roy, commandée par M, le mareschal de Tallard, le 18^ novembre 1703 , après 30 jours de tranchée ouverte.

Celle de gauche représente : La prise du fort de Kell (Eehl), après 10 jours de tranchée ouverte, par Tarmée du Roy, commandée par M. le mareschal de Villars , le !!• mars 1703.

Et la troisième , à droite : Lia prise de 5 vaisseaux holandois et une frégate angloise de 20 canons, dont l'un des 6 fut couUé à fond par M. de Coetlangon le 16jum 1703.

L'almanach est disposé en bas dans les deux coins par six mois de chaque côté, et entre les deux compartiments on lit : Le 11 mars 1703 M. V Electeur de Bavière deffit les Impériaux près de Scherddng sur le comte Schlick , prit le

( 117 ) bagage, 3,000 furent tuez, 400 faits prisonniers , 4 pièces de canon, 4 mortiers, toutes les munitions, 18 étandars et 1,000 chevaux.

Le 30 juin 1703 M. h mareschal de Bouflers et M. le marquis de Boedmar attaquer les ennemis à une lieue et demie d^ Anvers, près de Keren, oà Us furent défaits. 4,000 morts sur le champs de batatlle, 500 prisonniers, six pièces de canons , 4 grands mortiers, 40 petits, 300 chariots d'outils et de bagages.

Le 20 septembre 1703 la bataille près d*Hochstet gagnée sur le comte Stirum par V armée du Boy, commandée par M. V Électeur de Bavière, il y eut plus de 4,000 morts sur le champs de bataille, 6,000 prisonniers, 30 pièces de canons, 7 étandars, 6 drapeaux, 7 paires de timbaUes et tout leur bagage,

L'ëdîteur est M. Bonnart, rue Saint- Jacques , et le calendrier est pour Tan de grâce 1704.

Ces calendriers formaient , comme on le voit, une espèce de chronique illustrée , et ont dû en tirer leur vogue dans un temps où le journalisme était peu développé et où les gazettes n^étaient accessibles qu'à un public trèsrestreint.

Les deux calendriers que je viens de décrire ici , outre rintérêt historique général qu*ils présentent, forment ;en même temps deux Alsatica et ont ainsi leur place marquée dans ce recueil , quoiqu'il ne s'agisse pas de livres proprement dits. M* Jacques.

( 118 ) REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

L'ancienne Alsace à table. Étude historique et archéologique SUT l'alimentation, les moeurs et les usages éptdaires de V ancienne province d'Aisance, par Charles Gérard, avocat à la Cour impériale de Colmar. 1 vol. gr. in-8*' de X- 270 pp.

A la bonne heure, voici un livre utile et agréable. M. G^ard a réuni en un volume ses excellents articles de la Refjue d'Alsace; mais, animé d'une modestie aussi rare que regrettable, il ne Ta fait éditer qu'à un petit nombre d'exemplaires destinés à l'amitié.

Nous sommes persuadé que de cordiales indiscrétions , justement méritées, ébruiteront bien vite cette mystérieuse publication, digne d'être répandue urbi et orbi, et dont le texte fournirait tant de sujets au crayon d'un artiste ingénieux.

Que Ton ne s'y méprenne pas , ouvrez l'ouvrage , vous reconnaîtrez combien ce titre d'étude cache de trésors, et vous admirerez la patience , le labeur nécessaire, pour arriver à accumuler, à coordonner ces innombrables documents.

Avec quelle science, quel tact et quel charme, ils sont offerts à l'appétit du lecteur!

a Je parlerai de mon sujet, selon mon caprice , nn peu i tort et à «travers, anecdotiqnoment pins qu'en tonte autre forme. J'écris ce « chapitre pour le plaisir de conter... Je no suis qu'un de ces incorri-

• gibles curieux qui préfèrent les petits mystères que beaucoup igno-

• rcnt , aux grandes choses que tout le monde sait, t

Soit! nous acceptons votre déclaration de principes, et nous vous en fc^licitons. Gloire à vous , studieux bénédictin , physiologue et historien , psychologue , antiquaire et gastronome ! Gloire à vous , de comprendre si profondément le premier aphorisme du Professeur : c L*univer8 n'est rien que par la vie , et tout ce qui vit se nourrit. »

Ombres d' Archcstrate , de Varron , d'Apicius, de Charles Estienne, de Berchoux, de Carême, de Brillât-Savarin, tressaillez d'allégresse I Vous n'êtes point oubliées.

Maintenant , imitons l'auteur, glanons un peu à tort et à travers, et essayons de donner un avant-goût de son œuvre.

Voulez-vous de la physiologie descriptive?

« Passons à une autre branche de l'art. Nous voici en face do l'œufi

• ce miracle de la nature , qui est à la fois la vie reproduite ou la vie t suspendue, l'oiseau on un trésor alimentaire , au gré de la fantaisie ■ ou du besoin do l'homme. •

Préférez-vous la philosophie du dessert ?

< Le dessert est dans l'alimentation ce que le madrigal et le sonnet

• sont dans la littérature. On peut dire de lui comme du sonnet :

« Un dessert sans défaut vaut seul un long diner. Le dessert est « l'idolâtrie des femmes et des enfants, de ce qu'il y a de plus char- « mant et de plus doux dans l'humanité. C'est la poésie légère do la « cuisine, vive, fleurie, souriante, parée par l'esprit et l'imagination « de toutes les grâces et de toutes les élégances. Mieux que cela en- « eore : c'est la féerie de la table. ■

Ëtes-vous partisan du patriotisme culinaire?

• J'aurais trahi la gloire de ma patrie , si j'avais laissé dans l'oubli

• ces lignes, qui peignent si vivement la puissance d'exaltation « gustuelle dont est doué le plus célèbre produit gastronomique de

• l'Alsace. * (Consulter, parmi les éprouvettes gastronomiques de Brillât - Savarin , le pâté de foie gras de Strasbourg.)

