‹ Le Bibliographe alsacienChapitre 10 sur 96 · E. Gbuckeb. François Hemsterhuis , sa vie et ses œuvres · texte numérisé non relu

E. Gbuckeb. François Hemsterhuis , sa vie et ses œuvres

Paris, Durand, 1866, in-8o, 897 p.; typog. SUberTMinn.

Thèses pour le doctorat es lettres, présentées à Paris en juin dernier et soutenues avec une rare distinction. La seconde est une étude très-profonde et d'un style sévère et élégant sur la vie, les écrits et la doctrine d'Hemsterhuis , philosophe hollandais platonicien. Nous signalons avec plaisir ce remarquable travail • à l'attention de nos lecteurs , notamment les chapitres c amour ET AMITIE • et • lb beau ET l'aet * . L'auteur y critique avec beaucoup de talent la théorie de ce philosophe, qui présente l'amour et l'amitié entre des personnes de sexe différent comme deux principes ennemis , dont l'un ne tend qu'à corrompre et à détraire l'autre. M. Grucker s'élève avec une éloquence tout émue contre Hemsterhuis , qui ne veut pas voir < qu'au contraire « ce qui fait la noblesse et la beauté de notre nature , c'est qu'en « elle ces deux principes s'unissent pour se compléter; que l'int stinct physique est ennobli par la sympathie morale , et que la « nature arrive ainsi à ses fins indirectement par dn détour qui est

• comme un hommage rendu à la dignité morale de l'homme »

ïîn les isolant l'un de l'autre , en les condamnant à aimer chacun pour soi et de son côté, que reste -t-il ? t D'un côté, répond M. Grucker avec la chaleur d'un homme plein de son sujet, ■ une adoration stérile qui se consume elle-même, qui veut être

« plus que de Tamitié et qui n'ose pas être de Tamonr; de l'autre,

• un désir tout physique j sans poésie et sans pudeur, au lieu de < ce sentiment où les instincts de la matière se rencontrent avec t les aspirations idéales de l'âme, qui les transforme et les trans- « figure par la vertu de sa divine nature. >

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