DESIDERATA
LES IjMPRmERIES DE L'ALSACE.
L'Alsace soutient dignement Thonneur d'avoir été le berceau de la typographie. Vingt imprimeries environ fonctionnent dans les deux départements du Rhin. Les noms de Silbermann, de Berger-Levrault, de Simon, si souvent proclamés aux grandes expositions de Paris et de Londres , prouvent que notre province s'est toujours souvenue qu'elle était la patrie de Gutemberg.
Il appartenait à un bulletin bibliographique , dont le
programme est de faire connaître tous les ouvrages nos et publiés sur le sol de l'Alsace , de donner l'historique des principaux établissements qui les impriment. *
La maison Tenve Berger-Levraolt et Fils.
Cette imprimerie, sans être une des plus anciennes de France, compte cependant près de deux siècles d'existence, elle s'est continuée dans la même famille par héritage direct, depuis sa fondation jusqu'à ce jour; mais comme la succession s'est ouverte à diverses reprises du côté maternel, cette maison a changé plusieurs fois de nom.
Son fondateur est Frédéric-Guillaume Schmuck, de Ribeauvillé, qui s'établit comme libraire à Strasbourg en 1G76.
En 1685, il joignit à sa librairie une imprimerie typographique et reçut peu après le titre d'imprimeur de l'Évêché.
On n'a pu retrouver dans les actes de la mairie de Strasbourg la date précise de sa mort. — Il eut pour successeur l'aîné de ses fils, Frédéric Schmuck, né en 1678. Celui-ci mourut sans laisser d'héritiers, de sorte que l'imprimerie passa à son frère Guillaume Schmuck, né en 1682, qui avait occupé jusque-là la charge de préfet royal à Ilaguenau.
1. Lo Bibliographe recevra avec plaisir toutes les commuuicatioDM que Ton voudra bien lui adresser i ce sujet.
Guillaume Schmuck fut nommé imprimeur du Roi et de Tuiiiversité de Strasbourg, et mourut en 1751. — Il eut deux filles dont la seconde , Aune-Catherine , épousa , en 1724, Jean -Robert Christmann, de Kempten, avocat et conseiller au Sénat de Strasbourg , qui prit la suite des afi'jiires de son beau-père.
Jean-Robert Christmann mourut en 1761; sa veuve lui Hurvécut jusqu'en 1772. A la mort de son mari, elle remit l'imprimerie à l'aîné de ses fils, François-Robert- Adrien Christmann, né en 1728, qui s'associa son beaufrère , François-George Levrault, né en 1722 à Ogéviller. Ce dernier venait d'épouser Marie- Aune-Eléonore Christmann.
Par suite de cette association , la maison prit le nom de Christmann et Levrault^ qu'elle garda jusqu'en 1771, époque de la mort de François Christmann, qui n'avait conservé qu'un fils devenu notaire.
François-George Levrault continua dès lors seul les iiâfaires et donna à la maison le nom de Levrault , nom qu'elle conser\'a de 1771 à 1850.
François-George Levrault mourut en 171)8, il laissa quatre fils, François- Laurent , Louis *, Nicolas * et Xavier ', qui tous s'occupèrent d'imprimerie.