Vous désirez de I^archéologie ; le dessert uous amène aux devises. Sachez donc que :

«Les bonbons à devises faisaient fureur au XVIII* siècle. Un ■ Allemand qui se trouvait à Strasbourg en 1780 , s'exprime ainsi : Au « dtêsert on tervit de» devUes. Chaque dame «l'^n envoya une et je lui en « adreëêai une en retour. EUes excitaient de* rires et de» plaitanteric».

• Quelque» pentie» a»»ez pleUe» gfte contenaient plueieur» d'elle» , firent

• dire au vietix pire, que le roi devrait **oecuper d'une affaire au»»i »é-

• rieuee que leplai»ir de »e» eujet», et charger l'Académie française, qui

• n*a cependtmt rien à faire, de rédiger de» devi»e». L'on peut encore «exprimer le même vœu aujourd'hui. (Voir Moschvrosch, Adelich

• LébeUf p. 174.)*

Peut-être ignorez-vous que Toriginc de la mayonnaise se perd dans la nuit des temps?

Vous n'avez donc pas entendu parler d'un mets antique et fameux, appelé le Hotzenblofïs ou Zuisenlin? Ecoutez la recette :

• 8'il te re»te un poulet froid , tu le découpera» dan» une ca»»erole , tu

• y écouteras de» oignon* taillé» en rouelle» et mouillera» le tout d'un « bain de vigoureux vinaigre; tu mêlera* et travaillera* convenablement. « Qui ne reconnaît là le premier bégaiement de l'idée qui devait nn «Jour produire la mayonnaise ! •

Et les Wasser-Striblen , ce farinage si apprécié de nos ménagères les jours d'abstinence , sera plus honoré par elles lorsqu'on leur aura mathématiquement démontré qu'il date de deux siècles avant l'ère chrétienne , et que Caton le Censeur en a parlé au chapitre 78 de son traité

De re rusticâ :

• Non pas à peu près, mats très-expressément; car 'non-seulement « Il en donne la recette, mais il en fournit aussi le nom... Le vieux «Romain les appelait sans aucun détour »criblitœ t »triblita. Est-ce

• clair? •

Le service de la table excite votre ambition , mes-

dames les mi^nagères; votre linge est choisi et d'une blancheur irréprochable. Nous sommes certain de vous étonner, en vous disant que les serviettes sont de trèsfraîche naissance.

• Montaigne souffrait de la difficulté de n 'avoir à table qu'an petit > drapeau d'un demi pied. — Le rédacteur du Oôtter-Both de 1674 (es-

• péce de Mercure allemand), noua réyèle que l'on en donnait dans «les auberges de Bâie; le mot est écrit en français; la serviette es

• donc encore un des triomphes de la civilisation française. •

Si les problèmes économiques vous passionnent, vous trouverez résolue la question de savoir si nos pères vivaient à meilleur marché que nous.

• Voilà une question fort intéressante et trôs-sérieuse, et dont

• l'examen pourrait bien expliquer la puissance ancienne des appétits

• sensuels , et surtout l'empressement généreux et soutenu qu'on ap* fl portait à les satisfaire largement. *

Les théories mystiques , T expérimentation des phénomènes magnétiques et des influences mystérieuses , aiguillonnent toujours la curiosité; ouvrez donc la page 189 :

• L'anis avait la réputation d'exercer les plus douces influences sur « le cœur du sexe faible, et l'on ne doutait pas que les feuilles d'ab-

• rotomme placées sous le chevet du lit nuptial no concourussent, par

• la magie do leurs mystérieux effets , à l'accroissement des familles... ■ Si tous ces végétaux étaient considérés comme honorables et nobles

• au premier chef, il en était d'autres qui, par contre, étaient voués

• au mépris le plus absolu; par exemple, les froids concombres, les « apathiques lentilles, le frigide nénuphar. •

L'auteur est aussi historien ; émule d'Augustin Thierry, il signale dans les œufs la cause de la haine réciproque que se portaient le clergé séculier et le clergé régulier.

« Les moines mangeant beaucoup d'œufs et les prêtres beaucoup de «poules, les moines faisaient renchérir les poules, et les prêtres

• hausser le prix des œufs. • (Voir J. Pauli , Sehimpf und Em*t, édition d^Marbourg, 1856.)

L'avocat distinguo du barreau de Colmar jie pouvait entièrement B*arracher aux réminiscences de sa noble profession; c'est ainsi qu'au sujet des boissons^ il a ctt^ amené à la découverte de la source première de nos lois de 1852 et de 1855, réprimant la sophistication.

• Le conseil souverain d'ÂIsaco condamna, en 1718, un homme de «Rodern et sa femme à être menés par deux valets de police à tra-

• vers les rues de Bergheim, un jour de marché, avec écritcaux de-

• vant et derrière, portant ces mots en français et en allemand :

• FreltUeur» de vin. Ces denx époux avaient renforcé l'éclat de leur

• vin rouge avec de la morelle et avaient tué un buveur. Aussi payè-

• rent-ils, en outre, 30 livres d'aumônes, pour faire prior Dieu pour t le défunt. •

Nous ne terminerons pas cette trop rapide excursion a travers ces riantes contrées, sans parler des pages consacrées aux académies, aux compagnies savantes vouées à la science poculative.

« Quand les arts commencent à se fixer, qu'ils ont acquis un cor-

• tain degré de maturité, ils se manifestent volontiers sous la forme

• d'association... Leur utilité est démontrée. Elles aident autant aux

• progrés théoriques qu'aux perfectionnements pratiques. Ou obtieut

• de la puissance des intelligences associées, ce qu'on serait loug-

• temps à attendre des efforts isolés du génie. •

Tel était le but de la Stubengcsellschaft de Schlcstadt , de la société bourgeoise du Wagkeller de Colmar, et de la confrérie aristocratique des buveurs du Hoh-Barr.

