VARIÉTÉS BIBLIOGRAPHIQUES
Par M. Bd. Tricotkl.
COMFaKKANT
Les Maltresses des poStes au XVI* siècle. — La Composition et vertus du bonnet cornu. — Discours satjrique de ceux qui eserivent d'amour, par Nie. Le Digne. — Les Touches, de Tabouret. — Vers inédits de Régnier. — La Satyre du Temps à Théophile. — Les Chansons du Savoyard. — Les Délices de la poésie galante, 1666, etc.
1 fort vol. in-18. tiré à 800 exemplaires, papier ordinaire. 6 fr. 50 exemplaire» cutt été tiré» sur papier vergé, 9 fr.
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LE
GAZETTE
LITTÉRAIRE, HISTORIQUE, ARTISTIQUE
SOIMMAIRE
UrB TIOHBTTB DB HbIMUCH. — DbUX liKTTRKS I>B KLÉBER. — RbvCB BIBLIOORAPHIQUB : Oénéalogie enrieuêe de saint François d'Assise à Vhonneur de quantité de nobles de la Champagne, de Bourgogne , de Lorraine. ...et anltres contrées plus loingtaines, etc. — Ceuin, sa vie et ses éditions, par an caxinophilo. — Variétés bibliographiqHes , par Edouard Tricotel. — Annuaire du Btu-Rhin. — Une lettre dn bibliophile Jacob relative à VHistoire du livre en France, par Werdet. -- YariétAs : Un mot. — Ceeurs sympathiques et eaves ouvertes. — Monuments historiques du Bas-Rhin. — Bibliothèque Golbéry. — Qcidr al8ATI<)cb: Description du Bas-Shinf la MarseiUaiee, etc. — Bul-
LBTIR 1CRH8DBL. D'ALSATICA. — LlTRBS BABB8 BT CUBIBUX A PRIX
UNE VIGNETTE DE HEmLICH.
Les plus grands profits commerciaux que Strasbourg ait jamais recueillis , ont été ceux de la fabrication du tabac au siècle dernier. Ce fut un négociant de cette ville , nommé Robert Kœnigsmann , qui sema le premier en Alsace, en 1620, de la graine de tabac qu'il avait apportée d'Angleterre. Et cet essai de culture réussit n tel point, que le jardin qu'il y avait consacré, reçut oi
porte encore de nos jours le surnom de jardin d'Angleterre, Englischer Garten.
Cet exemple fut suivi de proche en proche, et avant la fin du XYU* siècle , la fabrication annuelle de TAlsace atteignait 50,000 quintaux. Ce négoce lucratif ne pouvait échapper aux combinaisons fiscales des fermiers généraux. Ils sollicitèrent vainement de Louis XIV l'établissement d'une taxe que la république de Strasbourg elle-même s'était abstenue de décréter à son profit, dans la crainte de voir transporter sur la rive opposée du Rhin, des fabriques qui fournissaient déjà de l'occupation à plus de cinq mille ouvriers.
Cotte progression ne se ralentit pas , ni les traitants ne renoncèrent à leur convoitise. Enfin en 1749, ils obtinrent un édit qui frappait d'un droit de trente sols par livre , tous les tabacs étrangers devenus indispensables à l'alimentation des cent fabriques en activité à Strasbourg et dans ses environs.
Cette déclaration devint l'objet , durant quarante ans , d'interminables débats entre la ville , l'État et les fermiers généraux, et nous ne conseillerions à aucun bibliophile d'entreprendre de colliger les mémoires, requêtes, ordonnances, factums et répliques qu'ils engendrèrent. C'est pourtant dans cet immense fatras de pièces litigieuses et documents à l'appui, que nous avons trouvé la fantaisie artistique , dont nous ofirons à nos abonnés une reproduction exécutée par un procédé spécial de gravure sur cuivre de la maison V® Berger- Le\Tault et Fils.
Cette élégante vignette, à présent une rareté, mais
a. UCra-j-boura
autrefois multiplî<^e par milliers d'exemplaires voués à une destruction prévue, fut gravée à l'eau -forte, en 1774, par notre excellent peintre Heimlich, qui l'a fièrement signée , pour la maison de commerce dont l'estampe reproduit la marque sous forme de monogramme. Zix devait plus tard suivre cet exemple et nous devons à l'obligeance de M. Heitz , communication d'une enveloppe de tabac qu'il a gravée (pour la maison Thiébault Hiirstel et C'*^ d'Ebersmiinster), où l'on voit cinq fumeurs de bonne compagnie, jouir du plaisir de la pipe et du cigare à paille. On sait que Benjamin Zix était grand fumeur. La vignette de Heimlich a dû servir plutôt à empaqueter du tabac à priser dont l'usage , sous le règne de Louis XVI, était devenu presque général. Quant au dragon corse , ce n'est pas d'hier que les brillants soldats sont en faveur à Strasbourg, et la fière prestance de celui-ci, et son cheval piaffant comme s'il voulait enjamber la cathédrale , vue en perspective , devaient garantir dahs toute l'Alsace bon accueil à pareille enseigne. H- y.