GRAVEURS SUR BOIS STRASBOURGEOIS
H. Vogtherr le vieux grava déjà sur bois en 1526, bien que M. Passavant en doute. Je communique le titre d'un livre dont il fit au moins une partie des gravures sur bois.
Dos niiw Testament kurtz || und grwitlich in ein ordntmg wnd text, die vier Euangelisten, mit schonenfigur \\ en durch aus gefiirt sampt den anderen Apostolen. Vnd in der keiserlichen stat speier \\ volendet durch Jacohum Bermger Leuiten. In dem iar desz heiligen reichstags 1526, Folio.
Après ce titre vient un grand bois dont le monogramme se trouve reproduit dans I^assavant (vol. III, p. 344)^
Und tst disz buch gedruckt, in Her Jacob Beringers Kasten \\ zu Sirassburg, von Johannis Griemngem, uff den Christ \\ abent, an dem M. D. und, XXVII Jar.
Dans ce volume , les bois de la vie du Christ et des apôtres sont d'un grand intérêt pour l'histoire de l'art.
Ils rappellent souvent la manière de Holbein , bien qu'ils laissent à désirer sous le rapport du dessin; mais Je doute qu'ils soient tous de ce maître.
J'ai déjà indiqué, dans un de mes catalogues, que la carte de Lorraine gravée sur bois, qui se trouve dans Ptoleujsi GrEOQnAFKiA^ArgentoraWfJoannesScottis, 1520, gr, fol., est imprimée en noir, en rouge et en bistre.
J'ai remarqué , dans deux exemplaires de ce livre , qui m'ont passé par les mains il j a quelques années, que le beau bois servant de frontispice, haut de 38 centimètres et large de 25 centimètres, était imprimé en noir et bistre.
Ce même bois se trouve encore dans cet exemplaire au feuillet kiij recto, mais tiré en noir; tous lés autres exemplaires de cette édition que j'ai vus avaient le titre seulement tiré en noir. La grande planche n'a pas de monogramme, elle est habilement dessinée et on peut l'attribuer à Johann Wechtlin. Edwin Tboss*.
VARIÉTÉS
La Petite Revue » continue à marcher sur les traces de la Revue anecdotique en donnant accès à toutes les indiscrétions. Celle que nous empruntons à ce curieux recueil éma'he de Strasbourg, et a trait au chef-d'œuvre de Pigalle.
1. Traduit du Sérapéum, année 1864, n» 12, du 30 juin, p, 189.
2. N" 148, du 8 septembre 1866. La Petite Revue, par les rédacteurs de l'ancienne JB« vue anecdotique, paraissant le samedi. Paris, librairie Pincebourde, rue Richelieu, 78. Abonnement: 6 fr. par semestre» 10 fr. par an ; 4 vol. par an.
Nous la publions d'autant plus volontiers ^ue nous partageons complètement les sentiments qui l'ont provoquée.
A M. le Directeur deJa Petite Revue.
Strasbourg y 80 août.
« Monsieur,
«Il existe de parle monde une grande ville qui se pique, à bon droit, de patriotisme, de science, d'intelligence, trait d'union entre la France et l'Allemagne; elle mérite néanmoins d'être traduite à la barre de votre justice de paix.
« Sous le prétexte d'un décret du premier Empire , qui a déclaré propriété ecclésiastique un monument religieux , elle tolère la mise sous clé du tombeau du maréchal de Saxe , selon moi propriété nationale : gloire d'uti héros , gloife d'un artiste.
« Pour voir ce monument , il faut payer une somme relativement élevée .-jamais d'heures gratuites; le soldat, l'ouvrier, enfin tout ce qui ne veut point plier devant l'omnipotence d'un sacristain , j'allais dire d'un guichetier, ne peut voir comment la France savait, il y a un siècle, solder la dette contractée à Fontenoy.
«C'est le petit-neveu de trois gentilshommes qui y restèrent, qui vous signale ce fait. Il est vrai qu'un comptoir oii se débitent des photographies se tient sous la voûte sacrée , devant la tombe du héros.
« Il est vrai que , dit-on dans la ville , le dernier guichetier s'est retiré propriétaire de beaux immeubles.
«Je soumets à votre appréciation ces faits, m'étant d'ajsord
inutilement adressé à la presse locale; en Luther on ne se
mange pas.
« Un de vos abonnés et lecteur assidu.»
Puisque nous sommes à Saint-Thomas , restons-y encore pour dire que nous approuvons aussi les deux mots de
M. Paul Huots relatifô à l'exhibition des restes du comte de Nassau-Saarbrûck que Ton peut y voir moyennant une rétribution à la volonté des personnes.
«On comprend qu'à Bordeaux, par exemple, on montre le caveau de Saint-Michel qui a la propriété de momiûer les corps ou du moins de conserver intacts les squelettes de ceux qui y ont été inhumés; il y a là un phénomène scientifique intéressant pour les savants et même pour les profanes ; en outre, les restes qu'il renferme sont à leur place : celui qui y pénètre a sous les yeux le spectacle de la mort avec tout ce qu'il offre de grave, d'austère, de hideux, si vous voulez. Mais pouvez-vous imaginer quelque chose de plus lugubrement grotesque que cette mascarade funèbre de Saint-Thomas, que ces deux cadavres auxquels je ne sais qui, le costumier du théâtre peut-être, confectionne un costume moyen âge, comme à quelque étudiant en goguettes qui se prépare au bai masqué ? Je ne sais à quelles personnes il appartient d'autoriser ou de défendre une semblable exhibition ; mais je sais que si j'étais à leur place, je tiendrais à honneur de faire cesser au plus tôt cette sépulcrale inconvenance.»
M. Eugène Kœberlé, professeur agrégé près la Faculté de médecine de Strasbourg, notre jeune et habile ovariotomiste , a été nommé chevalier de la Légion d'honneur à l'occasion du 15 août. C'est un devoir pour nous de signaler à nos lecteurs cette nomination, qui a été accueillie avec joie non -seulement en Alsace, mais dans tout le monde scientifique.