• Cette dernière , fondée en 1586 , compta parmi ses premiers doc- « teurs plusieurs personnages : Henri de Bobenhausen , grand-maître

• de l'ordre teatoniqae ; Christophe, comte de Nellenbourg, grand-

• prévôt do Strasbourg; Frédéric, duc de Saxe; Philippe, baron de

• Fleckenstein. •

Nous avons naguère connu à Strasbourg deux réunions analogues, l'une dite des Barbeaux; l'autre, Aca-

demie du dimanche^ Il nous a été donné d'asâlster à quelques séances solennelles. Dans ces aimables assemblées régnait le même esprit de convivialité, les mêmes désirs , les mêmes tendances. On s*y occupait avec zèle de la théorie et de la pratique de la gastronomie transcendante , et des essais de poésie et de philosophie ad hoc y amenaient une heureuse variété et un tempérament salutaire au trop grand développement des élucubrations matérielles.

Mais le temps qui détruit les institutions les plus durables....

Allons! doctes affamés, venez à la table de M. Gérard. Nous vous assurons . sans crainte de nous compromettre, nu délicieux festin , de Tesprit et de Vhumour^ des jouissances réelles et des surprises; et surtout, une bonne digestion. A. M.

Le Magistrat de ta ville de Strasbourg , les Stettmeisters et Ammeisters de 1674 à 1790, les Préteurs royaux de 1685 à 1790 et Notices généalogiques des familles de Vancienne noblesse d'Alsace, depuis la fin du XVII' siècle , par £. Mtiller. Strasbourg, chez Salomon, 1862, 1 vol. in-12,de Vin-270 pages.

Ce titre sesquipédal nous dispense de Tanalyse du

1. Consulter le» Comptes rendue de cette société qui consistent en

cahierd autograpbié8. • Ces bulletins, rédigés avec autant d'entrain

• que de bonne humeur, fout voir que Ioh franches Joies de nos pères

n'ont pas encore déserté l'Alsace. • [Revue aneedotique, n* 15, 1857.)

( 124 ) livre. M. Millier vient coinplëter Hertzog et Jk'rneggcîr. continuer Schœpflin, faire revivre d'Hozier, etc. Un livre pareil, s*il n'est pas traité en tableaux , doit contenir, mêlé à ses suites de noms et de dates , le récit de faits historiques , d'événements curieux qui en rompent la monotonie. Tel n'est pas ici assez fréquemment le cas:

nous citerons cependant un fait qui se passa sous Tammeister Jacques Wencker : «Après 1632, un jour, trois officiers , le marquis de Biron , le marquis de Dury et le chevalier de Lafayette , dansèrent indécemment à une noce au Miroir. Le gouverneur les exila, l'un à Fribourg, l'autre à Huningue, le troisième à Belfort; mais comme ils appartenaient à de grandes familles , on amena le magistrat à intercéder pour eux. »

Avec un historien aussi minutieux que M. Millier, on a le droit de se montrer difficile; nous aurions donc souhaité qu'il ne se contentât pas de mentionner le comportement léger des trois officiers ; il fallait , par exemple , essayer de fixer le genre de la danse de ces messieurs , rechercher s'il s'agit d'une gaillarde ou d'un cancan, ajouter enfin une page neuve à l'histoire de la danse en général, et à celle de la danse en Alsace en particulier. Au lieu de s'appesantir sur ce sujet important, M. Millier a préféré traduire en français les deux épitaphes latines des préteurs de Régemorte et Gayot; mais nous ne garantirions pas la complète justesse de son interprétation.

La partie <les yoficcs généalogiques laisse place au même souhait que les précédentes : à propos de M. de Kirchheim implorant la pitié de M. de Dietrich (p. 169),

Tauteur aurait fait plaisir -en complétant sa notice par la transcription d'un ordre écrit et signé par M. de Dietrich , lequel nous est communiqué :

• M. de Kirchheim ayant été arrêté à plnsieurs reprises et reclus . comme vagabond, et s'étant do nouveau mis dans ce cas aujourd'hui

• vingt-trois avril, le C" Wagner 1% retiendra prisonnier Jusqu'à ce c que le tribunal du district, auquel Je rendrai compte de sa déten-

• tion , ait prononcé sur son sort. Diktrich, maire. •

Après avoir rappelé que François - Antoine - Pacifique Zuckmantel fut colonel du régiment de Nassau , maréchal de camp en 1762, ambassadeur à Venise, grand-croix de Saint-Louis et président du directoire . M. Millier pouvait citer ce passage d'une lettre du fringant abbé Galiani à M"" d'Epiuay (20 mars 1779) : « Je vous prie d'embrasser l'aimable Zuckmantel si vous pouvez , attendu la circonférence de son ventre. H mérite pourtant qu'on fasse un effort de bras pour cela, car il est aimable au possible.» £n parcourant ces Notices géiéaJogiques , nous nous sommes involontairement souvenu des scènes de l'opéra de la FiUe du Régiment^ où il est question de la marquise de Briqueen-fiel et de la baronne de Craque-en-dorf. En résumé , sur cinquante-trois familles il n'y en a plus que quinze de représentées par des mâles et dont les noms s'entendent en Alsace : d'Andlau , de Bercklieim , de Bœcklin , de Dietrich , de DUrckheim , de Gail , de Glaubitz , d'Oberkirch, de Reinach, de Schauonburg, de Rhcinfelden, de Freuudstein, de Wangen, de Bulach et de Plobsheim; c'est juste assez pour servir d'échantillon. U n'y en a que quatre dont les noms soient acquis à la science ou à 1% littérature : de Berstett , d'Ichtersheim , d'Oberkirch ,

de Strauss-Diirckheim. — Pour ce qui est de rcxécution matérielle du volume que nous venons d*apprécicr, elle laisse à désirer, et nous avons lieu d*espérer que le coutenu comme l'aspect de l'ouvrage , ne feront nul tort à un travail analogue que prépare M. Ernest Lehr , docteur en droit.

CapituluUon de Strasbourg , scènes historiques, par le comte Hallez-Claparède : in-8", rV-56 pp. Strasbourg, imprim. de Heitz. 1862.

M. le comte Hallez-Claparède a raconté autrefois par quelles guerres et quelles négociations l'Alsace fut réunie à la France. Il s'était borné alors à indiquer par quelques traits le grand fait qui , trente-trois ans après le traité de Mtinster, deux ans après le traité de Nimègue , vint consommer cette réunion : la capitulation de Strasbourg. Il tente aujourd'hui de développer cet événement. Les difficultés étaient grandes. Les documents qui subsistent sont insuffisants pour faire pénétrer le mystère qui entoure cette capitulation. Les deux partis qui divisaient la ville avaient l'un et l'autre intérêt à détruire tout ce qui pouvait y avoir un rapport direct ou indirect, et l'incendie des archives de Strasbourg, le 13 novembre 1686 , leur apporta son concours ou son prétexte. M. Hallez-Claparède a cherché dans les débris , remué les cendres, et il « trouvé des lueurs qui éclairent cette scène historique;. La forme dialoguée donnée à son travail est du domaine de la fantaisie, mais les faits et les pai'olcs prêtés aux auteurs

du drame se justifient historiquement : l'auteur indique un grand nombre de sources , dont les moins connues sont Vanhuffel, Colbert, Lagrange, Monconys, etc. Louvois, son secrétaire Dufresnoy, le secrétaire de la chambre des XIII Chrétien Giintzer et le commandant militaire de Jenneggen forment les principaux personnages de tfes trois journées , dont le seul tort est de finir trop vite et de ne briller que pour les amis de l'auteur.

La Période décermcUe de 1860 à 1860 , ou Histoire contemporaine disposée en tableaux sjrnoptiques , par M. J. H. Schnitzler , chevalier de la Légion d'honneur , de l'ordre de Sainte- Anne de deuxième classe {pi diamants) , etc. Strasbourg, Simon, éditeur, 1862; 1 vol. in-folio, enrichi de cartes et de planches.

Ce volume fait suite à V Atlas historûjue et pittoresque du même écrivain , gravé par M. Simon avec un talent que nos éloges ne peuvent pas rehausser. L'auteur commence par une introduction sage et instructive : plus â*anc que ceux qui l'ont copié jadis , il cite les écrivains auxquels il est redevable, car à ses yeux « c'est un devoir de reconnaissance qu'il est doux de remplir » , et ses citations portent le cachet de l'impartialité , car Donoso Cortès y alterne avec Cantu; l'auteur trouve aussi qu'il faut actuellement mettre la considération du bien-être au-dessus de celle de la liberté , et daiiy les moyens violents il reconnaît la main de la Providence. Toutefois son stylo n'est pas à la liauteur dt» t?a philosophie, car il appelle la

Chiue « un pays clôturé» , et il qualifie la littérature du premier Empire do « soporifique > au lieu de somnolente. Nous accorderons en passant nos éloges à la partie relative aux voyages de découvertes , aux expositions industrielles , etc., et nous nous arrêterons quelques instants à l'histoire religieuse et littéraire. Dans un volume consacré à la période de 1850 à 1860, l'auteur remonte, pour l'histoire de l'Eglise romaine, jusqu'à 1825 et ne pousse son esquisse de la situation religieuse en France que jusqu'en 1830, en avouant d'ailleurs qu'un tableau moins rudimentaire serait aujourd'hui plein d'enseignements. Comment concilier cette négligence peu patriotique avec le développement donné à l'article sur le protestantisme en Allemagne, qui prend les faits à partir de 1789 et qui, par rapport aux personnes, s'étend jusqu'au pasteur Haerter? Comment taxer l'omission de noms tels que ceux de MM. Kenau, Michelet, Quinet, etc. ? De toute cette dissertation , nous ne retenons qu'une phrase : « Ce nci sont plus, à vrai dire, les catholiques et les protestants qui font antithèse entre eux, mais les partisans de l'autorité et ceux qui la rejettent en invoquant la liberté et les droits de la raison individuelle. Quoique les noms restent , cela n'empêche pas les choses de changer , et quelquefois du tout au tout. » L'histoire littéraire donnerait lieu aux mêmes objections ; elle est d'ailleurs traitée si brièvement qu'il est inutile d'insister. Nous réclamerons toutefois contre le doute * qu'il reste grand'chose > do Henri Heine, et nous proscrirons Vwljectif t^ndwictetix.

Dos festUche Jahr. In Sitten , Gebrauchcfi ttnd Festeii der germanùchen Volker, von 0. Frhr. von Reinsberg- Duringsfeld , mit gcgcn 130 in den Text gedruckten Illustrationcn , vielen Tonbildem, u. s. w. Leipzig. Verlag von Otto Spamer, 1863, in-8^ Xn-402 pages.

H est plus que jamais à la mode, même en Allemagne, de faire des volumes avec du vieux, h' Année fériée qui vient d'être publiée à Leipzig , fait connaître , par mois , les usages et les fêtes des peuples germains. Ce livre, véritable mosaïque, donne beaucoup de renseignements très-précieux. Nous le signalons à nos lecteurs, parce qu'il contient deux passages relatifs à l'Alsace , les fêtes de Pentecôte et le Chrùtkmdcl. La description de la première fête laisse, au point de vue de l'exactitude, beaucoup à désirer, et le dessin qui l'accompagne , assez mal exécuté du reste, ne donne nullement la physionomie des villages alsaciens.

« Dans certaincR communes do l'Alsace et de la Lorraine allemande,

• déjeunes garçons se réunissent lors des fôtos de la Pentecôte, et

• parcourent le village à cheval en récitant d'anciennes sentences, « puis ils font le tour do la banlicuo en galopant. Autrefois ils

• étaient accompagnés d'hommes âgés, qui leur indiquaient les

• limites des champs de la commune. •

Cet usage , loin d'avoir été répandu , au moins en ce qui concerne les réunions hippiques, n'existe plus aujounl'hui, et ce n'est plus généralement que le jour de Noël, le dimanche de Pâques et le premier dimanche de mai que l'on voit encore, dans quelques-unes de nos communes, des enfants parcourir le village et annoncer

ces jours de fêtes en chantant quelques cantiques devant les maisons des notables de Tendroit.

La description du Ckristkmdel en Alsace est plus exacte :

• Le Christkindel parcourt Tendroit et annonce son arrivée par ' nne sonnette. C'est une femme recouverte d'un voile blanc, coiffée

• d'une perruque blonde faite de laine de mouton. Sa figure est en-

• farinée; elle porte une couronne de papier d'or avec do petites bougies allumées. Elle tient d'une main une sonnette d'argent , et

'de l'autre un panier rempli de massepains. La joie des oufantft, (]ui est i son paroxysme, fait place soudain à la frayeur. On entend un bruit do chaîne, et Hans Trapp, qui suit toujours le Christkin-

• del| entre. Il est recouvert d'une peau d'ours, il a la figure entiè- ' rement noircie, une grande barbe, et en main une verge dont il

menace les bambins. Il demande avec une voix gutturale : Qui u'n pas été gentil? Et il tombe sur les désobéissants qui tremblent, pleurent et cherchent à se cacher. Mais le Christkindel implore en -leur faveur, les enfants promettent de mieux faire, et l'ange lct> conduit prés de l'arbre étincelant de bougies. Les présents leur font bientôt oublier les menaces de Hans Trapp. >

Cette scène est représentée par une gravure sur bois assez jolie.

Le nom de cet épouvantai! doit son origine à Hans de Dratt ou Tratten , un maréchal du palais de Fréderich le Victorieux, prince électeur du Palatinatqui, au commencement du XVI* siècle , occupait la forteresse de Barbelstein ou Berwartstein. Ce seigneur pressurait tellement le pauvre peuple de la vallée de Schlettenbach , que longtemps après sa mort , les parents menaçaient encore leurs enfants , on leur disant : <■ Attendez , Hans Tratt va vc-

UlY. - ^''

Ç131 ) VARIÉTÉS

NouR complétous aojoard'hni co quo noas avons dit dcrniéremeni de l'argot des émigrés : l'espion Dcmongot s'appelait Furet (Correêp. d'Offenb.)'y Kellermaun : Morin {Rapport du grand juge au premier consul; Paris, an XII, in-8') ; Strasbourg, outre les Tre»sesj se disait : le Magasin [Correap. d'Offenb,)] la citadelle: la Cerise {ibid.). • C'est cette cerise, dit M. Nisard , que le prince de Condô voulait surtout cueillir, Pichcgru aidant, et que les Autrichiens voulaient gober. > Unninguo . Bilboquet [ibid.). Les soldats de Crimée, qui avaient baptisé de ce nom une batterie russe, n'étaient donc que des copistes. Huningue s'appelait aussi l&Pendule {v.Moreau etPichegrUj par Montgaillard, p. 265 ; Paris , germinal an XII) ; Eschau , passage principal des espions de l'une à l'autre rive: le Rasoir [Corresp. d*Offenb.)'f Haguonau : le Confessionnal {ibid.) f «peut-être parce qu'on y jugeait alors le procès du général Courtaut et qu'on y redoutait les révélations ou les aveux des témoins t; Kebl : le Paillasse {ibid.) ; Landau : le Révérend Père [ilid.); et enfin le Rhin : le Sauveur {ibid.).

iEneas Sylvius sagt, dasz dicsc Stadt (Straszburg) eine QleichnQsE mit Venedig, indem sie soviel Can&l , durch welche die àSchiff schier in aile Qassen 1c9nnen goleitet werden , habe. Sie soy aber gesunder und lustiger, als Venedig, weiln zu Venedig gesaltzen und stinkendes, durch Straszburg aber ein susses und lautcrs Wasser goho (1). (Capitel VIII, Reisebcschreibnng durch Deutschland, Ilmerarium GermaniŒj in offenen Druck gegeben durch Martinum Zeillerum. Straszburg und Frankfurt , in Verlegung Simonis Pauli , Buehhàndlers in Straszburg, MDCLXXIV, in-folio, 2 vol.)

1. £neas Sylviai dit que cette Tille (Slra&bourg) a une ressembiaoce avec Venise, parce qu'elle a tnnl de canaux quo les bateaux peuvent aborder dans presque toutes les roes. Mais elle est plus saine et plus gaie que Venise, parce qu'à Venise l'eau est salée cl puante, tandis qu'à Strasbourg l'eau qui la traverse t*st donce et limpide.

MM

Une. intéreêêante trouvaille bibliographique.

Un de nos collaboratears non» adresse la traduction sai vante d'une correspondance de Brome , qni se trouvait dans la Gazette d^Auggbourg, du 9 novembre courant.

Bien que cette communication n'ait pas trait A l'Alsace , notre proximité de la frontière et l'importance de la découverte qui vient d'être faite , nous font un devoir de la signaler à nos abonnés.

Brème. — La librairie Frédéric Kaiser de cette ville a acheté récemment à la succession d'an ecclésiastique de la contrée (du payn de Steding), un précieux et ancien parchemin, qui mérite à un haut degré l'attention des amis de la littérature. C'est, en effet, un exemplaire parfaitement imprimé sur peau vélin, de l'ancien roman français, Lt Sommant de la Rote ou l'Art d'amour, avec 7.5 miniatures très-finement peintes, exemplaire qui semble avoir paru & la fin du XV' siècle.

Si d'un côté s'élève la question de savoir de quelle manière , cette édition si rare d'un poCme quelque peu libre s'est égarée sur la rive gauche du Wéser, en un village du duché d'Oldenbourg, où ne s'écoule pas facilement la littérature, et notamment la vieille littt'rature française; d'un autre côté, cette présente édition ne distinguo spécialement des autres.

Les deux éditions d'Antoine Vcrard que l'on trouve à la Bibliothèque de Paris et au Muséum de Londres 8ont, de l'année 1400, in-folio et ornées de gravures sur bois; et en outre de ces éditions, la Bibliothèque de Paris en possède encore une autre in-folio j probablement de l'année 1496 , tandis que le livre découvert est in-guartOy et que chacune de ses images est délicieusement peinte en couleurs. L'année de son apparition et l'endroit où il fut imprimé , sont difficiles à définir, par la raison que le titre manque et que les huit premiers feuillets sont blancs. Déjà lors de la reliure traditionnollo du livre en peau de truie, on dut avoir l'idée de compléter en manuscrit le commencement qui s'était égaré, ces huit feuillets blancH de parchemin semblent avoir été rajoutés à cet effet. — Lorsque cet exemplaire tomba entre les mains de son possesseur actuel, il était tout couvert de moisissure, il pouvait ne pas avoir été touché depuis det années. Malgré cola, ses fins feuillets avec leur forte impression, après avoir été nettoyés, ne sont pas seulement devenus blanc!*,

comme n'iU étaient tout iienfA, mais Icr miniatures , répartiG» dans le livre entier, sont si fraîchcH de couleur, les ornements d'or et d'argent en sont si reluisants, qu'il semblerait que le peintre vient de déposer son pinceau. Le plus souvent trois à quatre figures se trouvent sur un même feuillet. Leurs formes ont l'incorrection propre au moyen &ge, elles sont cependant plus indiquées que, par exemple, ces personnages représentés sur le reliquaire de Memling, à l'hôpital des Johannites de Bruges; les visages sont par contre fort expressifs, et ont une tournure élégiaque pour la plupart, tels que nous les donne en grand Van Dyck , dans ses têtes — celle de Mario en pleurs dans l'église de Bruges, par exemple. — Pour ce qui est des couleurs, elles sont aussi vives, qu'on a l'habitude de les voir dans les initiales byzantines. Des connaisseurs trouveront peut-être que ces figures sont d'une origine flamande et probablement d'un temps qui remonte au delà du commencement du XVI' siècle. On remarque également de charmants meubles du moyen Age, et le costume des figures rappelle quelque pou les modes espagnoles.

De fortes sommes d'argent ont été offertes pour ce livre à la librairie Kaiser; il serait très-intéressant de le voir tomber entre les mains d'un bibliophile , qui l'étndierait plus amplement.

A la vente de la bibliothèque de M. le comte de la Bedoyère , qui a en lieu en février dernier , un exemplaire en livraisons des Antiquiti$ de VAltactf par Schweighœtuer et de Qolhiry^ planches sur papier de Chine , a été ac^ugé au prix de 25 francs ( êie ! ).

Le$ Ancedotet relativcê à une ancienne confrairie de buveur» établie »ur Uë cor\fins de la Lorraine et de VAUace , par l'abbé Grandidier, publiées k Nancy en 1850, ont été vendues S fr. 75 c; l'exemplaire était tiré sur papier fort, grand in-8*, cartonné et non rogné.

GUIDE ALSATIQUE

Artieles relatifs à l'histoire d'Alsace pabllés dans les Jonniaiii , Recneils périodiques et oovrages non spéciau.

Zwei deutscbe Mfinstor, von Lflbke. Deux cathédrales allemandes , celles do Cologne et de Strasbourg. {Wettermann*ê illustrirtCf deut- $eht Monatu-He/te , Mai 1868, n* 68 , 201-209 pp.)

Das Strassbarger MUnster und sein Banmoister. Ein Blick in's alto Strassbnrg, von D'Karl von Latzow, avec deux gravures sur bois : Erwin von Steinbacb und seine Tochter in der Bau-IlUtte und das MQnster. (Die illuêtrirte Welt, Blâtter aus Nattir und Leben, Witêeruchaft und Kutiêt, 1863, 1'* livraison , gr. in«8*. von Ed. HoUbergeVf in Stuttgart.)

L. Spacb. Les professeurs français en Alsace , George Ozaneaux.

Th. Eutrope Sorg. Notice historique sur Wcsserling (fin).

F. Kurtz. Bulletin bibliographique. {Revuti d'Alsace, novembre 1862.)

Die deutscbe Sprachgrenze gegen Westen , von D' W. Strickcr. {Familien-Joumal f&r Unterhaltung und Belehrung, IX. Jahr, Hcft 10, pages 248-250, avec une carte de la rive gauche du Rhin de Bâlo à Cologne.)

Le citoyen Schneider, conte inédit (suite et fin), par Erckmaun- Chatrion. (Les Échos du Rhin, du 1" novembre 1862, n* 2.)

Physionomie de Frauenbourg, un chef-lieu d'arrondissement on Alsace. (Madelon, roman de M. About, en cours de publication dans le Constitutionnel.)

M. Léopold Dolisle a publié dans la Bibliothèque de l'école des chartes, 5* série, 3* volume , 4* et 6* livraisons, l'inventaire des manuscrits conservés à la Bibliothèque impériale sous les n** 8823- 11,503 du fonds latin.

Ces manuscrits ont été divisés en quatre grandes classeR d'aprèd lu grandeur des formats.

Les n** 8839, trùs-grand format, 9075 à 9083, grand format, 9854, format moyen, comprennent des fac-similé d'anciennes écritures par Obcrliu; des collections de chartes relative» ù l'AlKace (1041 à 1772),

des sceaux détachée, recueille par Oberlin , et des formules do serments à ruHftge de l'officialité de Strasbourg.

M. Dolislo oapôro t en donnant ce tableau , que cet inventaire abrégé fera prendre patience aux savants , qui attendent depuis si longtemps la publication d'un catalogue général de la Bibliothèque Impériale.

L'inventaire des Manuscrite (petit format) sera publié ultérieirement.

Bulletin manfuel d'Alsatloa.

Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, publié par ordre de S. Exe. le comte de Persign/, ministre de l'intérieur. Paris, imprimerie et librairie administr<itives de Paul Dupont, Î862; in -4* (2 volumes).

Ces deux volumes, formés do la réunion provisoire de fascicolea portant une pagination séparée , concernant 54 préfectures, renferment 1683 pages de texte et présentent l'analyse do 1,200 volumes manuscrits, 5,670 plans , 10,978 liasseci , contenant un total de 732,946 pièces dont la plus ancienne remonte au commencement du huitième siècle.

Le Bas*Rhin figure au nombre des départements qui ont fourni les documents les plus nombreux. Il arrive on 5* ligne.

Curiosités d'Alsace, 4* livraison, in-8*, 7 feuilies.^ La Léproserie de Colmar.— L'Hôtel-de-Ville de Mulhouse, par Ehksam.— Documents relatifs à la Guerre des Paysans, par Daoobsrt Fibchbk. — La Juridiction des Landgraves en Alsace, par Ch. Babtholdi; in-8*.

Recherches d'embryologie comparée sur le développement du brochet, do la perche et de l'écrevisse, par A. LorebouUot. Paris, Jmprimerie impériale, 1862 ; in-4*, X -370 pp.

Notice biographique et éloge do Jean Guienborg, inventeur de l'imprimerie, par B. Guillaume. Chauuy, iii-8*, 21 pp.

Vou Sanct Martin , alamanniHch-el»&«zi8che Bprachprobcu des XIY. Jarhd. ausz dem Cod. germ. 6 der Mflnchner Ilof- und Staatsbibliothcck, herauBzgegebcn von D' Anton Birlinger. Freiburg im Brcisgau hci rierder , isey2 , pet. in-8-, 24 pp.

Titre ronge et noir, tirA h irès-petit nombre; n'cit pas «lani le commerce. Sur l*" titre : ■ Gruss an Freunde uod BeliSDnte. •

Sehinderhannes et les Bandits du. Rhin, par Ph. Âudebrand. Paris, Hetzel, in-18.

Épisode de l'hittoire do BondidMM. Jesn-Bon-Saint- André, un ex-con- Tentionoel , mit fin aaz méfaits de Jean Buckler, surnommé Schinderhannes. (Voir L. Spach , Ltttrtê sur Us Archives,)

Der Rbeinbrilckenban and Balinhof bei Kehl , heraasgegeben von der hsgenieursehule mu CarUruhe; 30 Blatt mit Erkl&rnng.

Les Réalités de la Fable. Discours prononcé par M. l'abbé Baur, extrait de la Revue catholique d'AUace.

Phaéton. PoSme en deux chants, imité d'OvidCi par Auguste Schnéegans, fils, 8 pp. in-8*. Typographie Silbermann.

Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Colmar. 3* année , 1862, Iu.8», 172 pp.

Chambres consultatives d'agriculture du Haut-Rhin, par M. A. Poizat, avocat , chef du cabinet de M. le Préfet ; in-8*, 131 pages. Colmar ,

Dictionnaire général de la Politique, par M. Maurice Block ; 1" livr.

f n-8', 160 pp. 7*ypographie V" Berger-Levrault à Strasbourg.

Cet ourrage, publié avec la collaboration d'hommei d'État, de publicislet •t d'écrivains de tons les pays, sera publié en 14 livraisons et formera 2 vol. in-8*. Prix de la livraison : 3 fr. Complet : 40 fr. ÊàiteuT : Lorenz , à Paris.

La direction de la Revue d*Aliaee va publier très-prochainement les manuscrits qui forment le 3* tome de YHistoire de l'Église et des évêquet- princes de Strasbourg, de l'abbé Grandidier, qui sont demeurés inédits Jusqu'à ce jour.

Les personnes qui désirent souscrire à cette importante publication si longtemps désirée , sont priées de vouloir bien en donner avis au directeur de la Revue d* Alsace, à Colmar, rue des Marchands, 8, afin ' que le tirage puisse être réglé en conséquence.

Ce volume sera publié par livraisons de 144 pages in-8*, sur beau papier des Vosges , au prix de S fr. chaque.

La première livraison paraîtra encore avant la fin de ce mois.

( 137 ) LIVRES RARES ET CURIEUX A PRIX MARQUÉS

298. Eloi JoHAinrBAD. Lettre à M. Bottin «nr deux inscriptions de Gr«n et sur le culte de la Foudre et du Taureau. — Idem sur les inscriptions sigillaires de Bayeuz , de Vieux , de Brumath et d'Ingweiler, et sur celles de deux cachets antiques du Musée de Strasbourg, in-8*, 25 pp. , «. d. (1815) br 2 fr.

299. Appel a L'opnnov publique au sujet d'un débat survenu dans la Faculté des lettres de Strasbourg, par E. Colin, atrasbourgj 1849, in-8*, 20 pp. , br 1 fr. 50 c.

SCO. A MBS coirciTOTBHS. CTest M. le docteur Mirobolan , si avantageusement connu en notre ville , qui va avoir l'honneur do poser devant vous, etc. , par I. £. fils, étudiant en médecine. Strasbourg j typ, veuve Berger- LevrauUf «. d. , 8 pp., in-8* 1 fr.

301. La BoHBOiniiiRBiiroDORB, parÉléonoro Pommadin. Strasbourg, octobre 1858. Autog. Foêoli'Ohlman , 4 pp. in-8*, pièce de vers. 1 fr.

902. Lbs DoMiviCAivfl DE Stbasbouko, par C. Schmidt. Typ. Deeker,

à Colmar, in-8*, 26 pp 1 fr. 50 c.

Extrait de Is Rerae d'Alsace.

303. La Orknoi^ille vbrtb. feuilleton intermittent des théâtres bourgeois d'Asie et d'Europe. Bureau central à Karikalj Inde» françaises ; êueeursales partout. {Strasb.j typ. de 7* Berger- Levrault , février 1859.) FIg. et musique in-4*, 2 numéros de 8 pp. chaque , br.

2 fr. 50 c.

EntHacte publié i l'occasion des représentations à Strasbourg du Vespilion adultère ou le Triomphe de Vinnoeenee ; tragi-comédie en S actes, en vers avec choeurs, par MH. J. C, E. A. et A. C, musique de M. A. L.

304. Du PBOsibLYTiSME et de l'incapacité des mineurs de changer de religion, par D. E. Stœber, avocat. Strasbourg, Sehuler, 1825, in-8*,

, br 1 fr.

305. ExposiÈ DES PAITS qui ont eu lieu dans le chœur do l'église mixte de Baldenheim en Alsace. Lausanne, 1844, in-8*, br., 43 pp. 1 fr. 50 c.

Épisode de l'histoire da protestantisme français en 1843.

306. Ahalyse d'uvb série d'ouvrages récents des littératures française et allemande, avec une suite de nouvelles littéraires (par Matter, WiUm , Cari , Bantain , Mœdcr, Silbermann , de Félix Lich-

tenborgor, Schtttzonbcrger, de Golbéry, Dupré de 8aint-Maurc;. Strcubourg , SUbermoim y 1%2S t in-S% br 4 fr.

307. Les PemsAbs uraAnsuiKS on les épigrammes d'Owen ; trad. en ▼ers ft-ançais avec le texte latin icôté, par M. le B. A Paris t 1710, petit In-lS, cart. av. tit 2 fr.

306. Rkcuxil dk houvxlles poésies oalastes , critiques latines et françaises. A Londreê, cette présente année f s. d. 8 parties in -S", cart 7 fr.

Très-bon recueil en ce qu'il cootieni beaucuop de pivccs peu connuei , ei entre autres celles en patois bourguignon qui ont été attribuées faussement au père de Piron. Ce livre est assex rare pour être recherché. (Violet le Duc.)

309. HiSTOïKE DE Fkascb. Les Annales de la monarchie française,

publiées par Paalin Paris et Ed.MonnochetyS vol. in-8* en 1. Parisy

Techener s. d., fig. , dos et coins v. rouge, n. rog ô fr.

Histoire de l'État de France sous le règne de François II , par Régnier de la Planche. Discours de Michel Snriano , Vénitien , touchant son ambassade da France. — Le lÎTre des marchands ou du grand et loysl deroir, fidélité et obéissance de Messieurs de Paris envers le Roi et la Couronne , par le sieur delà Planche, le tout soiri d'une tabla des matières par ordre alphabétique.

810. Les îxcoumoditèb RiciPBOQUSB dn premier Jonr de Tan. Satire. Paris, 1742,1vol. in-12 cart 3 fr.

311. La Callipédie, traduite dn po6me latin de Claude Quillet (par Montenault d'Egly), «. l., 1749, in-12. cart 3 fr.

SIS. Essai historique et PHiLOSOpniQUB sur les principaux ridicules dos différentes nations, suivi de quelques poésies nouvelles, par M. G. D. (Gazon Dourxigné). Amst.f 1166 ^ 1 vol. in-12, rel. pleine.

4 fr.

313. Le Seau ehlevé , po6mo bérol-sati/'o-comique , traduit de Titalien do Tassoni, avec le texte en regard (par do Cédors), s. 7., 1759, 3 vol. in-12, dem. V 3 fr.

314. Antiquités sacrées et propahes des Bomains , expliquées , ou

Discours historiques, mythologiques et philologiques, par V. N:

(Van Nydeck), latin et français , 1 vol. in- fol. La Haye, 1726. 10 fr.

OuTrage enrichi d'un grand nombre do planches tirées des plus célèbres antiquaires.

315. Œuvres de Fésbloit , précédées d'études sur sa vie , par Aimé Martin. [Parisy Didot, 1861, 3 vol. , gr. in-8% à 2 col., exemplaire neuf, br., non coupé. Au Heu de 30 fr IB fr.

316. VoLTAiRK. La PncoUe d'Orléans, poëmo vn 21 cbauts. FarU , Didot le Jeune f an JIJ, 2 vol. gr. in-4* en 1 vol., v. fil., d. s. tr. 10 fr.

Bel exemplaire , papier Télin , lei figures manquent.

317. MoLiÀRB. Les Fascheax, Am*t. 1684. Sganarello on le Cocn imaginaire , Amst. 1684. Los Préciensos ridicules êuivant la copie imprimée à Parié, 1613. L'Estonrdy, ùl. Dépit amonreox , id. Bnl vol. pet. in-12 , flg. vél. blanc , fil. comp. dor., d. s. tr 18 fr.

Très-bel exemplaire, anc très-légère petite piqûre de vers à l'extrémité inférienrc de la marge des deax dernières pièces.

318. Rkcubil des Contes du sieur de La Fontaine , les Satires de Boileau, et autres pièces cnrienses. A Amsterdam, chez Jean Verhœven, 1668; pet. in-12, v. f. fil. dent. d. s. tr. (Wenger.). . 10 fr.

Titre remonté ; légère déchirure ; exemplaire mal lavé.

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